
Le verdict est tombé marquant un tournant décisif dans la lutte contre les violences en milieu hospitalier en République Démocratique du Congo (RDC). Ce jeudi 26 mars 2026, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, le Dr Samuel-Roger Kamba, a officiellement annoncé la radiation définitive du docteur David Balanganayi de l’Ordre National des Médecins (ONM). Cette sanction extrême fait suite à des actes de violences graves perpétrés par ce dernier sur une patiente, une affaire qui a suscité une vague d’indignation nationale.
Un signal fort contre l’impunité
Depuis plusieurs jours, l’opinion publique congolaise était suspendue aux conclusions de l’enquête disciplinaire. En annonçant cette mesure, le ministre Samuel-Roger Kamba a voulu envoyer un message clair : la blouse blanche ne saurait servir de bouclier contre la barbarie.
« Le métier de médecin est un sacerdoce basé sur la protection de la vie et la dignité humaine. Porter atteinte à l’intégrité physique ou morale d’un patient est une ligne rouge que nous ne laisserons personne franchir », a déclaré le ministre lors de son point de presse à Kinshasa.
La radiation signifie que David Balanganayi perd définitivement le droit d’exercer la médecine sur toute l’étendue du territoire national. Son nom sera rayé du tableau de l’Ordre, et toute tentative de pratique médicale de sa part sera désormais considérée comme un exercice illégal de la médecine, passible de poursuites pénales supplémentaires.
Rappel des faits : Une agression qui a choqué la nation
L’affaire a éclaté il y a quelques semaines lorsqu’une vidéo et des témoignages ont fuité sur les réseaux sociaux, montrant les séquelles des violences subies par une patiente au sein d’une structure de santé où exerçait le Dr Balanganayi. Ce qui devait être un lieu de guérison s’est transformé en un lieu de traumatisme.
Selon les rapports de l’enquête :
- La patiente s’était rendue à la clinique pour des soins de routine.
- Une altercation aurait éclaté pour des raisons encore floues, menant à une agression physique violente de la part du médecin.
- La victime a subi des blessures nécessitant une prise en charge médicale urgente et un soutien psychologique.
L’onde de choc a été immédiate. Les organisations de défense des droits des femmes et les associations de patients sont montées au créneau pour exiger non seulement des sanctions administratives, mais aussi une réponse judiciaire exemplaire.
La procédure : Entre éthique et rigueur administrative
La décision de radiation n’a pas été prise à la légère. Elle est le résultat d’une collaboration étroite entre le Conseil National de l’Ordre des Médecins et le ministère de la Santé. En RDC, le Conseil de l’Ordre est l’organe chargé de veiller au respect du code de déontologie médicale.
Lorsqu’une faute grave est signalée, une commission d’enquête est mise en place pour entendre les différentes parties. Dans le cas de David Balanganayi, les preuves étaient jugées « accablantes ». Les membres du conseil ont estimé que le comportement du médecin était en contradiction totale avec le serment d’Hippocrate, que tout médecin prête avant d’entrer en fonction.
« Nous ne pouvons pas tolérer que des brebis galeuses ternissent l’image de toute une profession qui compte des milliers de héros anonymes », a souligné un représentant de l’Ordre des Médecins sous couvert d’anonymat.
Une réforme profonde du secteur de la santé
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de réformes entamées par le Dr Samuel-Roger Kamba. Depuis sa nomination, le ministre met l’accent sur l’humanisation des soins. Pour lui, la « Couverture Santé Universelle » voulue par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, ne concerne pas seulement l’accès financier aux soins, mais aussi la qualité et le respect du patient.
Le ministère a d’ailleurs annoncé la mise en place prochaine d’un numéro vert permettant aux patients de signaler tout abus, harcèlement ou violence subis dans les hôpitaux. L’objectif est de briser la loi du silence qui protège parfois certains praticiens indélicats.
Les réactions au sein de la société civile
La radiation de David Balanganayi a été accueillie avec soulagement par de nombreuses structures de la société civile. Marie-Joséphine Ntumba, activiste pour les droits des femmes, s’est exprimée après l’annonce :
« C’est une victoire pour toutes les femmes qui ont un jour eu peur de se rendre à l’hôpital. Nous remercions le ministre Kamba pour sa fermeté.
Cependant, nous restons vigilantes. La radiation est une sanction professionnelle, mais nous attendons maintenant que la justice civile fasse son travail pour que la victime soit indemnisée et que l’agresseur réponde de ses actes devant un tribunal. »
Du côté des professionnels de santé, l’ambiance est plus lourde. Si la majorité approuve la sanction, certains appellent à une meilleure formation sur la gestion du stress et de la santé mentale des médecins eux-mêmes, tout en condamnant fermement l’acte posé par leur ex-confrère.
Un avertissement pour l’avenir
L’affaire Balanganayi fera date dans l’histoire de la médecine congolaise. Elle marque la fin d’une certaine forme de complaisance. Désormais, chaque médecin sait que son droit d’exercer est conditionné par un comportement exemplaire.
Le ministère de la Santé a conclu son communiqué en rappelant que des inspections régulières seront renforcées dans les cliniques privées comme dans les hôpitaux publics pour s’assurer que les normes éthiques sont strictement respectées.
En conclusion, la radiation de David Balanganayi est plus qu’une simple sanction : c’est un acte de restauration de la confiance entre la population et le corps médical. Dans un pays où le système de santé se reconstruit peu à peu, l’éthique doit rester le pilier central de chaque consultation, de chaque geste médical.
Note de la rédaction : La patiente, dont l’identité est protégée, est actuellement suivie par une équipe pluridisciplinaire pour son rétablissement physique et émotionnel à l’hôpital diamant sur instruction de la première dame Denise Nyakero tshisekedi.
Esaïe Vumi objectif DK TV