RDC – Enlèvement de 42 femmes à Rutshuru : les FARDC pointent du doigt les rebelles de l’AFC/M23

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont officiellement accusé, ce 30 décembre 2025, les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) d’être responsables de l’enlèvement d’au moins 42 femmes dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu. L’information émane du chargé de communication de la 34ᵉ région militaire, Dieudonné Kasereka, dans une déclaration transmise aux médias ce mardi matin.

Les faits : un enlèvement avec torture alléguée

Selon le colonel Kasereka, les événements se seraient déroulés le dimanche 28 décembre 2025, dans le groupement de Bukombo centre, relevant de la chefferie de Bwito. Des hommes armés assimilés à des combattants du M23 auraient fait irruption dans plusieurs localités, terrorisant les habitants avant d’extirper de force 42 femmes de leurs domiciles.

Des témoignages recueillis par les autorités militaires font état de tortures infligées aux victimes avant leur enlèvement, ajoutant une dimension cruelle à ces actes. L’armée, relayant ces récits, souligne l’horreur vécue par ces femmes, même si aucune confirmation indépendante n’a encore été disponible de la part d’organisations humanitaires ou internationales sur le terrain.

Pour l’heure, il est difficile pour les autorités congolaises de préciser la destination exacte ou le lieu où seraient retenues les femmes disparues. L’armée a indiqué qu’elle poursuivait ses investigations pour mieux cerner le sort de ces civils enlevés et renforcer ses efforts de sécurisation dans cette zone toujours sous haute tension.

Un contexte de violences répétées

Cet enlèvement s’inscrit dans un cycle de violences et de violations des droits humains régulièrement dénoncé dans l’Est de la RDC depuis la reprise des hostilités entre les FARDC et la coalition AFC/M23, active notamment dans les territoires de Rutshuru et Masisi.

Les autorités militaires congolaises avaient déjà accusé ces mêmes rebelles de graves violations dans la région, notamment des massacres de civils, des pillages de villages et des exactions contre des populations civiles. En octobre 2025, un nouveau massacre avait été dénoncé par les FARDC, attribué aux mêmes forces rebelles dans plusieurs localités de Rutshuru, causant de nombreuses pertes civiles.

De plus, des organisations internationales de défense des droits humains ont documenté à plusieurs reprises des attaques, viols collectifs, détentions arbitraires et autres formes de violence contre des civils dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, impliquant des combattants du M23 ainsi que d’autres groupes armés.

Déplacements et conditions humanitaires alarmantes

Au lendemain de cet enlèvement, la situation sécuritaire demeure volatile dans plusieurs zones de la chefferie de Bwito et au-delà. Les populations civiles vivent dans l’angoisse permanente des attaques, notamment à Bukombo, considéré comme une zone à haut risque, selon l’armée.

Parallèlement, des déplacements massifs de populations ont été signalés dans les territoires voisins. Des centaines de familles contraintes à fuir les combats se sont installées à Mweso, dans le territoire de Masisi, où elles vivent dans des conditions jugées alarmantes, souvent sans abri adéquat ni assistance humanitaire suffisante. Les déplacés, logés dans des écoles ou des églises, dénoncent leur vulnérabilité, notamment celle des femmes allaitantes et des enfants exposés aux intempéries.

Appels à la communauté internationale

Face à cette nouvelle crise, des voix s’élèvent tant au niveau local qu’auprès d’acteurs humanitaires pour appeler à une intervention accrue de la communauté internationale. Les appels portent sur la nécessité d’un renforcement de la protection des civils, l’acheminement d’aide humanitaire, et une intensification des pressions diplomatiques pour mettre fin aux violations des droits humains dans l’Est de la RDC.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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