
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a été le théâtre de nombreux crépitements de balles dans la nuit de dimanche 08 à lundi 09 mars 2026 . Ces tirs, entendus dans plusieurs quartiers de la ville, ont plongé les habitants dans une profonde inquiétude, réveillant chez certains le souvenir des périodes les plus sombres de l’insécurité dans la région.
Selon plusieurs sources locales, les détonations ont commencé tard dans la soirée et se sont poursuivies pendant une grande partie de la nuit. Des habitants affirment avoir entendu des tirs sporadiques, parfois nourris, dans différentes zones de la ville, notamment dans les quartiers périphériques où la présence de groupes armés est régulièrement signalée.
Face à cette situation, de nombreux habitants ont préféré rester cloîtrés chez eux, évitant tout déplacement nocturne par crainte d’être pris dans d’éventuels affrontements. Sur les réseaux sociaux, plusieurs Gomatraciens ont partagé des messages d’alerte et de prudence, appelant la population à la vigilance.
« Nous avons entendu des tirs presque toute la nuit. Les enfants ont eu peur et personne n’a osé sortir », témoigne un habitant du quartier Katindo, joint au téléphone. Comme lui, plusieurs familles ont passé la nuit dans l’angoisse, redoutant une escalade de la violence dans cette ville déjà marquée par des années de conflits armés.
Des sources au sein des autorités provinciales du Nord-Kivu indiquent que les services de sécurité ont été déployés dans certains quartiers afin de vérifier l’origine exacte des tirs et prévenir toute escalade de la situation.
Des tensions internes au sein des groupes rebelles
Selon des sources sécuritaires et des observateurs locaux, ces tirs ne seraient pas nécessairement liés à des affrontements directs avec les forces gouvernementales, mais plutôt à des tensions internes au sein de certains groupes rebelles présents dans la région.
D’après des témoignages recueillis auprès des habitants ainsi que des informations relayées par des acteurs de la société civile locale, les tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers de la ville.
Depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure extrêmement fragile. La présence de plusieurs groupes armés, dont certains opèrent dans les territoires environnant Goma, crée un climat d’instabilité permanente.
D’après les informations recueillies, certains combattants rebelles seraient confrontés à des difficultés financières importantes. Le non-paiement de leurs soldes ou l’absence de ressources logistiques suffisantes provoquerait des frustrations au sein de ces groupes, entraînant parfois des disputes internes ou des actes de banditisme armé.
« Certains éléments, n’ayant pas reçu de rémunération depuis un certain temps, cherchent à se débrouiller par leurs propres moyens », explique une source proche de la société civile. « Cela peut se traduire par des tirs d’intimidation, des règlements de comptes ou encore des tentatives de pillage. »
Cette situation illustre la complexité du paysage sécuritaire dans la région du Nord-Kivu, où la multiplication des groupes armés et les rivalités internes compliquent davantage la gestion de la sécurité.
Une population habituée mais toujours inquiète
À Goma, les habitants sont malheureusement habitués aux épisodes d’insécurité. Toutefois, les tirs entendus dans la nuit ont ravivé les inquiétudes d’une population déjà fragilisée par des années de conflits, de déplacements forcés et de crises humanitaires.
La ville de Goma constitue un centre stratégique majeur dans l’est de la RDC. Située à proximité de la frontière rwandaise et entourée de plusieurs zones où opèrent des groupes armés, elle est régulièrement exposée à des tensions sécuritaires.
Pour de nombreux habitants, chaque crépitement de balle rappelle la fragilité de la paix dans la région. « Dès qu’on entend des tirs, on pense immédiatement au pire », confie une mère de famille résidant dans le quartier Majengo. « On ne sait jamais si cela va s’arrêter ou s’aggraver. »
Dans plusieurs quartiers, les habitants ont indiqué avoir éteint les lumières et gardé les portes fermées pendant toute la nuit, par mesure de précaution. Les motos-taxis et autres activités nocturnes ont également été suspendues, signe de la peur qui s’est installée dans la ville.
Jusqu’à présent, aucune information officielle ne fait état de pertes en vies humaines ou de dégâts matériels liés aux tirs enregistrés durant la nuit. Toutefois, les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de ces incidents.
Les autorités appelées à rassurer la population
Jusqu’à présent, les autorités locales n’ont pas encore publié de communiqué officiel détaillant les circonstances exactes de ces tirs. Toutefois, des sources administratives indiquent que les services de sécurité suivent de près la situation afin d’éviter toute escalade.
La population, quant à elle, attend des explications claires et surtout des mesures concrètes pour renforcer la sécurité dans la ville.
Plusieurs organisations de la société civile du Nord-Kivu appellent les autorités à intensifier les patrouilles et à améliorer la coordination entre les forces de sécurité afin de prévenir toute menace contre les civils.
« La population a besoin d’être rassurée », estime un acteur de la société civile. « Il est important que les autorités communiquent rapidement pour éviter la propagation de rumeurs et maintenir le calme. »
Un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’est de la RDC
L’est de la République démocratique du Congo demeure l’une des régions les plus instables du continent africain. Depuis plus de deux décennies, cette partie du pays est le théâtre de conflits impliquant des groupes armés locaux et étrangers, souvent motivés par des rivalités politiques, ethniques ou économiques.
La province du Nord-Kivu, en particulier, concentre un grand nombre de groupes armés actifs dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Beni. Cette multiplicité d’acteurs armés rend la situation sécuritaire extrêmement complexe.
Les tensions internes au sein des groupes rebelles, comme celles évoquées dans les événements survenus à Goma, constituent un facteur supplémentaire d’instabilité. Lorsqu’ils manquent de ressources ou de commandement clair, certains combattants peuvent se livrer à des actes incontrôlés qui menacent directement la sécurité des civils.
Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu dans l’est de la RDC, marqué notamment par la présence du mouvement rebelle M23 dans certaines zones du Nord-Kivu et par les opérations militaires menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
L’espoir d’un retour durable à la paix
Malgré ce climat d’incertitude, les habitants de Goma continuent d’espérer un retour durable à la paix. Les efforts diplomatiques régionaux, les initiatives de désarmement et les opérations militaires menées par les forces gouvernementales sont régulièrement présentés comme des pistes pour stabiliser la région.
Les autorités ont également appelé la population au calme tout en invitant les habitants à signaler tout mouvement suspect.
Cependant, de nombreux observateurs estiment que la solution au conflit dans l’est de la RDC ne pourra être durable qu’à travers une approche globale, combinant sécurité, développement économique et dialogue politique.
En attendant, les habitants de Goma restent vigilants. La nuit agitée qu’ils viennent de vivre rappelle une fois de plus que la stabilité de la région demeure fragile et que la sécurité des populations civiles doit rester une priorité pour les autorités.
Alors que la ville reprend progressivement ses activités au petit matin, les Gomatraciens espèrent que les tirs entendus dans la nuit ne seront pas le prélude à une nouvelle flambée de violences dans cette région déjà profondément éprouvée par les conflits.
Esaïe Vumi objectif DK TV