RDC : Kalev Mutond, ancien patron de l’ANR sous Joseph Kabila, est décédé à Paris

Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) sous la présidence de Joseph Kabila, est décédé lundi à Paris, en France, selon une source familiale contactée ce matin. L’annonce de sa disparition marque la fin du parcours d’une personnalité qui aura occupé pendant près d’une décennie une place importante dans l’appareil sécuritaire et politique de la République démocratique du Congo.

La nouvelle de son décès intervient alors que son nom reste étroitement associé à une période particulièrement sensible de l’histoire politique récente de la RDC. À la tête de l’ANR entre 2011 et 2019, Kalev Mutond avait dirigé l’un des principaux services de renseignement du pays sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila.

À ce stade, les circonstances précises de son décès à Paris n’ont pas été rendues publiques par la famille. Il convient donc de s’en tenir à l’information communiquée par cette source familiale, dans l’attente d’éventuelles précisions officielles sur les circonstances de sa disparition.

Originaire de la partie méridionale du Katanga, Kalev Mutond avait effectué l’essentiel de sa carrière dans les services de renseignement congolais. Selon plusieurs sources consacrées à son parcours, il avait commencé à gravir progressivement les différents échelons de l’appareil sécuritaire avant d’accéder aux plus hautes responsabilités.

Son parcours professionnel l’a notamment conduit au Département de la sécurité intérieure (DSI) de l’ANR, où il occupait des responsabilités importantes avant sa nomination à la tête de l’agence.

Le 27 octobre 2011, une ordonnance présidentielle signée par Joseph Kabila le nommait officiellement administrateur général de l’Agence nationale de renseignements. Le même texte désignait Justin Inzun Kakiak comme administrateur général adjoint.

Cette nomination allait ouvrir une période de près de huit années durant laquelle Kalev Mutond demeurera à la tête du principal service de renseignement intérieur et extérieur de la RDC.

Il quittera finalement ses fonctions en mars 2019. Les archives consacrées à la direction de l’ANR indiquent qu’il a occupé le poste d’administrateur général du 27 octobre 2011 au 19 mars 2019.

Au cours de son passage à la tête de l’ANR, Kalev Mutond s’était imposé comme une figure importante de l’entourage sécuritaire de Joseph Kabila. Son influence dépassait ainsi le cadre strict du renseignement, son nom étant régulièrement cité dans les dossiers politiques et sécuritaires de l’époque.

Son parcours a notamment été marqué par son implication dans les grandes séquences politiques ayant précédé l’alternance de 2019. La période durant laquelle il dirigeait l’ANR correspondait à des années de fortes tensions politiques en RDC, notamment autour de la fin du deuxième mandat de Joseph Kabila, du processus électoral et des mouvements de contestation.

Après son départ de l’ANR, Kalev Mutond a continué à être associé à la vie politique congolaise. Des documents européens indiquent notamment qu’il avait signé, en mai 2019, une déclaration de fidélité passée et future à Joseph Kabila et qu’il avait exercé une influence politique dans son rôle de conseiller auprès du Premier ministre jusqu’au début de 2021.

Si Kalev Mutond était considéré par ses proches et certains responsables de l’ancien régime comme un homme important du dispositif sécuritaire de l’État, son passage à la tête de l’ANR avait également suscité de nombreuses critiques.

Des organisations de défense des droits humains et plusieurs acteurs politiques l’avaient accusé d’être impliqué dans des arrestations arbitraires, des détentions et des mauvais traitements infligés à des opposants et à des militants de la société civile.

Ces accusations ont également été reprises dans des décisions européennes relatives aux sanctions visant certains responsables congolais. Dans ses documents officiels, l’Union européenne a notamment affirmé que Kalev Mutond avait été impliqué, durant sa période à la direction de l’ANR, dans des arrestations et détentions arbitraires ainsi que dans des mauvais traitements.

Ces éléments constituent toutefois des accusations et des positions documentées par les autorités qui les ont formulées et doivent être distingués d’une éventuelle appréciation judiciaire définitive des responsabilités individuelles.

Son nom avait également été associé à plusieurs dossiers politiques sensibles de la période Kabila. Son rôle dans l’appareil sécuritaire en avait fait une personnalité particulièrement observée par les acteurs politiques, les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux de la RDC.

La carrière de Kalev Mutond avait également été marquée par des sanctions internationales. L’Union européenne l’avait inscrit sur sa liste de personnes faisant l’objet de mesures restrictives en raison notamment des accusations liées aux violations des droits humains qui lui étaient attribuées dans l’exercice de ses fonctions à la tête de l’ANR.

Ces sanctions témoignaient de la dimension internationale des controverses entourant son action à la tête du renseignement congolais.

Pour autant, son parcours ne saurait être résumé uniquement à ces controverses. Pendant plusieurs années, Kalev Mutond a représenté l’une des figures centrales du système sécuritaire congolais et son itinéraire illustre également l’importance des services de renseignement dans la gestion du pouvoir politique en RDC.

L’annonce de sa mort à Paris devrait certainement susciter des réactions dans les milieux politiques et sécuritaires congolais. Kalev Mutond avait en effet occupé pendant près de huit ans une fonction stratégique au sein de l’État, à une période où le pays traversait d’importantes crises politiques et sécuritaires.

Son passage à l’ANR aura notamment couvert la période des élections de 2011, les contestations politiques qui ont suivi, les débats sur la fin du mandat présidentiel de Joseph Kabila, ainsi que le processus électoral ayant conduit à l’alternance de 2019.

Son départ de l’ANR, en mars 2019, avait d’ailleurs marqué la fin d’un long cycle à la tête du service de renseignement. Il avait été remplacé par Justin Inzun Kakiak, son ancien adjoint.

Avec la disparition annoncée de Kalev Mutond, c’est donc une figure importante de l’histoire sécuritaire et politique contemporaine de la République démocratique du Congo qui disparaît.

Son parcours, commencé dans les services de renseignement et achevé au sommet de l’appareil de l’ANR, aura été marqué à la fois par une longue ascension professionnelle, une proximité avec le pouvoir de Joseph Kabila et de nombreuses controverses liées à l’exercice du pouvoir sécuritaire.

À Paris, où il serait décédé lundi selon sa famille, les circonstances précises de sa disparition ainsi que les dispositions relatives à ses obsèques restent encore à préciser.

En attendant d’éventuelles communications officielles de la famille ou des autorités, l’annonce de son décès demeure fondée sur la source familiale contactée ce matin. Une confirmation publique et des informations supplémentaires pourraient permettre de préciser les circonstances de cette disparition.

Kalev Mutond laisse derrière lui un parcours qui restera lié à l’une des périodes les plus disputées de l’histoire politique récente de la RDC. Son passage à la tête de l’ANR aura duré près de huit ans, faisant de lui l’un des responsables ayant exercé le plus longtemps cette fonction depuis la création de l’agence.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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