
Lors d’une intervention publique tenue à Kigali à l’occasion d’un forum sur la gouvernance et la stabilité politique dans la région des Grands Lacs, le président rwandais Paul Kagame a fait une déclaration inattendue sur la transition politique en République démocratique du Congo, en 2019.
Interrogé sur les enjeux de leadership en Afrique centrale, le chef de l’État rwandais a évoqué, de manière directe et controversée, l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, déclarant :
« Il n’a pas gagné les élections. Il a juste été appelé au bureau, et on lui a donné le pouvoir. »
Poursuivant son propos, Paul Kagame a affirmé que l’ancien président Joseph Kabila, à l’époque en fin de mandat, croyait « faire une bonne affaire » en facilitant la prise de pouvoir de Tshisekedi.
Ces propos ravivent un débat latent autour des élections de décembre 2018 en RDC. Bien que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ait officiellement désigné Félix Tshisekedi vainqueur, de nombreuses organisations, dont la CENCO, affirmaient que Martin Fayulu aurait remporté le scrutin, selon leurs propres observations.
Pendant des années, des allégations d’un accord discret entre Kabila et Tshisekedi ont alimenté les critiques de l’opposition, évoquant une transition « arrangée » plutôt qu’une alternance démocratique transparente.
La sortie du président Kagame intervient dans un climat régional marqué par une forte détérioration des relations diplomatiques entre la RDC et le Rwanda, en raison de l’activisme du M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement. Des accusations que Kigali rejette, malgré les rapports accablants des experts des Nations unies.
En choisissant d’aborder un sujet aussi sensible en pleine tension bilatérale, Paul Kagame envoie un message politique clair — à Kinshasa, mais aussi à la communauté internationale.
Aucune réaction officielle à Kinshasa
Du côté congolais, ni la présidence, ni le gouvernement n’avaient réagi publiquement à ces propos au 4 juillet 2025. Mais dans les cercles politiques et sur les réseaux sociaux, l’indignation se propage, certains y voyant une tentative d’humiliation, voire d’ingérence.
Esaïe vumi objectif DK TV