
L’élimination de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo (RDC) à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique congolaise. Quelques heures après la sortie prématurée des Léopards de la compétition continentale, le sélectionneur national, Sébastien Desabre, a pris la parole avec franchise et responsabilité, assumant pleinement l’échec sportif de son équipe.
« Ma part de responsabilité est totale. Parce que c’est l’entraîneur qui perd et ce sont les joueurs qui gagnent. C’est comme ça. J’assume totalement. Je vais rester, à moins qu’on me demande de partir », a déclaré le technicien français lors de la conférence de presse d’après-match, visiblement marqué mais déterminé.
Une élimination douloureuse pour toute une nation
Qualifiée parmi les outsiders de cette CAN 2025, la RDC nourrissait de grands espoirs après ses performances encourageantes lors des phases de qualification et ses précédentes campagnes continentales. Les Léopards visaient au minimum une place dans le dernier carré, voire un sacre continental attendu depuis 1974.
Cependant, le rêve s’est brutalement arrêté au terme d’un match disputé, marqué par des occasions manquées, des erreurs défensives coûteuses et un manque d’efficacité offensive. Malgré une domination par séquences et une volonté affichée, les Congolais n’ont pas réussi à faire la différence au moment crucial.
Dans les rues de Kinshasa, de Lubumbashi, de Goma ou encore de Kisangani, la déception est immense. Les supporters, mobilisés derrière leur équipe, espéraient voir les Léopards franchir un nouveau cap et confirmer leur statut de grande nation du football africain.
Sébastien Desabre : un discours de responsabilité rare
Contrairement à certains entraîneurs qui cherchent à diluer les responsabilités après une défaite, Sébastien Desabre a opté pour un discours direct et sans détour. En endossant l’entière responsabilité de l’élimination, il a tenu à protéger ses joueurs, soulignant leur engagement et leur combativité.
« Les joueurs ont tout donné. Ils ont respecté le plan de jeu, ils se sont battus. S’il y a un responsable, c’est moi », a-t-il insisté devant les journalistes.
Cette posture a été saluée par une partie des observateurs sportifs, qui y voient un signe de maturité et de leadership. Pour Desabre, l’échec fait partie du métier d’entraîneur, et il estime que c’est à lui d’en répondre devant les instances et le peuple congolais.
Un bilan contrasté à la tête des Léopards
Arrivé à la tête de la sélection congolaise avec pour mission de redonner une identité de jeu et une stabilité au groupe, Sébastien Desabre a connu des hauts et des bas. Sous sa direction, les Léopards ont montré une amélioration notable dans l’organisation tactique, la discipline collective et la compétitivité face aux grandes nations africaines.
La RDC a notamment réalisé de bonnes performances en qualifications et lors de certaines rencontres amicales de prestige. Toutefois, l’incapacité à concrétiser ces progrès lors des grands rendez-vous, comme cette CAN 2025, pose question.
Pour de nombreux analystes, le problème ne réside pas uniquement dans le choix du sélectionneur, mais aussi dans la gestion globale du football congolais : préparation insuffisante, championnat local peu compétitif, manque de matchs amicaux de haut niveau et pression populaire permanente.
Rester ou partir : une décision entre les mains des autorités
Dans sa déclaration, Sébastien Desabre s’est montré clair : il est prêt à continuer son travail, à condition que les autorités sportives congolaises lui renouvellent leur confiance.
« Je vais rester, à moins qu’on me demande de partir », a-t-il affirmé, laissant ainsi la décision finale au ministère des Sports et à la Fédération congolaise de football association (FECOFA).
Cette déclaration ouvre désormais un débat national. Faut-il maintenir Desabre pour assurer la continuité du projet sportif, ou tourner la page et confier l’équipe à un nouveau sélectionneur en vue des prochaines échéances, notamment les éliminatoires de la Coupe du monde et la CAN 2027 ?
Une opinion publique divisée
Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les réactions sont partagées. Certains supporters réclament un changement immédiat, estimant que le sélectionneur n’a pas su tirer le meilleur potentiel d’un effectif pourtant riche en talents évoluant dans les grands championnats européens.
D’autres, en revanche, plaident pour la stabilité, rappelant que les changements répétitifs de sélectionneurs ont souvent nui à la progression des Léopards. Pour eux, Desabre mérite de poursuivre son travail et de corriger les erreurs observées lors de cette CAN.
Et maintenant, quel avenir pour les Léopards ?
L’élimination à la CAN 2025 marque un tournant important pour le football congolais. Au-delà du cas Sébastien Desabre, c’est toute la stratégie de développement du football national qui doit être repensée : formation des jeunes, valorisation du championnat local, meilleure planification des compétitions internationales et gestion plus professionnelle de la sélection.
Les Léopards disposent d’un potentiel indéniable. Reste à savoir si les décisions qui seront prises dans les prochains jours permettront à la RDC de transformer ce potentiel en résultats concrets et durables.
En assumant publiquement sa responsabilité après l’élimination des Léopards à la CAN 2025, Sébastien Desabre a envoyé un message fort de maturité et de respect envers les joueurs et les supporters. Son avenir à la tête de la sélection reste incertain, mais une chose est sûre : le football congolais se trouve à un moment décisif de son histoire.
L’espoir demeure, à condition que les leçons de cet échec soient tirées avec lucidité et courage.
Esaïe Vumi objectif DK TV