
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé ce samedi 01 août 2026 une réunion stratégique élargie du Comité provincial de sécurité à Lubumbashi. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre des directives du Conseil des ministres, avait pour objectif principal de renforcer la sécurisation des zones minières du Haut-Katanga, du Lualaba, du Haut-Lomami et du Tanganyika afin de préserver la paix sociale et garantir un climat d’investissement sain.
Un enjeu national et international
La sécurisation des zones minières revêt une importance capitale pour la République démocratique du Congo, qui assure à elle seule plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et dispose d’un potentiel minier colossal encore largement inexploité. Les discussions ont porté sur les défis sécuritaires et environnementaux auxquels le secteur est confronté, avec un accent particulier sur les provinces du Haut-Katanga, du Lualaba, du Haut-Lomami et du Tanganyika.
Le Chef de l’État, récemment intervenu au Conseil de sécurité des Nations Unies le 22 juillet 2026 sur la gouvernance des ressources naturelles, a réaffirmé la position de la RDC : « Il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l’injustice faite aux peuples producteurs. Il ne peut y avoir de chaînes d’approvisionnement réellement sûres sans sécurité pour les États et les communautés qui produisent ces ressources ».
Des défis multiples à relever
La réunion de Lubumbashi s’est tenue dans un contexte marqué par des préoccupations sécuritaires, environnementales et sociales. Une commission mixte a récemment été créée pour renforcer les mécanismes de contrôle et de sécurité des activités d’exploitation minière, avec un accent particulier sur la protection de l’environnement et des populations riveraines.
Les travaux du Conseil des ministres du 27 février 2026 avaient déjà souligné des « manquements graves » au sein de plusieurs entreprises dans le Lualaba et le Haut-Katanga, ainsi que des dysfonctionnements « structurels » dans les dispositifs de contrôle. La réunion présidée par le Président Tshisekedi visait à accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires pour répondre à ces défis.
Une approche intégrée de la sécurité
La stratégie présidentielle repose sur une vision globale de la sécurité qui englobe à la fois les aspects sécuritaires, environnementaux et sociaux. Cette approche s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la RDC auprès du Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, où la protection de l’environnement figure parmi les douze engagements prioritaires.
Les gouverneurs des provinces concernées ont été invités à renforcer la coordination entre les services de sécurité, les autorités provinciales et les opérateurs miniers pour garantir une exploitation responsable des ressources naturelles. La prévention des conflits communautaires liés à l’exploitation minière et la lutte contre les réseaux permettant à des minerais issus de zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales figuraient également à l’ordre du jour.
Une gouvernance inclusive
Le Président Tshisekedi a souligné l’importance d’une gouvernance inclusive des ressources minières, impliquant les communautés locales dans la gestion des retombées économiques. Le mécanisme de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des sociétés minières destinée aux projets de développement communautaire a été évoqué comme un outil essentiel pour assurer que les populations bénéficient directement des richesses issues de leur sous-sol.
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de transformation du secteur minier en véritable moteur de développement durable et inclusif, conformément à la Vision minière africaine 2050 de l’Union africaine.
Une ambition internationale
La RDC entend assumer pleinement son rôle sur la scène internationale en tant qu’acteur incontournable de la transition énergétique mondiale. Le Président Tshisekedi a proposé la création d’un Groupe des Amis de la gouvernance des ressources naturelles, destiné à favoriser un dialogue permanent entre États producteurs et consommateurs, organisations internationales, institutions financières, secteur privé et société civile.
Cette démarche vise à inverser la dynamique actuelle en créant des chaînes de valeur locales autour des minerais critiques pour créer des emplois et renforcer la stabilité. « La République démocratique du Congo est un pays-solutions », a déclaré le Chef de l’État, soulignant que la paix dans le pays constitue une condition essentielle pour permettre à ses ressources de contribuer pleinement au développement durable et à la prospérité partagée.
La réunion stratégique de Lubumbashi marque une étape importante dans la mise en œuvre de la vision présidentielle pour un secteur minier plus sûr, plus responsable et plus bénéfique pour l’ensemble de la population congolaise. Les discussions ont permis de poser les bases d’une action coordonnée entre les différentes provinces minières et les autorités nationales pour faire face aux défis sécuritaires et environnementaux qui entravent le développement du secteur.
Les prochains mois seront décisifs pour la concrétisation des engagements pris lors de cette rencontre, notamment en matière de renforcement des mécanismes de contrôle, de protection de l’environnement et d’amélioration des conditions de vie des communautés locales.
Esaïe Vumi objectif DK TV