
Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé ce lundi 27 octobre 2025 à Kinshasa la cérémonie d’ouverture de la mission du Fonds monétaire international (FMI) consacrée à la deuxième revue du Programme appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC). Cet événement majeur intervient quelques jours seulement après la participation du ministre aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington, confirmant ainsi la détermination du Gouvernement congolais à renforcer sa coopération avec l’institution de Bretton Woods.
Cette mission technique s’inscrit dans la continuité du programme de coopération économique conclu entre la RDC et le FMI, visant à consolider la discipline budgétaire, renforcer la transparence et stimuler la croissance durable.
L’ambiance, empreinte de sérieux et de concertation, traduisait la volonté des parties de maintenir un dialogue constructif et d’identifier ensemble les leviers de performance économique.
La séance s’est tenue dans le cadre de la troïka politique, en présence du chef de mission du FMI, M. Calixte Ahokposi, accompagné d’une délégation d’experts internationaux, ainsi que de plusieurs responsables des institutions économiques congolaises, parmi lesquels des représentants de la Banque centrale du Congo (BCC), du Ministère du Budget, du Plan, et de la Primature.
« …ainsi que de plusieurs responsables des institutions économiques congolaises, parmi lesquels des représentants de la Banque centrale du Congo (BCC), du Ministère du Budget, du Plan, et de la Primature. »
« Cet événement majeur intervient quelques jours seulement après la participation du ministre aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington… »
Pour rappel, le Programme FEC, signé en juillet 2021 entre la RDC et le FMI pour une durée de 42 mois, vise à soutenir la stabilité macroéconomique et à encourager la transparence dans la gestion des finances publiques.
Dans son mot d’ouverture, le Ministre Doudou Fwamba a salué la collaboration fructueuse et continue entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le FMI, soulignant que cette relation est devenue un véritable levier pour la stabilité et la modernisation de la gouvernance économique du pays.
« Je rends hommage à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour sa vision axée sur la modernisation de la gouvernance et la rigueur dans la gestion macroéconomique. Cette rencontre marque un tournant dans notre détermination à poursuivre les réformes structurelles, à renforcer la transparence et à améliorer la performance du secteur public », a déclaré le Ministre des Finances.
Cette deuxième revue intervient dans un contexte économique contrasté. Si la RDC affiche une croissance soutenue estimée à plus de 6 % en 2025, grâce notamment aux performances du secteur minier, le pays fait face à une inflation persistante et à des pressions sur les finances publiques liées à la hausse des dépenses sécuritaires et sociales.
M. Fwamba a insisté sur la volonté du Gouvernement de maintenir le cap des réformes engagées, tout en corrigeant avec responsabilité les faiblesses identifiées dans l’exécution des politiques économiques et budgétaires.
Les discussions entre les experts congolais et ceux du FMI ont porté sur plusieurs thématiques cruciales pour l’avenir économique du pays. Parmi celles-ci figurent :
L’exécution du budget 2025, avec une attention particulière portée sur la maîtrise des dépenses publiques et l’efficacité de la mobilisation des recettes internes ;
La préparation du budget 2026, devant intégrer les priorités nationales définies par le Gouvernement dans le cadre du Programme de développement à la base ;
Les dépenses de sécurité et de défense, un poste essentiel dans le contexte sécuritaire actuel, notamment à l’Est du pays ;
La mise en œuvre des réformes de gestion des finances publiques, avec un accent sur la digitalisation et la traçabilité des opérations financières ;
L’opérationnalisation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), instrument clé de la réforme du système budgétaire congolais ;
La situation des euro-obligations, qui fera l’objet d’un suivi technique sur la dette extérieure ;
Le dossier du contrat SICOMINES, souvent au centre des débats sur la transparence et la gouvernance des ressources naturelles ;
Enfin, la coordination des politiques budgétaire et monétaire, indispensable pour maintenir la stabilité du taux de change et contenir l’inflation.
Selon des sources proches du dossier, la mission du FMI vise non seulement à évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Programme FEC, mais également à formuler des recommandations pour consolider la croissance économique dans un contexte mondial encore fragile.
Ces différents volets constituent le cœur des discussions avec la mission du FMI, dont l’objectif est d’évaluer la conformité des engagements pris par la RDC et de proposer des ajustements adaptés au contexte national.
En cas de conclusion satisfaisante de la mission, la RDC pourra bénéficier d’un appui budgétaire de plus de 200 millions de dollars américains, ainsi que d’un soutien à la balance des paiements estimé à près de 125 millions USD.
Ces fonds visent à renforcer les réserves de change de la Banque centrale du Congo, soutenant ainsi la stabilité du franc congolais face aux principales devises étrangères. Cet appui financier contribuera également à maintenir les équilibres macroéconomiques, à soutenir les dépenses sociales prioritaires et à renforcer les programmes d’investissement public.
Le chef de mission du FMI, Calixte Ahokposi, a, pour sa part, salué les progrès réalisés par le Gouvernement congolais dans la gestion budgétaire et la transparence.
« La RDC démontre une volonté claire de consolider ses acquis économiques. Le FMI reste un partenaire engagé pour soutenir le pays dans la poursuite de ses réformes structurelles et la diversification de son économie », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que la réussite de cette revue dépendra de la mise en œuvre effective des réformes fiscales et de la discipline budgétaire, éléments essentiels pour garantir une croissance durable.
« Ces fonds visent à renforcer les réserves de change de la Banque centrale du Congo… »
Concrètement, ces appuis financiers permettront au Gouvernement de mieux faire face aux pressions budgétaires internes et d’assurer la continuité de ses programmes prioritaires dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures.
La partie congolaise a réitéré, à cette occasion, son engagement ferme à respecter les engagements conclus avec le FMI. Le Ministre Fwamba a insisté sur la nécessité de renforcer la discipline budgétaire, de maintenir une politique monétaire prudente et de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques.
« Nous devons maintenir la confiance de nos partenaires internationaux en assurant la rigueur, la discipline et la redevabilité dans notre action publique. La stabilité macroéconomique reste la pierre angulaire de notre politique de développement », a-t-il souligné.
Cette approche s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui fait de la bonne gouvernance et du redressement économique des piliers centraux de son second mandat.
Le Ministre a par ailleurs rappelé l’importance de la digitalisation du système financier public, notamment à travers la mise en place de plateformes de suivi budgétaire en temps réel, destinées à limiter les risques de corruption et à améliorer la redevabilité.
La mission du FMI, qui se poursuit jusqu’au 5 novembre 2025, donnera lieu à une série de réunions techniques avec les administrations financières, la BCC, et d’autres acteurs clés du secteur économique. Les conclusions seront ensuite présentées au Conseil d’administration du FMI en décembre prochain, pour validation officielle et décision sur le décaissement des fonds.
Cette deuxième revue du Programme FEC revêt une importance capitale pour la RDC, dans un contexte marqué par les défis de relance post-pandémie, la pression sécuritaire persistante à l’Est et la volatilité des prix des matières premières.
Si elle se conclut favorablement, la mission du FMI pourrait consolider la crédibilité du pays sur les marchés financiers internationaux et offrir une nouvelle bouffée d’oxygène à l’économie congolaise, tout en soutenant les efforts du Gouvernement pour moderniser la gestion publique.
Au-delà de l’évaluation technique, cette mission servira également de base à la préparation du prochain cycle de coopération économique entre la RDC et ses partenaires internationaux, attendu.
L’engagement renouvelé de la RDC auprès du FMI envoie également un signal positif aux investisseurs étrangers. En affichant une volonté claire de respecter les standards internationaux de gouvernance financière, le pays confirme son ambition de créer un environnement économique stable, prévisible et attractif.
Les experts estiment que cette dynamique pourrait accélérer les flux d’investissements directs étrangers (IDE), notamment dans les secteurs minier, énergétique, agricole et des infrastructures.
Déjà, plusieurs groupes internationaux auraient manifesté leur intérêt pour de nouveaux partenariats dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, signe de la confiance croissante envers la politique économique du pays.
L’ouverture de la mission du FMI à Kinshasa marque une étape cruciale dans le partenariat économique entre la RDC et les institutions financières internationales. Sous la houlette du Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le Gouvernement congolais réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes structurelles nécessaires à la stabilité macroéconomique, à la transparence et à la croissance inclusive.
Si la mission se clôt sur une évaluation positive, la RDC pourra compter sur un appui financier conséquent, gage de confiance et de crédibilité auprès de ses partenaires. Une perspective encourageante pour un pays qui, malgré les défis, trace progressivement la voie d’un redressement économique durable et souverain.
Le succès de cette revue ouvrira la voie à la troisième phase du Programme FEC prévue pour 2026, étape déterminante vers la consolidation des réformes économiques et la croissance inclusive en République Démocratique du Congo.
Esaïe Vumi objectif DK TV