RDC : fin officielle de l’épidémie de Mpox, une victoire sanitaire annoncée le 2 avril 2026

La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement déclaré, ce jeudi 2 avril 2026, la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence nationale de santé publique. L’annonce a été faite à Kinshasa par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, lors d’une cérémonie officielle organisée dans la capitale congolaise.

Cette déclaration marque une étape majeure dans la lutte contre cette maladie virale qui a durement frappé le pays ces dernières années, mobilisant d’importantes ressources humaines, logistiques et financières.

Une annonce solennelle après plusieurs mois de riposte

C’est dans un contexte chargé d’émotion et de soulagement que le ministre de la Santé a pris la parole devant la presse nationale et internationale pour officialiser la fin de cette urgence sanitaire.

« Au nom du Gouvernement et sous l’autorité du Président de la République, je déclare officiellement la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence nationale de santé publique », a-t-il affirmé.

Cette déclaration intervient après plusieurs mois de lutte intensive contre la maladie, caractérisée par une coordination accrue entre les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs communautaires.

Selon les autorités, cette victoire est le résultat d’une stratégie nationale cohérente reposant sur « une coordination unique, un plan unique, un budget unique et une réponse unique ».

Le Mpox est une maladie virale qui se transmet principalement par contact étroit avec une personne infectée. Elle se manifeste généralement par de la fièvre, des douleurs corporelles et des éruptions cutanées. Bien que souvent moins mortelle que d’autres maladies virales, elle peut entraîner des complications graves chez les personnes vulnérables.

Une épidémie qui a marqué le pays

L’épidémie de Mpox, anciennement appelée variole du singe, a connu une recrudescence inquiétante en RDC à partir de 2023, avec l’apparition d’une nouvelle souche plus transmissible. Cette situation avait conduit les autorités sanitaires nationales, en collaboration avec les organisations internationales, à déclarer une urgence de santé publique.

À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait également classé cette épidémie comme une urgence sanitaire de portée internationale entre 2024 et 2025, en raison de sa propagation rapide et de son impact sur plusieurs pays, principalement en Afrique centrale.

La RDC était particulièrement touchée, concentrant la majorité des cas enregistrés sur le continent. Les zones rurales, les régions en conflit ainsi que certaines communautés vulnérables ont été les plus affectées.

Selon les données du ministère de la Santé et des partenaires sanitaires, la RDC a enregistré plusieurs dizaines de milliers de cas suspects et confirmés de Mpox depuis 2023, avec des centaines de décès recensés. Certaines provinces comme l’Équateur, le Sankuru et le Sud-Kivu ont été parmi les plus touchées, concentrant une part importante des cas.

Une amélioration progressive de la situation épidémiologique

Au cours des derniers mois, les indicateurs sanitaires ont montré une nette amélioration de la situation. Le nombre de cas et de décès liés au Mpox a progressivement diminué, permettant aux autorités d’envisager la levée de l’état d’urgence.

Déjà fin mars 2026, le gouvernement évoquait une « fin imminente » de l’épidémie, tout en maintenant provisoirement le statut d’urgence afin d’assurer une transition maîtrisée vers une gestion normale de la maladie.

Cette amélioration s’inscrit dans un contexte plus large où les institutions sanitaires africaines et internationales avaient déjà levé leurs alertes respectives, notamment après la baisse significative des cas à l’échelle continentale.

Les clés du succès de la riposte congolaise

Plusieurs facteurs expliquent la réussite de la RDC dans la maîtrise de cette épidémie :

  1. Une coordination nationale renforcée

Le gouvernement congolais a mis en place une stratégie centralisée, permettant une meilleure allocation des ressources et une réponse rapide sur l’ensemble du territoire.

  1. L’engagement des partenaires internationaux

Des organisations telles que l’OMS, Africa CDC et plusieurs ONG ont appuyé les efforts du pays, notamment dans les domaines de la surveillance, du diagnostic et de la prise en charge des patients.

  1. Le renforcement des capacités sanitaires

La RDC a amélioré ses infrastructures de santé, renforcé ses équipes médicales et développé des mécanismes de riposte rapide.

  1. La sensibilisation communautaire

Les campagnes de sensibilisation ont joué un rôle crucial dans la prévention et la détection précoce des cas, réduisant ainsi la propagation du virus.

  1. L’introduction de vaccins et traitements

Face à l’ampleur de la crise, les autorités avaient également envisagé l’utilisation de vaccins et de traitements antiviraux pour freiner la propagation de la maladie.

Une victoire… mais pas la fin de la vigilance

Malgré cette घोषणा, les autorités sanitaires appellent à la prudence. La fin de l’état d’urgence ne signifie pas l’éradication totale de la maladie.

Le Mpox reste en effet une maladie endémique dans certaines régions du pays. Les autorités ont donc décidé de maintenir un système de surveillance épidémiologique actif afin de détecter rapidement toute résurgence.

« La fin de l’urgence signifie que la maladie est sous contrôle, mais la vigilance reste de mise », soulignent les responsables sanitaires.

Cette phase marque ainsi une transition vers une gestion intégrée de la maladie dans le système de santé ordinaire.

Un symbole fort pour le système de santé congolais

La déclaration de la fin de l’épidémie constitue également un signal fort pour le système de santé congolais, souvent confronté à des défis majeurs, notamment en raison des conflits armés, de la pauvreté et du manque d’infrastructures.

Cette réussite démontre la capacité du pays à faire face à des crises sanitaires d’envergure, en s’appuyant sur une approche coordonnée et multisectorielle.

Elle renforce également la crédibilité des autorités sanitaires congolaises sur la scène internationale et pourrait encourager de nouveaux partenariats dans le domaine de la santé publique.

Un impact socio-économique non négligeable

Au-delà de l’aspect sanitaire, la fin de l’épidémie de Mpox représente un soulagement pour l’économie et la société congolaise.

Pendant plusieurs mois, la maladie avait perturbé certaines activités économiques, notamment dans les zones touchées. Les restrictions sanitaires, la peur de la contamination et la pression sur les structures de santé avaient également affecté la vie quotidienne des populations.

Avec la levée de l’état d’urgence, les autorités espèrent une reprise progressive des activités et un retour à la normale.

La fin de l’état d’urgence devrait notamment permettre la réduction des dispositifs exceptionnels dans les structures sanitaires, la réaffectation des ressources médicales vers d’autres priorités et un allègement des contraintes dans certaines zones affectées.

Une expérience à capitaliser pour l’avenir

La gestion de l’épidémie de Mpox offre des enseignements précieux pour l’avenir. Elle met en évidence l’importance :

d’un système de santé résilient,

d’une coordination efficace entre les acteurs,

d’une communication claire avec les populations,

et d’un investissement durable dans la prévention.

Ces leçons pourraient s’avérer cruciales face à d’éventuelles futures crises sanitaires, dans un contexte mondial marqué par la multiplication des épidémies.

La déclaration officielle de la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence nationale, ce 2 avril 2026, constitue une victoire importante pour la République démocratique du Congo. Elle témoigne des efforts conjoints du gouvernement, des professionnels de santé et des partenaires internationaux dans la lutte contre cette maladie.

Cependant, cette victoire reste fragile. La vigilance, la surveillance et le renforcement du système de santé demeurent essentiels pour éviter toute résurgence.

La RDC tourne ainsi une page importante de son histoire sanitaire récente, tout en gardant à l’esprit que la lutte contre les maladies infectieuses est un combat permanent.

Les autorités sanitaires n’excluent toutefois pas la possibilité de cas sporadiques dans les mois à venir, notamment dans les zones reculées. Elles appellent ainsi à maintenir les gestes de prévention et à renforcer le système de surveillance épidémiologique.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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