
Le 16 janvier n’est pas une date ordinaire dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Elle marque l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, événement majeur qui a bouleversé le cours politique du pays et laissé une empreinte profonde dans la mémoire collective nationale. Pourtant, vingt-cinq ans plus tard, cette date semble progressivement reléguée au second plan par les autorités actuelles.
En ce 16 janvier, le silence ou la timidité des actions officielles interpellent. Aucun programme national fort, aucune mobilisation institutionnelle d’envergure, aucun message politique clair à la hauteur de l’enjeu mémoriel. Le régime du président Félix-Antoine Tshisekedi, pourtant héritier d’une histoire politique marquée par les luttes et les sacrifices, donne l’impression de ne pas accorder à cette journée l’attention qu’elle mérite.
La mémoire nationale n’est pas un luxe. Elle est un pilier de la cohésion, de l’identité et de la conscience collective d’un peuple. Oublier ou minimiser certaines dates clés, c’est affaiblir le récit national et rompre le lien entre les générations. Le 16 janvier devrait être un moment de réflexion profonde sur le pouvoir, la violence politique, la souveraineté et le destin de la nation congolaise.
Certes, gouverner, c’est faire face à des urgences multiples : sécurité à l’Est, crise sociale, défis économiques, diplomatie régionale. Mais aucune urgence ne justifie l’effacement progressif de l’histoire. Un État fort est aussi celui qui assume son passé, même lorsqu’il est douloureux ou politiquement sensible.
L’absence d’un engagement clair du pouvoir en place autour de cette date pose question. Est-ce un choix politique ? Une volonté de tourner la page sans la lire ? Ou simplement une négligence institutionnelle ? Quelle que soit la réponse, le résultat est le même : une fracture mémorielle qui s’élargit.
En tant que média, nous estimons qu’il est du devoir des autorités de valoriser toutes les pages majeures de notre histoire, sans sélection opportuniste. Le 16 janvier doit rester une date de mémoire nationale, au-delà des clivages politiques et des régimes successifs.
La RDC ne peut construire son avenir en faisant l’économie de son passé. Gouverner, ce n’est pas seulement projeter ; c’est aussi se souvenir, expliquer et transmettre.
Se souvenir n’est pas diviser. Se souvenir, c’est assumer.
La rédaction