
« Je suis bel et bien vivant, mais contraint de fuir mon pays », selon des proches. Le LGD dénonce une persécution d’État.
Après plus de deux mois d’un silence assourdissant, Augustin Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre congolais et figure de proue de l’opposition, est vivant. Mieux : il est en sécurité, mais en exil forcé. L’annonce a été faite ce samedi lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa par le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), son parti politique, par la voix de son secrétaire général, Franklin Tshamala.
« Matata Ponyo est bel et bien vivant et en sécurité. Il a été contraint de quitter la RDC pour préserver son intégrité physique et sa vie. Ce n’est pas une fuite, c’est une conséquence directe d’une persécution politique organisée par le régime en place », a martelé M. Tshamala, devant un parterre de journalistes visiblement stupéfaits.
Depuis sa condamnation le 20 mai 2025 par la Cour constitutionnelle à 10 ans de travaux forcés pour détournement de fonds dans l’affaire Bukanga-Lonzo, l’ancien chef du gouvernement sous Joseph Kabila avait disparu des radars. Aucun communiqué, aucun message public, aucun signal : un mutisme qui avait fait naître les pires rumeurs, y compris celle de sa possible détention secrète ou d’un empoisonnement.
Mais ce samedi 2 août, coup de théâtre. Le LGD rassure : Matata Ponyo est vivant. Il aurait réussi à quitter discrètement le pays grâce à des réseaux de protection encore non identifiés. Le lieu exact de son exil n’a pas été révélé pour des raisons de sécurité, mais il serait à l’étranger, dans un État « ami de la liberté et des droits humains ».
Le 20 mai, la Cour constitutionnelle avait reconnu Augustin Matata Ponyo coupable de détournement de deniers publics, dans le cadre du tristement célèbre projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, une initiative phare de son mandat dont les fonds auraient été siphonnés.
Les sanctions :
10 ans de travaux forcés
Confiscation de ses biens
Déchéance de ses droits civiques pendant 5 ans
Radiation de toutes les fonctions politiques
Mais pour ses proches, il ne s’agissait que d’une manipulation judiciaire visant à le neutraliser politiquement, alors qu’il avait exprimé son intention de se porter candidat à .la présidentielle de 2028
Selon Franklin Tshamala, les circonstances ayant précédé le départ de Matata Ponyo sont dignes d’un film noir :
« Il a subi des menaces directes contre sa personne. Sa résidence à Kinshasa a été discrètement encerclée, ses comptes bancaires gelés, son passeport confisqué, et même sa fille a été empêchée de voyager. Tout a été mis en place pour l’humilier, l’isoler et le réduire au silence. »
Le LGD parle d’une tentative d’empoisonnement, de harcèlement judiciaire systématique, et d’une campagne de diabolisation orchestrée par le pouvoir en place.
D’après plusieurs sources internes au parti, Matata Ponyo prépare déjà sa riposte politique depuis l’étranger. Il entend porter plainte devant des juridictions internationales, dont la Cour africaine des droits de l’homme, et mobiliser la diaspora congolaise autour d’un projet de « résistance contre la dérive autoritaire du régime actuel ».
« Il ne s’agit pas d’une fuite, mais d’un repositionnement stratégique », insiste Tshamala.
Le Leadership et Gouvernance pour le Développement appelle ses militants à demeurer calmes mais vigilants, tout en poursuivant la lutte pour la démocratie, la justice et l’État de droit.
« Nous avons franchi une ligne rouge. Aujourd’hui, c’est Matata. Demain, ce sera qui ? Aucun opposant n’est désormais à l’abri », s’alarme encore Tshamala.
Une série de marches pacifiques est annoncée dans plusieurs villes du pays, notamment à Kinshasa, Matadi et Goma, pour exiger la levée des sanctions contre Matata Ponyo et la fin de l’instrumentalisation de la justice.
Le cas Matata Ponyo devient désormais un symbole de la lutte pour les libertés démocratiques en RDC. Son exil forcé renforce le climat de suspicion sur l’indépendance de la justice et soulève une nouvelle vague d’inquiétude quant à l’avenir de l’opposition politique dans le pays.
La question désormais : combien de voix devront encore s’exiler pour que la démocratie respire à nouveau en RDC ?
Esaïe vumi objectif DK TV
UDPS Déçoit