
Dans une déclaration solennelle faite en marge du forum « Génocost 2025 » ce samedi 02 août 2025 , le président congolais Félix Antoine Tshisekedi a levé le ton contre les atrocités commises à l’Est de la République démocratique du Congo. Il accuse ouvertement le Rwanda et ses supplétifs du groupe rebelle M23/AFC d’avoir mis en place une stratégie de terreur généralisée, marquée par des crimes à grande échelle contre les populations civiles.
« Ce que nous vivons dans l’Est n’est pas un simple conflit armé. C’est une politique d’extermination silencieuse, un génocide à bas bruit », a martelé le chef de l’État, appelant la communauté internationale à sortir de son silence.
Le gouvernement congolais et plusieurs rapports internationaux dressent un tableau accablant des exactions commises depuis février 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les rebelles du M23, appuyés logistiquement et militairement par Kigali, ont pris le contrôle de plusieurs localités.
Les accusations de Kinshasa sont lourdes :
Violences sexuelles systématiques : des dizaines de femmes violées lors des offensives sur Bukavu, Masisi et Sake. Des viols collectifs ont été rapportés, souvent accompagnés de tortures.
Massacres de civils : des fosses communes ont été découvertes dans plusieurs villages conquis par les rebelles. À Kirumba, plus de 70 civils, dont des enfants, ont été exécutés sommairement, selon un rapport de la MONUSCO.
Enrôlement forcé d’enfants : des mineurs de 12 à 16 ans, parfois enlevés dans leurs écoles ou villages, ont été utilisés comme porteurs, espions ou combattants en première ligne.
Destruction massive d’infrastructures : écoles, centres de santé, églises, marchés… tout est systématiquement pillé, incendié ou occupé. À Bukavu, un dépôt du Programme Alimentaire Mondial contenant plus de 6 800 tonnes de vivres a été saccagé.
Exécutions ciblées : plusieurs leaders communautaires, prêtres, enseignants et chefs coutumiers ont été tués après des opérations « de nettoyage » dans les zones occupées.
Pillages organisés : les forces du M23/AFC, selon les témoignages, procèdent à des pillages planifiés : boutiques, pharmacies, hôpitaux, maisons d’habitation… tout est vidé.
Le président Tshisekedi exhorte les Nations Unies, l’Union africaine et les grandes puissances à qualifier les faits de génocide et à imposer des sanctions sévères contre le Rwanda et ses responsables militaires. Il a notamment cité les articles du Statut de Rome pour soutenir ses accusations devant les juridictions internationales.
« L’impunité nourrit la répétition. Il est temps que les crimes de l’Est du Congo ne soient plus perçus comme un fait divers africain », a-t-il lancé dans une adresse diffusée à la télévision nationale.
Cette sortie du président congolais intervient alors que les tensions diplomatiques avec Kigali ont atteint un seuil critique. Des démarches seraient en cours auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour que soit ouverte une enquête internationale sur les exactions du M23/AFC et leur soutien rwandais.
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a d’ailleurs déjà documenté plus de 3 000 morts et 2 900 blessés civils entre février et mai 2025, dans ce que plusieurs analystes n’hésitent plus à qualifier de crime contre l’humanité.
L’heure n’est plus à l’indignation feutrée. Pour Kinshasa, les crimes commis par le M23/AFC avec le soutien du Rwanda constituent une entreprise de déstabilisation planifiée, méthodique, sanglante. La balle est désormais dans le camp de la communauté internationale.
Esaïe vumi objectif DK TV