
Le professeur André Mbata a déclaré qu’« une Constitution intouchable n’existe nulle part au monde », relançant le débat sur l’évolution et la révision des textes fondamentaux en République démocratique du Congo.
Juriste constitutionnaliste et acteur politique, André Mbata estime que toute Constitution, en tant qu’œuvre humaine, est appelée à s’adapter aux réalités sociales, politiques et institutionnelles d’un pays. Selon lui, l’intangibilité absolue d’une loi fondamentale relève davantage du mythe que du droit comparé.
Cette prise de position intervient dans un contexte national marqué par des discussions récurrentes autour de la réforme institutionnelle et des dispositions réputées verrouillées de la Constitution congolaise, notamment celles relatives à la forme de l’État, au suffrage universel et à la limitation des mandats présidentiels.
Pour le professeur Mbata, reconnaître la possibilité d’évolution constitutionnelle ne signifie pas nécessairement remettre en cause les principes démocratiques, mais plutôt admettre que les sociétés politiques évoluent et que leurs normes fondamentales peuvent être ajustées selon des procédures légales prévues.
Le débat sur la révision constitutionnelle demeure particulièrement sensible en RDC, où toute évocation de modification de la Constitution suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique et de la société civile, en raison des expériences politiques passées liées aux changements des règles du jeu institutionnel.
Les partisans d’une révision encadrée évoquent la nécessité d’adapter certaines institutions, tandis que les opposants craignent des réformes susceptibles d’affaiblir les acquis démocratiques et l’alternance politique.
Esaïe Vumi objectif DK TV