Linafoot suspend le résultat du derby Vita – DCMP

À l’issue du 196ᵉ derby kinois, la Linafoot a rendu public un communiqué suspendant officiellement le résultat du match entre Vita Club et DCMP (1-1), disputé au stade Tata Raphaël.

Sur le terrain, les Immaculés du DCMP ont ouvert le score à la 62ᵉ minute grâce à un but de Bingi Belo, sur un corner bien tiré.  En toute fin de match — aux temps additionnels — Jaures Ngombe a égalisé pour Vita Club d’une tête puissante, sur un centre de Guerschon Kaumba.

Encadré récapitulatif du match : Derby Kinois – Vita Club vs DCMP

Date : Dimanche 30 novembre 2025

Lieu : Stade Tata Raphaël, Kinshasa

Affluence : Environ 40 000 spectateurs

Score final : 1‑1 (suspendu par Linafoot)

Buteurs :

DCMP : Bingi Belo (62ᵉ minute)

Vita Club : Jaures Ngombe (90+3ᵉ minute)

Arbitre : [Nom de l’arbitre à confirmer]

Temps forts :

Ouverture du score par DCMP à la 62ᵉ minute

Égalisation de Vita Club en toute fin de match

Incidents majeurs à la fin du match, entraînant l’envahissement de la pelouse et la suspension du résultat

Journée du championnat : 10ᵉ journée de la Ligue 1 – Saison 2025‑2026

Observations : Le match a été marqué par des tensions extrêmes entre supporters et interventions policières, perturbant la fin du derby.

Le derby avait attiré une foule estimée à quelque 40 000 spectateurs.

Mais l’euphorie provoquée par l’égalisation vitaiste a dégénéré en violences : des supporters de Vita Club ont envahi la pelouse immédiatement après le but. Des jets de projectiles, des chaises brisées et l’utilisation de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre ont suivi.

Après l’intervention policière, la reprise du match – prévue pour les dernières secondes – a tourné au fiasco : des supporters du DCMP ont refusé que le corner — obtenu par Vita Club — soit tiré. Sous les huées et la pression, l’arbitre a sifflé la fin de la partie, alors que le stade sombrait dans la pagaille.

Les violences ont perduré pendant près de 30 minutes entre supporters des deux camps, entre affrontements dans et autour de l’enceinte, dégâts matériels, envahissement et incertitudes.

Face à l’ampleur des incidents, la Linafoot — via sa commission de gestion — a jugé nécessaire de mettre le résultat sous enquête. Le communiqué officiel publié dans la soirée de dimanche 30 novembre indique que le résultat du match est “gelé”, en attendant l’analyse des rapports d’arbitres, de la police, des responsables de sécurité, des clubs concernés, et des autorités.

Cette décision signifie que le score de 1-1 ne peut pas être validé pour le classement final tant que la procédure disciplinaire et d’examen n’est pas achevée.

Selon certains médias, la suspension pourrait déboucher sur des sanctions lourdes — non seulement pour les clubs, mais surtout pour les supporters et les responsables sécuritaires.

Sur le plan sportif

Le classement de la phase en cours reste provisoire. Le point du match nul pour Vita Club ou DCMP n’est pas encore comptabilisé.

Les futurs résultats et l’évolution du championnat pourraient être perturbés selon l’issue de l’enquête.

Les joueurs et les staffs, malgré leur performance, risquent de voir le fruit de leurs efforts anéanti — ce qui pose un sérieux problème d’équité sportive.

Le derby entre AS Vita Club et DCMP n’est pas seulement un affrontement sportif ; il est aussi le reflet d’une rivalité historique profondément enracinée à Kinshasa. Depuis plusieurs décennies, ces confrontations ont été régulièrement entachées par des débordements, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du stade Tata Raphaël.

L’un des incidents les plus graves remonte à 2014, lorsqu’une bousculade massive à l’entrée du stade a causé la mort de plusieurs dizaines de supporters, en grande partie à cause de l’usage de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre et de l’absence de dispositifs de sécurité adaptés. Cet événement tragique reste un souvenir douloureux pour les deux clubs et leurs supporters.

Depuis lors, malgré les efforts de la Linafoot pour encadrer les foules et instaurer des mesures de sécurité, chaque derby connaît des tensions notables. Jets de projectiles, envahissement de la pelouse et affrontements entre supporters sont des phénomènes récurrents, soulignant les défis persistants en matière de sécurité et de discipline.

Ces incidents récurrents démontrent que le problème ne réside pas uniquement dans le comportement des supporters, mais aussi dans l’organisation générale du match, la gestion des flux de spectateurs et la coordination avec les forces de sécurité. L’histoire des violences lors des derbys kinois illustre donc la nécessité d’une réforme structurelle pour garantir que ces rencontres, qui devraient être des fêtes sportives, ne se transforment pas en scènes de chaos.

Le nouvel incident au stade Tata Raphaël ravive des craintes persistantes : l’environnement hostile, le manque d’encadrement, la faiblesse des barrières sécuritaires, et l’absence de gestion stricte des foules sont pointés du doigt. Une fois de plus, la réputation du derby kinois — déjà mythique — est ternie.

Ces violences rappellent des précédents douloureux dans l’histoire du stade Tata Raphaël. En 2014, un drame avait causé plusieurs dizaines de morts après une bousculade liée à une intervention policière et l’usage de gaz lacrymogène.

📰 Pour l’image du football congolais

À l’heure où le championnat national cherche à se professionnaliser, à attirer des sponsors et à rivaliser avec les grandes ligues africaines, de tels épisodes de violence constituent un sérieux frein. Ils nuisent à la crédibilité des clubs, à la confiance des partenaires, et font fuir les familles, les enfants, les investisseurs.

Identifier les responsables des débordements — supporters, encadrement des clubs ou forces de l’ordre.

Évaluer l’ampleur des dégâts matériels (pelouse, matériel du stade, sécurité).

Définir des sanctions appropriées : perte de points, huis clos, interdiction de stade, amendes, voire poursuites judiciaires.

Mettre en place des mesures pour sécuriser les prochains derbies — renforcer la sécurité, responsabiliser les supporters, améliorer la gestion des foules, fixer des règles strictes.

La décision finale de la Linafoot pourrait donner le ton pour la suite du championnat 2025–2026.

Suspension du match : La Linafoot peut suspendre un match si des violences ou incidents graves perturbent le déroulement normal de la rencontre.

Gel des résultats : En cas d’incidents, le résultat final peut être temporairement suspendu en attendant l’analyse des rapports officiels.

Perte de points : Les clubs dont les supporters ou responsables sont jugés fautifs peuvent se voir retirer des points au classement.

Huis clos : Les matches futurs peuvent être disputés sans spectateurs pour garantir la sécurité.

Sanctions financières : Amendes et réparations des dégâts matériels peuvent être imposées aux clubs responsables.

Responsabilité des supporters : Les supporters impliqués dans des violences peuvent être poursuivis et interdits d’accès aux stades.

Décisions disciplinaires : Les sanctions sont décidées après examen des rapports d’arbitres, de la police et des commissions disciplinaires de la Linafoot.

Le 196ᵉ derby kinois — initialement un sommet attendu de la 10ᵉ journée du championnat national — s’achève en fiasco. Ce qui devait être une fête du football congolais s’est transformé en un cauchemar : violence, incertitude, confusion et… silence officiel.

La suspension du résultat par la Linafoot est une décision forte, qui illustre la gravité de la situation. Mais ce n’est qu’un début : l’issue de l’enquête et les mesures qui suivront montreront si le championnat congolais est prêt à tourner la page des dérives et à offrir un football digne, sécurisé et respectueux.

Pour les supporters, les acteurs du football, les dirigeants et les autorités : le message est clair. Sans discipline, sans respect des règles, sans encadrement — le spectacle s’arrête.

Le derby kinois entre Vita Club et DCMP dépasse le simple cadre sportif : il représente un véritable événement social et économique pour la ville de Kinshasa. Chaque rencontre attire des dizaines de milliers de spectateurs, générant des retombées pour les commerces locaux, les transporteurs, les vendeurs ambulants et les médias. La mobilisation autour du match renforce également le lien social et l’identité culturelle des quartiers, où les clubs sont profondément ancrés dans la vie communautaire.

Cependant, les violences et incidents perturbent cet équilibre. Les dégâts matériels, la peur générée par les affrontements et les interventions policières freinent la participation des familles et des enfants, affectant les revenus liés à l’événement. À long terme, la répétition de ces débordements peut nuire à l’attractivité du championnat congolais, réduire les sponsors et éroder la réputation du football local, qui est pourtant un puissant vecteur d’unité et de cohésion sociale.

Le derby kinois entre Vita Club et DCMP, initialement prévu comme une célébration du football congolais, a une fois de plus révélé les fragilités structurelles et organisationnelles qui persistent autour du championnat national. La suspension du résultat par la Linafoot n’est pas simplement une mesure disciplinaire : elle constitue un signal fort, adressé aux clubs, aux supporters et aux autorités, sur la nécessité impérative de restaurer l’ordre, la discipline et la sécurité dans les stades.

Au-delà de la simple sanction, cette situation invite à une réflexion profonde sur la professionnalisation du football en RDC. Il devient urgent de repenser la gestion des foules, le contrôle des supporters, et la coordination avec les forces de sécurité pour prévenir toute dérive future. Les clubs doivent également assumer leur part de responsabilité, en mettant en place des politiques internes strictes et en sensibilisant leurs supporters à l’éthique sportive et au respect des règles.

Sur le plan économique et social, les derbys représentent un moteur important pour Kinshasa : retombées financières, mobilisation sociale, visibilité médiatique, identité culturelle. Les incidents répétés mettent en péril ces bénéfices et risquent de détourner les investisseurs, sponsors et familles du spectacle sportif. Restaurer un climat sûr et attractif est donc essentiel pour garantir la durabilité et le développement du championnat.

Enfin, sur le plan institutionnel, la Linafoot se trouve à un carrefour décisif. La manière dont elle mènera l’enquête, rendra ses sanctions et appliquera ses règlements fixera le standard pour toutes les compétitions futures. Une action ferme, juste et transparente pourrait devenir un précédent positif, inspirant confiance aux clubs, supporters et partenaires. À l’inverse, l’inaction ou la gestion approximative risquerait d’accentuer les dérives et d’affaiblir la crédibilité du football congolais.

Le message est clair : le football en RDC doit conjuguer passion et responsabilité. Chaque acteur — clubs, joueurs, supporters, autorités et instances dirigeantes — doit comprendre que le respect des règles et la sécurité sont indispensables pour que le sport continue à rassembler, fédérer et inspirer la jeunesse. Seule une approche globale et coordonnée permettra au championnat national de redevenir un modèle de spectacle sportif, sûr et respecté, capable de rivaliser avec les grandes ligues africaines et d’offrir aux Kinois des derbys dignes de leur légendaire ferveur.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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