
Depuis plus d’une semaine, plusieurs quartiers de la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, sont confrontés à une grave pénurie d’eau potable. Une situation qui affecte directement les ménages, mais surtout les structures sanitaires comme le centre de santé de Sayo, où les patients sont contraints de puiser de l’eau dans des puits artisanaux, exposant ainsi la population à un risque élevé de contamination au choléra.
Cette interruption prolongée de la fourniture d’eau survient alors que la province fait face à une flambée de cas de choléra. Déclarée officiellement au début du mois de juillet, l’épidémie a déjà fait près de 4 000 cas et plus de 250 décès dans 15 des 23 zones de santé que compte la Tshopo. Kisangani figure parmi les foyers les plus touchés.
Dans les centres de santé, le manque d’eau rend pratiquement impossible l’application des mesures d’hygiène de base. À Sayo, par exemple, les soignants déplorent le recours à des sources d’eau non contrôlées, comme des puits traditionnels, pour assurer les soins. « Sans eau, il est impossible de laver les mains, de nettoyer les instruments ou d’assurer un minimum d’assainissement », témoigne un infirmier sous couvert d’anonymat.
Dans une déclaration rendue publique le 25 juillet, la REGIDESO, en charge de la distribution d’eau, a pointé du doigt la SNEL (Société nationale d’électricité), accusée d’être à l’origine d’un câble électrique défectueux ayant paralysé le système de pompage. De son côté, la SNEL rejette cette version, évoquant un dysfonctionnement technique interne à la REGIDESO.
En attendant, ce bras de fer entre institutions techniques laisse les habitants sans solution concrète. Les appels à une collaboration urgente entre les deux services se multiplient, alors que la situation sanitaire ne cesse de se détériorer.
L’absence d’eau potable pousse la population à consommer de l’eau insalubre, augmentant considérablement les risques de propagation du choléra. Le docteur Bienvenue Ikomo, chef de la division provinciale de la santé, alerte : « Lorsque l’on consomme de l’eau ou des aliments contaminés, le choléra devient inévitable. L’eau potable est notre première barrière de protection. »
Les autorités sanitaires appellent à une intervention d’urgence, notamment la réparation rapide des infrastructures de la REGIDESO, la distribution d’eau potable dans les zones touchées, la désinfection des puits, ainsi qu’une campagne de sensibilisation renforcée auprès des populations.
Face à l’ampleur de la crise, la société civile exige que les autorités nationales et provinciales prennent des mesures immédiates. « Il ne s’agit pas d’un simple désagrément. C’est une urgence de santé publique. Chaque jour sans eau met des vies en danger», a déclaré un responsable d’une ONG locale.
La ville de Kisangani traverse une crise multisectorielle où l’absence d’eau potable, en pleine épidémie de choléra, pourrait provoquer un désastre humanitaire. La population, les soignants et les malades n’ont d’autre choix que d’attendre une réaction rapide et coordonnée des autorités compétentes.
Esaïe vumi objectif DK TV