
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a procédé ce dimanche matin au lancement officiel de l’épreuve écrite du concours national d’admission à la 10ᵉ promotion de l’École Nationale d’Administration (ENA-RDC). Organisé de manière simultanée dans l’ensemble des provinces du pays, ce concours a mobilisé 11.313 candidats, un chiffre record qui illustre l’intérêt grandissant des jeunes Congolais pour les carrières publiques et pour un accès méritocratique aux fonctions administratives.
Cet événement marque une nouvelle étape dans la réforme profonde de l’Administration publique initiée sous le mandat du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. En dépit des contraintes logistiques observées dans certaines zones, notamment dans le Grand Kivu où des ajustements organisationnels ont été nécessaires pour tenir compte de la situation sécuritaire, le Gouvernement a tenu à garantir le caractère national, transparent et inclusif de cette évaluation.
Créée en 2013, l’École Nationale d’Administration de la République démocratique du Congo (ENA-RDC) est une institution publique chargée de former une élite administrative capable de moderniser l’État et de renforcer la gouvernance publique. Inspirée des grandes écoles d’administration francophones, elle a pour mission de doter le pays de cadres compétents, intègres et capables d’assumer des fonctions stratégiques dans les ministères, les gouvernorats et les services publics spécialisés.
Depuis sa première promotion lancée en 2014, l’ENA-RDC s’est imposée comme un véritable levier de transformation, sélectionnant ses élèves exclusivement par concours afin de garantir un accès fondé sur la méritocratie. Les neuf promotions précédentes ont déjà formé plusieurs centaines d’administrateurs qui occupent aujourd’hui des postes clés au sein de l’appareil étatique. Avec la 10ᵉ promotion, l’école poursuit son ambition de professionnaliser davantage l’administration congolaise et d’accompagner les réformes engagées par le Gouvernement.

Dans son allocution prononcée au centre d’examen principal de Kinshasa, Jean-Pierre Lihau a rappelé la portée institutionnelle de ce concours, désormais perçu comme l’un des instruments majeurs de la modernisation de la fonction publique congolaise.
Selon lui, l’organisation régulière et rigoureuse du concours de l’ENA permet de briser les pratiques népotiques, longtemps considérées comme un frein à la performance de l’État.
« L’accès aux fonctions publiques stratégiques doit se faire par la compétence, et non par le favoritisme. C’est la vision du Chef de l’État, et nous la mettons en œuvre avec détermination », a déclaré le VPM Lihau devant la presse.
Depuis la création de l’ENA-RDC, le concours d’admission s’est progressivement imposé comme un modèle de sélection basé exclusivement sur le mérite. Les candidats sont évalués sur leurs connaissances générales, leurs aptitudes analytiques et leur capacité à comprendre les enjeux socio-politiques du pays. Cette année, comme pour les promotions précédentes, seuls 100 candidats seront retenus à l’issue d’un processus sélectif en deux étapes : d’abord une épreuve écrite, puis un entretien oral devant un jury indépendant.
Le chiffre impressionnant de 11.313 candidats atteste d’un phénomène socioprofessionnel marquant : le regain d’intérêt des jeunes diplômés pour les carrières au service de l’État.
Dans un contexte national marqué par un besoin urgent de renouveau et de professionnalisation administrative, l’ENA apparaît pour beaucoup comme un ascenseur social, mais aussi comme un espace de formation d’une nouvelle élite capable de porter les réformes publiques.
Des candidats rencontrés dans différents centres d’examen – à Kinshasa, Lubumbashi, Mbandaka, Goma ou encore Mbuji-Mayi – expriment tous un même objectif : contribuer à la reconstruction du pays et participer à la modernisation de l’administration centrale comme provinciale.
Pour ces jeunes, intégrer l’ENA ne représente pas seulement un diplôme prestigieux, mais un engagement moral envers la Nation. Bon nombre d’entre eux voient dans cette opportunité un moyen de lutter contre les antivaleurs qui gangrènent l’appareil étatique, telles que la corruption, l’inertie ou encore la politisation de l’administration.
Le Vice-Premier Ministre Lihau a insisté sur le fait que cette dynamique s’inscrit dans une vision plus globale portée par le Président Félix Tshisekedi : le rajeunissement qualitatif de l’Administration publique congolaise.
L’objectif n’est pas seulement de remplacer des départs à la retraite ou de combler des postes vacants. Il s’agit de remodeler l’État congolais sur des bases nouvelles, où la compétence, la discipline administrative et l’éthique professionnelle deviennent des valeurs non négociables.
Ainsi, la professionnalisation des futurs administrateurs, formés selon des standards modernes, est appelée à renforcer la capacité de l’État à mieux planifier, exécuter et évaluer les politiques publiques.
Ce rajeunissement vise également à donner une nouvelle image de l’administration, longtemps perçue comme vieillissante, bureaucratique et peu performante. Avec l’arrivée de jeunes cadres mieux formés et plus connectés aux réalités contemporaines, l’État espère instaurer une nouvelle ère administrative fondée sur l’efficacité, la digitalisation, la transparence et l’innovation.
Le concours d’entrée à l’ENA-RDC dépasse le simple cadre académique. Il porte des enjeux structurants pour l’avenir de la gestion publique en RDC.
- Renforcement de la gouvernance publique
En recrutant des administrateurs compétents, l’État vise une meilleure planification, une gestion plus rationnelle des ressources et une plus grande qualité dans l’exécution des projets publics.
- Lutte contre la corruption
Un mécanisme de sélection strictement basé sur le mérite limite les risques de nominations complaisantes, ouvrant ainsi la voie à une administration plus intègre.
- Stabilisation institutionnelle
Plus l’administration dispose de cadres formés, moins elle dépend des changements politiques fréquents. La stabilité administrative devient ainsi un pilier de la stabilité nationale.
- Rayonnement international
L’ENA-RDC s’inscrit dans un réseau continental et international d’écoles d’administration. Produire une élite compétitive renforce le leadership du pays sur la scène régionale.
L’organisation de ce concours national et la formation des futurs administrateurs de l’État s’inscrivent dans une dynamique plus large de renforcement institutionnel en RDC. En renouvelant progressivement les ressources humaines publiques par des profils jeunes, compétents et sélectionnés sur la base du mérite, le Gouvernement espère améliorer l’efficacité des services publics, accélérer la mise en œuvre des politiques publiques et renforcer la gouvernance financière.
Sur le plan économique, l’arrivée de nouveaux cadres formés à la gestion moderne, au numérique et à la planification permettra une meilleure exécution des projets d’investissement, une gestion plus rigoureuse des dépenses et une optimisation de la chaîne de la dépense publique. À long terme, cette professionnalisation attendue de l’administration devrait contribuer à un climat des affaires plus stable, une plus grande attractivité économique et une croissance mieux soutenue par des institutions performantes.
La tenue simultanée du concours dans toutes les provinces a également constitué un test de gouvernance.
Dans le Grand Kivu, les autorités ont dû adapter les centres d’examen en raison de la situation sécuritaire. Malgré cela, le Ministère de la Fonction Publique affirme avoir garanti la sécurité des candidats et l’intégrité des épreuves.
À Kinshasa, la logistique a mobilisé plusieurs centaines de surveillants, agents de contrôle, délégués du ministère ainsi que des observateurs indépendants.
Les copies seront ensuite acheminées vers un centre unique de correction afin d’éviter toute manipulation locale.
L’organisation simultanée du concours dans toutes les provinces a imposé au Gouvernement plusieurs défis logistiques majeurs. Dans l’Est du pays, notamment dans le Grand Kivu, la situation sécuritaire a obligé les autorités à réaménager certains centres d’examen et à renforcer la présence des forces de l’ordre pour garantir la sécurité des candidats et du personnel encadrant. Dans les zones reculées du Kasaï, du Haut-Uélé et de la Tshopo, l’acheminement des épreuves a été retardé en raison de l’état des routes et de la faible disponibilité des moyens de transport.
À Kinshasa et dans certaines grandes villes, l’afflux massif de candidats a provoqué une surcharge dans plusieurs centres, nécessitant l’ouverture de salles supplémentaires et l’allongement des horaires d’accueil. Le Ministère de la Fonction Publique a également dû mobiliser des équipes de contrôle supplémentaires pour assurer la transparence du processus et surveiller l’ensemble des opérations. Malgré ces contraintes, l’État a réussi à maintenir l’intégrité et la simultanéité du concours sur toute l’étendue du territoire.
À l’issue de la correction des épreuves écrites, les résultats provisoires seront publiés dans les semaines à venir, ouvrant la voie à la phase orale destinée à évaluer les aptitudes analytiques, la vision administrative et la capacité de leadership des candidats présélectionnés. Les 100 lauréats définitifs rejoindront ensuite l’École Nationale d’Administration pour entamer un cycle de formation intensive mêlant théorie, pratique, stages institutionnels et immersion dans différents services publics.
Le Gouvernement prévoit également d’introduire de nouvelles réformes dans le programme de l’ENA, notamment l’intégration renforcée du numérique, de l’éthique administrative et de la gestion axée sur les résultats, afin d’adapter la formation aux exigences actuelles de la gouvernance publique. Après leur sortie, les futurs administrateurs seront déployés dans les ministères, les gouvernorats et les services spécialisés pour soutenir le rajeunissement qualitatif de l’administration et contribuer à améliorer la performance de l’État.
Le lancement du concours d’entrée à la 10ᵉ promotion de l’ENA, ce dimanche 30 novembre 2025, s’inscrit dans la continuité d’une réforme profonde qui vise à transformer l’administration publique congolaise.
En rassemblant plus de 11.000 candidats autour d’un processus rigoureux, le Gouvernement manifeste sa volonté d’ancrer durablement la méritocratie, la transparence et la compétence au cœur de la gestion publique.
Pour beaucoup, ce concours n’est pas seulement une épreuve académique, mais un acte fondateur : celui d’une nouvelle génération qui aspire à servir le pays avec patriotisme, intégrité et professionnalisme.
Les résultats attendus dans les semaines à venir permettront de connaître les 100 futurs hauts fonctionnaires qui rejoindront l’ENA et deviendront, demain, les artisans de la modernisation administrative de la RDC.
Esaïe Vumi objectif DK TV