ituri : Jean-Pierre Lihau sensibilise les forces de sécurité sur le régime spécial de sécurité sociale

En pleine zone opérationnelle, où les forces de défense et de sécurité paient un lourd tribut à l’insécurité persistante, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a animé ce mercredi 26 novembre 2025 à Bunia une grande séance de sensibilisation destinée aux militaires et policiers de l’Ituri. Objectif : vulgariser le régime spécial de sécurité sociale désormais géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP), un dispositif conçu pour offrir une meilleure protection aux hommes et femmes engagés au service de la nation.

Cette mission officielle, très attendue, intervient dans un contexte sécuritaire tendu. L’Ituri reste l’une des provinces les plus éprouvées par l’activisme des groupes armés, les violences communautaires et les opérations militaires en cours. Le gouvernement la considère depuis plusieurs années comme une zone opérationnelle, avec tout ce que cela implique en termes de risques, de sacrifices et d’exigences professionnelles pour les éléments des FARDC et de la Police Nationale Congolaise (PNC).

Devant une salle composée d’officiers, sous-officiers, soldats du rang, policiers et autorités administratives locales, Jean-Pierre Lihau a rappelé que la mise en place du régime spécial de sécurité sociale constitue l’une des réformes majeures engagées par le gouvernement pour moderniser la gestion des ressources humaines de l’État. « Les agents publics en uniforme, longtemps laissés en marge d’un système de protection efficace, doivent désormais être assurés que leur carrière, leur sécurité et celle de leurs familles sont pleinement prises en compte par la République », a déclaré le VPM dans son allocution d’ouverture.

Au cœur de son intervention, Jean-Pierre Lihau a détaillé les trois innovations majeures introduites dans ce nouveau système, en insistant particulièrement sur les éléments qui concernent les forces de sécurité opérant en zones sensibles.

  1. La couverture des risques professionnels
    Les militaires et policiers évoluant en Ituri sont exposés à des dangers permanents : embuscades, attaques de positions, opérations de traque de groupes armés, missions nocturnes, etc. Le nouveau régime spécial reconnaît officiellement ce niveau de risque et prévoit une prise en charge renforcée en cas d’accidents de service, de blessures, d’incapacité temporaire ou permanente, ainsi que d’autres atteintes à la santé liées à l’exercice du métier.
    Selon le VPM, il s’agit d’un changement fondamental : « Désormais, chaque incident professionnel ouvre automatiquement des droits clairs et garantis, sans procédures interminables ni incertitudes administratives. L’État assume pleinement ses responsabilités envers ceux qui assurent sa protection territoriale. »
  2. Une retraite garantie et encadrée par l’État
    Pendant des années, faute de mécanisme adapté, de nombreux militaires et policiers terminaient leur carrière sans bénéficier d’un accompagnement efficace au moment de la retraite. Le régime spécial apporte désormais des solutions concrètes : constitution d’une pension, versements réguliers, encadrement institutionnel et transparence dans les procédures.
    Jean-Pierre Lihau a insisté sur le caractère obligatoire et automatique de cette retraite améliorée, rappelant que « servir sous le drapeau est un engagement noble qui mérite une reconnaissance pérenne, même après la fin de la carrière active ».
  3. L’élargissement des prestations sociales aux ayants droit
    Le troisième pilier concerne l’aspect humain, souvent négligé dans les anciens dispositifs. Le régime spécial inclut désormais la prise en charge des veuves, orphelins et familles des agents publics décédés en service. Concrètement, cela signifie que les proches d’un militaire tombé au champ d’honneur ne seront plus abandonnés à eux-mêmes. Ils bénéficieront d’un soutien financier durable, d’une indemnisation appropriée et d’un accompagnement administratif complet.
    Pour les participants, cette mesure a suscité une grande attention, car elle touche directement les réalités quotidiennes de nombreuses familles militaires.

Dans son message, le VPM a reconnu que les conditions de vie et de travail des forces de sécurité avaient longtemps été marquées par l’absence d’un système de protection sociale fiable. Il a rappelé que cette réforme est le fruit de plusieurs années de plaidoyer, d’études techniques et de concertations avec les institutions publiques, les syndicats, les représentations militaires et les partenaires sociaux.

Les autorités locales de Bunia ont salué cette initiative, affirmant qu’elle redonne espoir aux hommes engagés au front. Selon un commandant de régiment présent à la cérémonie, « le moral des troupes ne dépend pas uniquement de l’armement ou de la logistique, mais aussi de la certitude que l’État se soucie réellement de leur avenir et de celui de leurs familles ».

De son côté, le Directeur provincial de la CNSSAP a expliqué comment cette institution a déjà entrepris des missions similaires dans d’autres provinces, avant de souligner que l’Ituri représente un cas d’importance stratégique, compte tenu du contexte sécuritaire.

Après la présentation officielle, une session de questions-réponses a permis aux participants de clarifier plusieurs aspects techniques : la procédure d’enregistrement auprès de la CNSSAP, les délais de traitement des dossiers, les conditions d’indemnisation des blessés, la gestion des dossiers des agents disparus en opération, ou encore les modalités pratiques de la pension de retraite.

Jean-Pierre Lihau a répondu personnellement à toutes les préoccupations, insistant sur la nécessité pour les militaires et policiers de maîtriser leurs droits. « Vous risquez votre vie pour la Nation ; la Nation vous doit transparence et respect », a-t-il indiqué. Le VPM a également promis l’envoi d’équipes techniques pour accompagner les commandements militaires et policiers dans des séances de formation et de mise à jour administrative.

La visite du VPM en Ituri dépasse le simple cadre administratif. Elle constitue un signal politique fort, montrant que le gouvernement central met la question du bien-être des forces de sécurité au cœur de son action, particulièrement dans les provinces en proie aux violences.

En effet, depuis plusieurs mois, l’Ituri connaît une recrudescence de tensions, malgré les opérations conjointes FARDC–police visant à stabiliser la zone. Le déploiement d’un régime spécial de sécurité sociale apparaît ainsi comme un engagement concret pour stabiliser le moral des troupes et renforcer la cohésion interne.

En quittant Bunia dans la soirée, Jean-Pierre Lihau a réaffirmé que cette mission n’était qu’une étape dans un programme national ambitieux visant à moderniser la fonction publique, à professionnaliser les forces de sécurité et à instaurer un climat de confiance entre l’État et ses agents.

Pour les militaires et policiers de l’Ituri, cette visite restera comme un moment fort : celui où l’État est venu à leur rencontre, non pas pour leur donner des ordres de combat, mais pour leur rappeler qu’ils comptent, que leur sécurité importe et que leur avenir est désormais encadré par un système solide, transparent et durable.

Esaïe Vumi objectif DK TV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *