RDC : crise à l’AFDC — Bahati Lukwebo dénonce auprès de Tshisekedi l’audience accordée aux dissidents de son parti

Une nouvelle tension politique secoue la majorité présidentielle en République démocratique du Congo. L’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), dirigée par le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, a officiellement adressé un message de regret au président de la République, Félix Tshisekedi, à la suite d’une audience controversée accordée à des membres dissidents du parti au sein du bureau de l’Union sacrée de la nation.

Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, dont ACTUALITE.CD, cette réaction de l’AFDC intervient après une rencontre organisée au début de la semaine entre le secrétariat permanent de l’Union sacrée et un groupe de frondeurs mené par Otto Bahizi, qui conteste la direction actuelle du parti.

Une audience qui crée la polémique au sein de la majorité

D’après les informations publiées le vendredi 17 avril 2026, l’audience accordée aux dissidents de l’AFDC par les instances de l’Union sacrée n’a pas été bien accueillie par la direction officielle du parti.

Dans un mémorandum adressé directement au chef de l’État, l’AFDC a exprimé son mécontentement face à ce qu’elle considère comme une entorse grave aux règles de fonctionnement de la plateforme politique au pouvoir. Le parti estime que cette démarche viole la charte de l’Union sacrée, laquelle définit clairement les conditions de représentation des partis membres.

Pour les cadres et militants de l’AFDC, la réception d’un groupe dissident constitue un précédent dangereux, susceptible de fragiliser la cohésion interne de la majorité présidentielle.

L’AFDC dénonce une tentative de « duplication » du parti

Dans son message, le parti de Bahati Lukwebo va plus loin en dénonçant une tentative de « duplication » de l’AFDC orchestrée par des membres qu’il qualifie d’illégitimes.

Le document consulté par les médias souligne que ces dissidents avaient pourtant participé au dernier congrès du parti et pris part au vote ayant confirmé Bahati Lukwebo comme président national et autorité morale.

Ainsi, pour la direction officielle, il ne peut exister deux ailes reconnues du parti au sein de l’Union sacrée. Cette situation, si elle n’est pas rapidement clarifiée, pourrait entraîner une confusion politique et institutionnelle préjudiciable à la stabilité de la coalition.

Appel à l’arbitrage de Félix Tshisekedi

Face à cette crise interne, l’AFDC en appelle directement à l’autorité du président de la République, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions et de la légalité.

Dans son mémorandum, le parti demande notamment au chef de l’État :

de veiller au respect strict des textes régissant les partis politiques ;

de ne pas cautionner des actes jugés illégaux ;

de rappeler que seule la direction officielle de l’AFDC est habilitée à engager le parti au sein de l’Union sacrée ;

de préserver les droits et acquis politiques du regroupement.

Cet appel traduit la volonté du parti de maintenir sa position au sein de la majorité tout en refusant toute reconnaissance d’une faction dissidente.

Une crise interne persistante au sein de l’AFDC

Cette polémique s’inscrit dans un contexte de tensions internes persistantes au sein de l’AFDC depuis plusieurs semaines.

En mars 2026, un groupe de cadres du parti avait annoncé la destitution de Bahati Lukwebo et la mise en place d’une direction intérimaire dirigée par Otto Bahizi. Cette initiative avait été fermement rejetée par le camp officiel, qui avait dénoncé une démarche illégitime.

Les dissidents reprochent notamment à Bahati Lukwebo une gestion jugée opaque et des prises de position contraires à la ligne politique de l’Union sacrée.

De son côté, la direction officielle considère ces accusations comme infondées et insiste sur la légitimité issue des organes statutaires du parti.

L’Union sacrée face au défi de la cohésion

La situation met également en lumière les défis de cohésion au sein de l’Union sacrée, une large coalition politique créée autour du président Félix Tshisekedi et regroupant plusieurs partis aux sensibilités diverses.

Depuis sa création, cette plateforme repose sur un équilibre fragile entre ses différentes composantes. Toute reconnaissance implicite de factions dissidentes au sein d’un parti membre pourrait ouvrir la voie à d’autres contestations similaires.

Dans ce contexte, la gestion de la crise de l’AFDC apparaît comme un test important pour la solidité de la majorité présidentielle.

Otto Bahizi et les frondeurs passent à l’offensive

Du côté des dissidents, la stratégie semble clairement orientée vers une reconnaissance institutionnelle.

Après leur audience avec les responsables de l’Union sacrée, Otto Bahizi et ses alliés ont déclaré avoir saisi les instances de la plateforme pour demander la radiation de Bahati Lukwebo, qu’ils accusent de double jeu politique.

Ils reprochent notamment au leader de l’AFDC d’entretenir des positions ambiguës entre le pouvoir et ses opposants, une accusation qui renforce la fracture interne du parti.

Le rôle du ministère de l’Intérieur dans le conflit

Un autre élément clé de cette crise réside dans l’intervention du ministère de l’Intérieur.

Selon les informations disponibles, une correspondance datée du 14 avril 2026 a rejeté certaines résolutions issues du dernier congrès de l’AFDC, en raison de contestations formulées par les dissidents.

Cette décision administrative complique davantage la situation, en introduisant une dimension institutionnelle dans un conflit initialement interne au parti.

Entre loyauté et tensions politiques

Malgré ces turbulences, Bahati Lukwebo a récemment réaffirmé sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi et son attachement à l’Union sacrée.

Cette posture vise à rassurer sur sa fidélité à la majorité, tout en consolidant sa position face aux contestations internes.

Cependant, les tensions persistantes au sein de l’AFDC pourraient avoir des répercussions plus larges sur l’équilibre politique national, notamment si elles venaient à s’intensifier.

Une crise révélatrice des fragilités politiques

Au-delà du cas spécifique de l’AFDC, cette affaire met en évidence les fragilités structurelles des partis politiques congolais, souvent confrontés à des conflits de leadership et à des luttes d’influence.

Elle soulève également la question du respect des règles internes et des mécanismes de gestion des dissidences au sein des formations politiques.

L’expression de regret de l’AFDC à l’endroit du président Félix Tshisekedi marque une étape importante dans cette crise politique en cours.

Alors que les tensions internes persistent et que les dissidents cherchent à obtenir une reconnaissance officielle, le rôle d’arbitre du chef de l’État sera déterminant pour préserver l’unité de l’Union sacrée et éviter une escalade politique.

Dans un contexte national déjà marqué par de nombreux défis, cette affaire illustre une fois de plus la complexité du paysage politique congolais et la nécessité d’un dialogue interne renforcé pour garantir la stabilité des institutions.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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