RDC : Paul Kagame révèle les coulisses du pouvoir en 2018 — « Tshisekedi a reçu le pouvoir après un accord avec Kabila »

Alors que la République démocratique du Congo et le Rwanda viennent de signer un accord de paix censé ouvrir une nouvelle ère de coopération régionale, le président rwandais Paul Kagame a jeté un pavé dans la mare politique congolaise.

Dans une déclaration publique largement relayée par les médias de Kigali le lundi 1er juillet 2025, Paul Kagame est revenu sur les circonstances controversées de la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en 2018, affirmant sans ambages qu’il s’agissait d’un accord politique scellé en dehors du processus électoral officiel.

« On lui a simplement donné le pouvoir » : Kagame raconte

« Félix Tshisekedi n’a pas vraiment gagné les élections. Il a juste été appelé dans un bureau, et on lui a donné le pouvoir », a lancé Paul Kagame, visiblement déterminé à faire tomber les derniers tabous autour de cet épisode.

D’après lui, l’ancien président Joseph Kabila aurait conclu un accord politique avec Tshisekedi, accord qui aurait été formellement signé et validé par des témoins africains de haut niveau.

Des témoins de poids au cœur du “deal”

Paul Kagame a cité trois chefs d’État africains comme témoins du fameux accord signé en 2018 :
Uhuru Kenyatta, président du Kenya à l’époque,
Abdel Fattah al-Sissi, président de l’Égypte,
Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud.

« Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits. Il y avait un accord, et ces dirigeants étaient présents », a-t-il martelé.

Ces révélations relancent le débat sur la transparence et la légitimité du scrutin présidentiel de 2018, dont les résultats avaient été largement contestés par une partie de la classe politique congolaise, notamment Martin Fayulu, donné gagnant par plusieurs observateurs internationaux et la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Ces propos fracassants interviennent à peine quelques jours après la signature de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC, sous la médiation des États-Unis. Ce nouvel accord vise à mettre fin au soutien présumé du Rwanda au mouvement rebelle M23 et à instaurer une coopération sécuritaire durable entre les deux pays.

Pour certains analystes, Paul Kagame cherche à repositionner son rôle dans les dynamiques politiques de la région, tout en affirmant que la stabilité actuelle de la RDC n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’arrangements politiques pragmatiques conclus en coulisses.

« Ceux qui ont facilité la transition doivent être reconnus. Ce n’est pas par magie que le Congo a changé de président en 2019 », a insisté Kagame.

Derrière cette franchise apparente, certains observateurs y voient une tentative de pression politique sur Kinshasa, alors que les tensions restent vives autour de la situation sécuritaire à l’est de la RDC.

Les propos de Kagame pourraient également fragiliser le narratif d’une alternance démocratique congolaise, au moment où le président Tshisekedi entame son second mandat.

Les révélations du président rwandais viennent confirmer ce que beaucoup soupçonnaient depuis plusieurs années : la passation de pouvoir entre Kabila et Tshisekedi n’était pas uniquement le fruit des urnes. Si elles sont avérées, ces déclarations marquent une rupture avec le discours officiel congolais, et posent de nouvelles questions sur la souveraineté, la transparence électorale et le rôle des puissances africaines dans les dynamiques internes des pays voisins.

Esaïe vumi objectif DK TV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *