
Le commandant du secteur opérationnel Sukola 2 Nord Sud-Kivu, en mission d’inspection dans le territoire de Shabunda, a fermement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux faisant état d’une prétendue présence des rebelles de l’AFC-M23 dans cette partie de la province du Sud-Kivu. Selon lui, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) contrôlent entièrement le territoire, et les positions militaires sont solides, bien tenues et prêtes à repousser toute éventuelle infiltration.
Cette tournée de supervision, entamée en début de semaine, a conduit le commandant dans plusieurs localités stratégiques du territoire de Shabunda, notamment Nzovu, Edinge, Kigulube, Kinuma, Lutika, Ekeke, Kintepa et Evari.
L’objectif principal de cette descente était de s’assurer de la stabilité sécuritaire dans cette zone frontalière du territoire de Walungu, où l’on signale la présence active de l’AFC-M23, groupe rebelle soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda.
Le mouvement du 23 mars (M23) est une rébellion née en 2012, issue d’anciens éléments du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). Elle tire son nom de l’accord de paix du 23 mars 2009, que ses membres accusent le gouvernement congolais de ne pas avoir respecté. Après une défaite militaire en 2013, le M23 a refait surface en 2021, lançant une nouvelle insurrection dans le Nord-Kivu, avec l’appui présumé du Rwanda.
Depuis, ses combattants occupent plusieurs localités dans le territoire de Rutshuru, et leurs activités suscitent la crainte d’une extension du conflit vers d’autres provinces voisines, comme le Sud-Kivu.
Dans chaque localité visitée, le commandant a tenu des réunions de sécurité avec les officiers sur le terrain et des échanges directs avec les autorités locales et coutumières. Il a insisté sur la vigilance, la discipline, et le patriotisme des troupes, tout en appelant à une coopération étroite entre les militaires et les populations.
Dans ses propos rapportés par le sous-lieutenant Meya, porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2 Nord Sud-Kivu, le commandant a félicité ses hommes pour le courage et le professionnalisme dont ils font preuve au quotidien dans un contexte sécuritaire difficile :
« Il a exhorté les militaires à tenir leurs positions et à barrer la route à l’ennemi. Aux autorités coutumières, il a recommandé une franche collaboration avec les forces armées pour faire échec à toute agression », a précisé le porte-parole.
Cette communication vise à rassurer la population locale, souvent sujette à la peur et à la désinformation. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs persistantes circulaient sur les réseaux sociaux, évoquant une avancée du M23 vers Shabunda, information que l’armée qualifie de totalement infondée.
L’opération Sukola 2 Nord Sud-Kivu, placée sous le commandement du général de brigade [nom du commandant si disponible], a pour mission principale la neutralisation des groupes armés locaux et étrangers actifs dans la région.
Cette structure militaire couvre plusieurs territoires, notamment Walungu, Shabunda, Mwenga et Fizi. Elle travaille en coordination avec les forces de sécurité intérieure et bénéficie d’un appui logistique de l’état-major général des FARDC basé à Kinshasa.
Depuis 2023, Sukola 2 mène régulièrement des opérations de ratissage, ayant permis la reddition de dizaines de combattants Maï-Maï et l’arrestation de plusieurs leaders locaux impliqués dans des violences communautaires.
La province du Sud-Kivu reste l’une des zones les plus fragiles de l’est de la RDC. Si les violences sont plus concentrées dans le Nord-Kivu, où le M23 mène des offensives régulières, la proximité géographique des territoires de Walungu et Shabunda suscite souvent des inquiétudes chez les habitants.
Depuis plusieurs mois, les FARDC ont renforcé leurs dispositifs militaires dans la chefferie de Bakisi, située à la limite entre Walungu et Shabunda, afin d’empêcher toute progression de groupes armés.
Les autorités locales saluent cette présence accrue, considérée comme un gage de stabilité. « Les militaires sont visibles, bien organisés et proches de la population », témoigne un notable de Nzovu. « Nous n’avons observé aucun signe d’infiltration du M23 dans notre zone. »
Sur le plan régional, la résurgence du M23 dans le Nord-Kivu continue d’alimenter les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali. La RDC accuse le Rwanda de soutenir militairement ce mouvement rebelle, accusation rejetée par le gouvernement rwandais.
Les combats dans les territoires de Rutshuru et Masisi ont provoqué le déplacement de plus de 3 millions de personnes, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Cette instabilité a aussi un impact économique, notamment sur les échanges commerciaux entre le Nord et le Sud-Kivu, rendant la situation de Shabunda d’autant plus sensible sur le plan sécuritaire.
Ces derniers jours, plusieurs pages sur les réseaux sociaux ont relayé de fausses informations prétendant que des éléments de l’AFC-M23 auraient été aperçus dans le territoire de Shabunda. Ces publications ont rapidement suscité l’inquiétude dans la population locale, déjà marquée par les violences intercommunautaires et les déplacements forcés dans d’autres territoires de la province.
Face à cette situation, le commandement du secteur Sukola 2 Nord Sud-Kivu a tenu à couper court aux spéculations. Selon le porte-parole du secteur, le sous-lieutenant Meya, « aucune présence d’hommes armés non identifiés n’a été signalée par nos unités sur le terrain. Les informations faisant état de la présence du M23 relèvent de la désinformation. »
L’armée appelle ainsi les habitants à ne pas céder à la panique et à signaler tout mouvement suspect via les canaux officiels de communication.
Du côté des autorités provinciales, le gouvernement du Sud-Kivu salue cette sortie des FARDC. Un conseiller du gouverneur, sous couvert d’anonymat, affirme que « les rumeurs sur la présence du M23 dans Shabunda faisaient partie d’une campagne de désinformation orchestrée pour semer la panique ».
À Kinshasa, plusieurs analystes estiment que cette clarification des FARDC tombe à point nommé. Elle permet non seulement de rassurer la population, mais aussi de préserver la confiance entre les institutions provinciales et nationales dans la gestion de la crise sécuritaire à l’Est.
Certains observateurs plaident pour une communication plus fréquente des FARDC afin de couper court aux fausses informations et éviter les psychoses collectives.
Durant sa visite, le commandant du secteur Sukola 2 a également rencontré les autorités coutumières et administratives de plusieurs localités. Il les a invités à collaborer étroitement avec les forces de défense, notamment en matière de renseignement communautaire.
Cette approche participative s’inscrit dans la stratégie nationale des FARDC visant à impliquer davantage les populations dans la prévention des infiltrations rebelles.
De leur côté, les autorités locales ont promis de redoubler d’efforts pour sensibiliser les communautés à la vigilance et à la dénonciation de toute activité suspecte.
« Nous devons rester unis autour de notre armée. La paix de Shabunda dépend de la vigilance de chacun », a déclaré le chef coutumier de la chefferie de Bakisi.
La société civile du territoire de Shabunda salue également la réaction rapide du commandement militaire. D’après son président, « il était important que l’armée clarifie la situation, car la population commençait à paniquer à cause des rumeurs ».
De son côté, une organisation humanitaire basée à Bukavu rappelle que Shabunda reste une zone sensible, avec plusieurs axes routiers enclavés et difficiles d’accès. « La moindre rumeur d’attaque ou d’infiltration rebelle suffit à provoquer des déplacements massifs de familles, parfois sans raison valable », explique un coordinateur local de Caritas.
Ces acteurs appellent l’armée et les médias à mieux coordonner la diffusion d’informations afin d’éviter la désinformation et ses conséquences humanitaires.
Les habitants de Shabunda, habitués à des périodes d’instabilité, se disent partagés entre soulagement et prudence. Plusieurs témoins rencontrés sur place confirment le calme observé dans la région, mais craignent que la guerre du Nord-Kivu ne s’étende davantage vers le Sud.
« Nous vivons dans la sérénité pour le moment. Les militaires sont présents et patrouillent régulièrement », témoigne une commerçante de Kigulube.
« Mais nous restons prudents, car les rumeurs vont vite dans notre pays », ajoute-t-elle.
Cette sortie médiatique du commandement du secteur Sukola 2 s’inscrit dans une dynamique de communication plus ouverte de l’armée congolaise, qui cherche à contrer la propagande des groupes rebelles et à rétablir la confiance avec la population.
Selon plusieurs observateurs, cette stratégie est essentielle dans un contexte où la guerre de l’information joue un rôle déterminant dans la perception du conflit à l’est du pays.
Les FARDC réaffirment leur détermination à défendre chaque portion du territoire national et à protéger la population civile face à toute menace. Le commandant a promis de maintenir cette présence sur le terrain, tout en poursuivant les opérations de traque des groupes armés actifs dans la région.
En démentant formellement la présence des rebelles du M23 dans le territoire de Shabunda, les FARDC entendent envoyer un message clair : le Sud-Kivu n’est pas une zone de repli pour les agresseurs.
Cette communication vise à rassurer la population, tout en appelant à la vigilance collective.
Le territoire de Shabunda reste, pour l’heure, sous contrôle total des forces loyalistes, qui promettent de défendre chaque village et chaque colline jusqu’à la restauration complète de la paix.
L’épisode de Shabunda met une fois de plus en lumière les défis auxquels font face les FARDC dans leur mission de protection du territoire. Entre guerre de terrain et guerre de communication, l’armée congolaise doit non seulement combattre les groupes armés, mais aussi les fausses nouvelles qui fragilisent le moral des troupes et la confiance du peuple.
Dans cette bataille de perception, la transparence et la réactivité des autorités militaires apparaissent comme des atouts essentiels pour maintenir la cohésion nationale et l’espoir de paix dans la région des Grands Lacs.
Esaïe Vumi objectif DK TV