
Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, vient de prendre une tournure explosive. Poursuivi pour un détournement présumé de 19,9 millions de dollars, l’ex-Garde des Sceaux contre-attaque en demandant la comparution de plusieurs figures de poids du gouvernement.
Dans une manœuvre inattendue mais stratégique, Mutamba a réclamé, à l’audience du 30 juillet 2025 devant la Cour de cassation, l’audition de personnalités clés, parmi lesquelles :
Judith Suminwa Tuluka, Première ministre en fonction ;
Rose Mutombo, son prédécesseure au ministère de la Justice ;
Jules Alingete, ancien patron redouté de l’Inspection Générale des Finances (IGF) ;
Didier Budimbu, actuel ministre des Sports ;
Alexis Gisaro, ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITPR) ;
Kisula Betika Yeye Adler, secrétaire exécutif de la CENAREF ;
Et plusieurs autres responsables de l’administration publique et du gouvernement.
Pour Mutamba, il s’agit de mettre en lumière toutes les responsabilités partagées dans l’affaire du fonds destiné à la construction d’une prison pour femmes à Kisangani – un projet désormais au cœur d’un scandale national.
Accusé d’avoir orchestré un montage financier douteux via la société Zion Construction SARL, Mutamba rejette en bloc les accusations. Il affirme que toutes les décisions prises – y compris le décaissement des fonds – l’ont été en accord avec le gouvernement et sur base des instructions reçues.
“Je ne suis pas un bouc émissaire. Le gouvernement était informé, la Première ministre a autorisé, l’IGF a contrôlé, le dossier était suivi par tous les services concernés !”, a-t-il lancé devant les juges.
En clair, il refuse de tomber seul, et veut démontrer que s’il y a responsabilité, elle est collective.
Ce procès n’est pas seulement judiciaire. Il met en lumière les tensions internes au sein de l’exécutif et risque de dévoiler les dessous de certains mécanismes de gestion financière de l’État. Le silence ou la comparution de ces hauts cadres pourrait avoir un effet politique dévastateur.
La Cour de cassation rendra sa décision le 4 août 2025, lors de la reprise de l’audience. Elle devra dire si les noms cités seront appelés à la barre pour éclairer l’affaire.
Une affaire à suivre de très près. Car si la Cour donne suite, le procès Mutamba pourrait bien devenir le plus explosif de l’ère Tshisekedi.
Esaïe vumi objectif DK TV