RDC – Inondations à Kinshasa : un plan national de sortie de crise et de résilience en gestation

En réponse aux pluies diluviennes qui ont ravagé Kinshasa les 4 avril et 14 juin 2025, causant plusieurs pertes en vies humaines, des destructions massives d’infrastructures et de nombreux déplacés, le gouvernement congolais a lancé un atelier stratégique d’élaboration d’un plan de sortie de crise et de résilience face aux catastrophes naturelles.

Organisé du 2 au 3 juillet, cet atelier a été présidé par le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, et a rassemblé des experts issus de plusieurs ministères, des structures étatiques, des partenaires humanitaires et des ONG.

L’atelier a débuté par une analyse approfondie des dégâts occasionnés par les récentes inondations. Outre les pertes humaines, les infrastructures routières, les habitations, les réseaux d’assainissement et les écoles ont été sévèrement endommagés.

Face à cette urgence humanitaire et environnementale, l’objectif du plan est clair : mettre en place une stratégie nationale de gestion et de prévention des catastrophes naturelles, applicable à Kinshasa et dans l’ensemble des provinces de la RDC.

Parmi les premières actions proposées figurent : La réhabilitation rapide des routes, ponts, caniveaux et autres infrastructures endommagées. Le relogement provisoire des sinistrés dans des sites sécurisés. L’organisation d’obsèques dignes pour les victimes. L’assistance humanitaire ciblée pour les groupes vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes.

Mise en place d’un système d’alerte précoce pour anticiper les risques d’inondation.
Réaménagement du territoire avec une cartographie des zones à risques, la réhabilitation des rivières (Funa, Bumbu, Lukunga…) et la restauration des bassins versants. Création de réseaux de drainage urbain fonctionnels, pour absorber les fortes pluies. Lutte contre l’urbanisation anarchique dans les zones inondables.

Le plan prévoit la création d’un comité multisectoriel de pilotage, regroupant ministères, ONG, autorités locales et bailleurs. Cette structure aura pour mission : De coordonner l’exécution du plan à tous les niveaux (national, provincial, local). De clarifier les responsabilités entre les différents acteurs publics et privés. De mettre en place un calendrier d’exécution avec des indicateurs de suivi. De mobiliser les ressources financières, via les fonds publics, les partenaires internationaux et des partenariats public-privé.

Au-delà des aspects techniques, l’atelier a mis un accent particulier sur la dimension sociale de la résilience : Programmes de réinsertion socio-économique pour les sinistrés à moyen terme.
Campagnes de sensibilisation communautaire sur la gestion des déchets, l’assainissement, la protection des milieux naturels.
Renforcement des capacités locales, notamment des autorités urbaines et des chefs de quartiers, pour anticiper et gérer les crises. À l’issue des travaux, le Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo a souligné que ce plan ne devait pas « rester un simple document », mais être un outil dynamique, révisé régulièrement et étendu à toutes les provinces. Il a plaidé pour une culture de la prévention, dans un pays de plus en plus confronté aux effets du changement climatique.

« Il ne s’agit plus de réagir dans l’urgence, mais d’agir dans la prévision et la prévention. La résilience doit devenir une culture nationale », a-t-il conclu.

Avec cette démarche, Kinshasa pourrait devenir un modèle de gestion intégrée des risques pour le reste du pays. Ce plan, une fois finalisé et financé, constituerait une réponse durable aux multiples défis environnementaux et urbains qui touchent la RDC.

Esaïe vumi objectif DK TV

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