RDC – MONT-NGAFULA : L’ÉROSION DÉVORE LE QUARTIER KINVULA ET MENACE LES TRAVAUX DE LA ROCAD

Le quartier Kinvula, situé dans la commune de Mont-Ngafula, en face du quartier Mitendi, vit aujourd’hui l’une des pires crises environnementales de son histoire récente. Une érosion gigantesque, née il y a plusieurs mois sur l’avenue Ntoya, progresse à une vitesse alarmante malgré les efforts combinés des habitants et des notables locaux. Jour après jour, elle transforme le paysage urbain en un véritable gouffre, engloutissant maisons, infrastructures et espoirs.
Cette catastrophe lente mais implacable appelle aujourd’hui une réaction urgente des autorités provinciales et nationales, car les dégâts enregistrés dépassent les capacités communautaires.

・ ‹‹ cette érosion doit être vite décamper car elle va ravager toute une population ‹‹ a dit un habitant.

C’est sur l’avenue Ntoya que les premiers signes du ravinement ont été observés. Au départ, il ne s’agissait que d’un petit glissement de terre, conséquence des pluies diluviennes associées aux défauts d’assainissement. Les habitants, conscients du danger, s’étaient rapidement mobilisés : remplissage des crevasses à l’aide de sacs de sable, construction artisanale de petits murs en terre, nettoyage des caniveaux…

Mais la nature a été plus forte.
Ce qui n’était qu’une fissure est devenu un cratère. Ce qui ressemblait à un éboulement isolé s’est transformé en une avancée massive qui a fini par atteindre la deuxième artère du quartier : l’avenue Famalo.

En atteignant l’avenue Famalo, l’érosion a frappé un symbole fort de la communauté : une école du quartier, réduite à néant. Les salles de classe se sont effondrées les unes après les autres, avalées par la terre qui se détachait en profondeur. Pour les parents et les enseignants, c’est un traumatisme : des centaines d’élèves se retrouvent sans établissement, sans bancs, sans cahiers, sans un lieu sûr pour poursuivre leur éducation.

Dans la même zone, 47 maisons ont été totalement ravagées. Des familles entières ont été contraintes de fuir en urgence, abandonnant leurs biens matériels, leurs souvenirs et parfois même des années d’investissement.
Certaines habitations encore debout se retrouvent aujourd’hui à quelques mètres du gouffre : un seul épisode de pluie pourrait suffire à les faire basculer.

1 école totalement détruite

47 maisons ravagées sur l’avenue Famalo

8 maisons détruites sur l’avenue Maman Bomba

Plus de 300 familles directement touchées

4 avenues déjà menacées : Ntoya, Famalo, Maman Bomba, Ndungini

1 infrastructure stratégique en danger : la ROCAD

La situation ne s’est pas arrêtée à Famalo. La progression continue a touché l’avenue Maman Bomba, où 8 maisons ont déjà été englouties. Les habitants vivent dans la peur permanente, surveillant jour et nuit les fissures qui s’élargissent autour de leurs parcelles.

Des familles dorment dehors, refusant de rester sous un toit qui pourrait s’effondrer à tout moment. Les notables tentent de rassurer, la population tente tant bien que mal de s’organiser, mais la pression de la nature est plus rapide que leur énergie, plus lourde que leurs moyens.

L’érosion poursuit son avancée vers l’avenue Ndungini, une zone densément habitée. Chaque pluie creuse davantage les parois déjà fragilisées, agrandit le ravin et déstabilise les sols avoisinants. Les habitants parlent d’un bruit sourd, comme un grondement venant du sous-sol, annonçant les effondrements imminents.

Les fissures traversent désormais les chaussées, coupent les parcelles et font s’incliner des habitations entières. Sans intervention rapide, Ndungini risque de devenir le prochain épicentre du désastre.

Les habitants de Kinvula ont tout tenté pour stopper l’avancée de l’érosion :

travaux communautaires,

remplissage des failles avec du sable et des déchets solides,

construction de diguettes artisanales,

nettoyage des caniveaux obstrués,

apport des immondices pour tenter de créer une barrière temporaire.

Les notables du quartier ont multiplié les réunions, les descentes sur le terrain, les initiatives locales…
Mais rien n’y fait : les moyens utilisés ne sont pas à la hauteur de la catastrophe. Une érosion de cette ampleur nécessite des équipements lourds, des ingénieurs géotechniciens, des matériaux adaptés, une expertise technique et un financement conséquent.

Les efforts communautaires, bien que courageux et essentiels, ne peuvent remplacer l’intervention de l’État.

Les habitants, profondément choqués, décrivent des scènes de terreur qu’ils n’oublieront jamais. « Nous avons entendu un grand bruit comme un tremblement, puis la terre s’est ouverte devant nos yeux », raconte une mère de famille dont la maison a été engloutie en quelques minutes. Les sinistrés expliquent qu’ils n’ont parfois eu que quelques secondes pour sauver leurs enfants avant que les murs ne s’effondrent.
Un autre résident témoigne : « Nous dormons dehors, parce que notre maison est fissurée de partout. Elle peut tomber à tout moment. Nous vivons dans la peur permanente. »
Pour de nombreux habitants, le plus dur n’est pas seulement la perte de leurs biens, mais le sentiment d’être abandonnés. « Nous avons alerté les autorités, mais personne ne vient nous aider. Nous sommes seuls face à cette catastrophe », déplore un notable du quartier.
Ces témoignages poignants traduisent la détresse d’une population qui lutte avec force et courage, mais qui manque cruellement de soutien pour faire face à la progression rapide de l’érosion.

Le point le plus inquiétant aujourd’hui est que la progression de l’érosion se dirige droit vers l’avenue Armée, où se trouvent les travaux stratégiques de la ROCAD.

La ROCAD est un axe clé pour la circulation, la mobilité et le développement de toute la capitale.
Si l’érosion atteint cette zone :

des millions de dollars d’investissements risquent d’être perdus ;

la circulation pourrait être interrompue ;

des quartiers entiers pourraient se retrouver enclavés ;

l’économie locale serait fortement impactée.

Il est donc impératif d’intervenir avant que la catastrophe ne prenne une dimension provinciale, voire nationale.

Malgré la gravité de la situation, l’intervention des autorités locales reste jusqu’ici très limitée. Plusieurs descentes d’inspection ont été effectuées par la commune et certains services techniques, mais aucune action structurante n’a suivi. Les habitants affirment avoir adressé à maintes reprises des alertes, des lettres et des appels à l’aide, sans obtenir de réponse concrète. Les notables du quartier, qui ont porté la voix de la population, déplorent l’absence de moyens alloués à la lutte antiérosive, alors même que le danger grandit de jour en jour. Cette inaction prolongée a renforcé le sentiment d’abandon parmi les familles touchées, qui se retrouvent seules face à une catastrophe dépassant largement leurs capacités. Les autorités locales sont désormais attendues sur des mesures tangibles, rapides et coordonnées pour éviter que Kinvula ne sombre davantage dans le chaos.

Au-delà des infrastructures, c’est un drame humain :

des centaines de familles se retrouvent déplacées,

des enfants n’ont plus accès à leur école,

des commerçants ont perdu boutiques et dépôts,

des routes sont impraticables,

et le risque sanitaire augmente à cause de l’insalubrité, des eaux stagnantes et des installations de fortune.

La zone devient dangereuse, instable, imprévisible. Les pluies annoncées pour les prochaines semaines risquent d’aggraver la situation et d’accélérer la destruction.

Face à la progression rapide de cette érosion, les habitants de Kinvula lancent un appel solennel :
que les autorités provinciales et nationales interviennent de toute urgence.

Ils demandent :

des travaux de stabilisation,

le drainage des eaux,

l’installation de conduites adéquates,

l’érection de murs de soutènement,

un plan d’aménagement adapté,

et l’assistance humanitaire pour les familles sinistrées.

Ce n’est plus seulement un problème local. C’est une urgence environnementale, urbanistique et sociale.

L’érosion de Kinvula n’est pas un simple glissement de terrain : c’est une crise majeure, un danger imminent pour des centaines de familles, une menace directe contre les infrastructures stratégiques de Kinshasa.

Sans intervention immédiate, le gouffre continuera de s’élargir, détruisant maisons, écoles, routes et espoirs.
Mais avec une action rapide de l’État, coordonnée et techniquement encadrée, il est encore possible de stopper la catastrophe, de sécuriser les habitants et de sauver les infrastructures vitales comme la ROCAD.

Kinvula attend aujourd’hui une réponse.
Une réponse rapide.
Une réponse à la hauteur de l’urgence.

La catastrophe qui ravage aujourd’hui le quartier Kinvula dépasse largement le cadre d’un simple phénomène d’érosion : elle révèle une urgence nationale, une alerte rouge que la ville de Kinshasa ne peut plus ignorer. Chaque jour qui passe, le gouffre s’agrandit, engloutissant maisons, routes, infrastructures et espoirs. Les cris des sinistrés, les écoles détruites, les familles déplacées et la menace qui pèse désormais sur la ROCAD montrent clairement que la situation a franchi un seuil critique.

Face à cette réalité, l’intervention des autorités ne peut plus être différée. Ce n’est plus le moment des visites symboliques ni des annonces sans suite. Il s’agit d’engager des travaux de stabilisation immédiats, de mobiliser des ingénieurs, des géologues, des moyens mécanisés et un budget conséquent pour stopper l’avancée du ravin avant qu’il ne devienne irréversible. Le coût de l’inaction sera bien plus lourd que celui de l’intervention : perte de vies humaines, isolement de quartiers entiers, destruction d’une infrastructure stratégique comme la ROCAD, et aggravation de la crise sociale déjà profonde dans la capitale.

La population de Kinvula a montré un courage admirable en luttant seule, avec les moyens du bord, pour protéger ce qui pouvait encore l’être. Mais elle ne peut plus continuer à affronter une force naturelle d’une telle ampleur sans soutien. Aujourd’hui, ce quartier appelle au secours, mais à travers lui, c’est toute la ville de Kinshasa qui doit entendre la leçon : sans une politique claire de gestion des eaux, de planification urbaine et d’investissements réguliers dans l’assainissement, d’autres zones pourraient connaître le même sort.

Le temps n’est plus à l’observation ni aux déclarations, mais à l’action coordonnée et déterminée. Kinvula doit devenir un cas prioritaire, un symbole de la prise de conscience nationale face aux défis environnementaux. Sauver Kinvula, c’est sauver des vies, préserver des infrastructures essentielles et rappeler que l’État a non seulement le devoir, mais aussi la capacité d’agir.

L’urgence est réelle, l’enjeu est vital, et la solution dépend désormais de la rapidité et de la volonté des autorités. Kinvula attend, Kinshasa espère, et la RDC tout entière regarde. Il est temps d’agir.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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