
C’est un événement qui ne passe pas inaperçu dans le microcosme religieux et social de la République Démocratique du Congo. Un an après le décès de son épouse, Blanche Kandolo , figure discrète mais fortement respectée dans les milieux évangéliques, le célèbre pasteur Marcello Jérémie Tunasi s’apprête à contracter un nouveau mariage. L’union, annoncée pour ce mercredi 23 juillet 2025, suscite une vague d’émotions, de commentaires partagés et de réactions contrastées dans la capitale congolaise.
Une décision personnelle à portée publique
Le pasteur Marcello Tunasi n’est pas un inconnu. Fondateur de l’église La Compassion à Kinshasa, conférencier international, auteur et mentor de plusieurs serviteurs de Dieu à travers le monde, il incarne depuis deux décennies une figure incontournable du christianisme congolais moderne.
La perte tragique de son épouse en juillet 2024 avait plongé une grande partie de la communauté chrétienne dans le deuil. Ensemble, ils formaient un couple emblématique, souvent cité comme modèle dans les séminaires sur le mariage chrétien et la fidélité conjugale. Le choc fut donc profond, et le silence du pasteur après cette disparition avait renforcé l’image d’un homme profondément ébranlé.
Alors que beaucoup s’attendaient à une période de veuvage prolongée, voire permanente, l’annonce officielle de son remariage a été accueillie avec surprise et parfois indignation.
Entre acceptation biblique et choc culturel
La Bible ne condamne pas le remariage d’un veuf. L’apôtre Paul le souligne dans ses épîtres : « Si un homme perd sa femme, il est libre de se remarier, seulement que ce soit dans le Seigneur » (1 Corinthiens 7:39). D’un point de vue théologique, la démarche du pasteur Marcello est donc irréprochable.
Mais au-delà des textes sacrés, c’est le temps et le deuil collectif qui semblent poser problème. Un an après le décès de Blanche Kandolo, beaucoup de Kinois chrétiens fervents ou simples observateurs et estiment que la démarche du pasteur paraît précipitée. Sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent : « Il n’a même pas attendu que la douleur s’apaise », ou encore « Comment peut-on prêcher la fidélité éternelle et se remarier aussi rapidement ? ».
Les réactions dans les milieux religieux
Certaines figures pastorales soutiennent sans réserve leur confrère. Le pasteur est un homme, et un homme a des besoins affectifs, émotionnels, spirituels. Pour plusieurs serviteurs de Dieu, il est préférable de se remarier que de sombrer dans la solitude, voire dans la tentation. « Il est de notre devoir de soutenir notre frère dans ce choix courageux », affirme un responsable d’église de la place.
D’autres, plus prudents, rappellent que les leaders religieux, de par leur exemplarité attendue, doivent aussi composer avec la sensibilité collective. « Un pasteur est un repère. Quand il agit, il enseigne, même sans parler. Or, ici, les fidèles ne semblent pas prêts », observe un théologien basé à Kintambo.
La cérémonie prévue pour le 23 juillet 2025 devrait se dérouler dans un cadre privé mais sera inévitablement suivie de près par les médias, les fidèles, et même les curieux. Aucun détail officiel n’a été communiqué sur l’identité de la future épouse, mais plusieurs sources parlent d’une chrétienne engagée, proche du cercle pastoral du pasteur Tunasi.
Des dispositions sécuritaires auraient été renforcées autour du lieu de la célébration, signe que les organisateurs anticipent des débordements éventuels, ou du moins, une pression médiatique importante.
Ce débat autour du remariage de Marcello Tunasi révèle les tensions permanentes entre les normes bibliques et les sensibilités culturelles. Dans une société où les leaders religieux jouent un rôle moral aussi important, la moindre décision personnelle devient politique, sociale, voire identitaire.
L’émotion autour de Blanche Kandolo n’est pas simplement liée à sa personne, mais à l’image qu’elle incarnait : celle de l’épouse discrète, fidèle, aimante, engagée. Son départ a laissé un vide dans l’imaginaire spirituel collectif, et son remplacement si tôt est perçu par certains comme une trahison symbolique.
Mais il convient aussi de rappeler que la douleur du veuvage est intime, que l’homme de Dieu reste un homme, et que toute démarche, si conforme aux Écritures, mérite compréhension.
Le mariage du pasteur Marcello Tunasi ne sera pas seulement l’union de deux êtres. Il est devenu, malgré lui, le miroir des attentes, des frustrations, et des incompréhensions d’une société où la foi se mêle aux émotions. Qu’on soit pour ou contre, l’événement de ce 23 juillet restera un moment marquant dans la mémoire collective chrétienne congolaise.
Esaïe vumi objectif DK TV