
Le monde de la musique congolaise et de la foi chrétienne est en deuil. Une voix d’une beauté céleste s’est tue pour rejointre le chœur céleste. Pasteur Carlyto Lassa, de son nom civil Charles Ndombasi Lassa, nous a quittés, laissant derrière lui un héritage musical et spirituel indélébile .
Né en 1961 , Carlyto Lassa a d’abord conquis le cœur du Zaïre, et de toute l’Afrique, avec un timbre de voix exceptionnel. Sa carrière profane est jalonnée de titres devenus des classiques, à commencer par le mythique « Maya ». Cette chanson, écrite par le poète Simaro Lutumba et interprétée par la voix de miel de Carlyto, l’a propulsé au rang de star . Au sein des orchestres légendaires comme le Tout Puissant OK Jazz et le Choc Stars, il a imposé son style unique, mêlant mélancolie et puissance vocale, sur des morceaux comme « Le bon samaritain », « Riana » ou encore l’album solo « Africa na moto » .
Mais au début des années 2000, alors qu’il est au sommet de sa gloire, Carlyto Lassa opère un tournant radical et bouleversant. Il décide de consacrer sa vie et son art à Dieu, abandonnant la musique profane pour le ministère pastoral et la chanson chrétienne . Une conversion foudroyante, profonde, qui marque à jamais sa carrière. Dès lors, il devient « Pasteur Carlyto Lassa », un chantre incontournable de la musique gospel, touchant les cœurs avec des œuvres puissantes comme « Makolo ya Massiya » ou l’album « La Reconnaissance » .
Au-delà du chanteur, c’est un homme d’une foi inébranlable et d’une humilité remarquable qui nous quitte. Tous ceux qui l’ont approché après sa conversion témoignent de sa passion pour Jésus-Christ et de sa disponibilité à servir . Il a mis sa notoriété et son talent immense au service de l’évangélisation, devenant un modèle pour toute une génération.
Au fil des années, des rumeurs infondées sur sa disparition ont circulé, mais il a toujours continué, avec foi et résilience, à mener son combat spirituel, même en exerçant un métier modeste de superviseur de gardiennage à Paris pour subvenir à ses besoins. « Il n’y a pas de sot métier ! », déclarait-il alors, refusant de se laisser abattre et gardant le cap sur sa mission divine .
Aujourd’hui, une légende s’éteint. Mais son héritage, lui, est immortel. Il restera à jamais gravé dans les annales de la musique congolaise pour ses chefs-d’œuvre profanes comme pour ses louanges enflammées.
Esaïe Vumi objectif DK TV