
- Une nouvelle inquiétante dans la nuit du 16 au 17 août
C’est dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 août 2025 qu’un bus de la société de Transport en commun au Congo (Transco) aurait été victime d’un incendie sur l’avenue Congo-Japon, dans la commune de Limete, quartier Kingabwa. L’information, relayée dans la matinée du 17 août par la page InfosPlus RDC, provient d’une source humanitaire locale mais ne dispose, à ce jour, d’aucune confirmation par un média institutionnel (ACP, Radio Okapi, 7sur7.cd, etc.).
Selon cette source, contrairement aux rumeurs évoquant une explosion ou un feu dans l’entrepôt de la société, l’incident se serait produit sur la voie publique. Le commandant des pompiers de Kinshasa, Mugiama Kangafu, cité par InfosPlus RDC, a précisé que le bus en question aurait pu être épargné si l’entreprise allaitée avait été équipée d’extincteurs, soulignant qu’il avait déjà alerté les responsables de Transco à plusieurs reprises sur cette question. En l’absence de réponse favorable, le véhicule a été entièrement consumé.
Aucune victime humaine n’est signalée pour l’instant, et la nature exacte du feu — accidentelle, technique ou causée par un tiers — reste à établir. La direction de Transco n’a pas encore réagi officiellement à cette publication.
Un autre témoin, habitant du quartier voisin de Kingabwa, raconte :
« J’ai vu le bus s’arrêter brusquement, puis de la fumée noire a commencé à sortir du moteur. Quelques minutes après, les flammes ont envahi tout le véhicule. Heureusement qu’il n’y avait plus de passagers à l’intérieur. Mais ce qui m’a choqué, c’est que personne n’avait d’extincteur pour essayer de maîtriser le feu. On a seulement regardé le bus brûler jusqu’à l’arrivée des pompiers. »
- Pourquoi cela retient l’attention : se prémunir pour éviter le pire
Le fait qu’un simple bus ait été incendié en pleine rue et entièrement détruit souligne plusieurs problématiques :
Fragilité structurelle : même un incident localisé révèle le manque de dispositions rudimentaires pour la protection des actifs de Transco — ici, l’insuffisance d’équipement de base comme les extincteurs.
Impasse du contrôle interne : le commandant des pompiers explique avoir sollicité les autorités de l’entreprise depuis des mois pour renforcer la sécurité des véhicules, sans succès.
Risques de propagation émotionnelle : dans un contexte où Transco est déjà confrontée à une réputation fragile, ce genre d’accident, s’il se répète ou se retrouve amplifié, peut aggraver la méfiance des usagers et du personnel.
Un usager régulier rencontré sur place ajoute :
« Chaque jour, nous prenons ces bus parce que c’est le seul moyen de transport un peu abordable. Mais si ça prend feu comme ça, nous ne sommes plus en sécurité. Le gouvernement doit vraiment s’occuper de Transco. »
- Transco, le reflet d’une entreprise publique en difficulté
Pour bien comprendre la portée de cet incident, il est utile de replacer Transco dans son contexte plus vaste. Créée en juin 2013, Transco avait initialement été dotée de 500 bus de marques Tractafric et Mercedes, avec la mission d’assurer la mobilité à Kinshasa. Les ambitions étaient grandes : relier toutes les communes, moderniser le transport urbain et proposer un service sûr pour les habitants.
Mais aujourd’hui, la réalité est très différente : un parc réduit à moins de 100 véhicules en circulation, des lignes urbaines abandonnées, et une dépendance chronique à des subventions irrégulières, compensant partiellement l’insuffisance des recettes tarifaires figées à un niveau obsolète (500 FC).
Les failles béantes de gouvernance (conflits internes, arrêts de subventions, recettes biaisées) creusent encore la crise. Ces dysfonctionnements, documentés notamment par Actualite.cd et CongoQuotidien, ne sont pas de simples lacunes managériales : ils mettent en péril la capacité même de Transco à survivre en tant que réseau public fiable de transport urbain.
Des incidents tragiques comme l’incendie du parc de Masina en octobre 2024 — plusieurs bus détruits, dont beaucoup hors service — avaient jusque-là suscité une réaction institutionnelle immédiate, mais l’écho reste limité tant qu’une gestion d’ensemble cohérente fait défaut.
- Le déroulé de l’incident à Limete
Selon les témoins, le bus aurait commencé à fumer peu après avoir quitté l’arrêt de Kingabwa. Des riverains ont tenté de prévenir le conducteur, qui a stoppé le véhicule au milieu de la chaussée. En quelques minutes, le feu a envahi le moteur et la cabine, générant une épaisse fumée noire visible à plusieurs centaines de mètres.
Les pompiers sont intervenus rapidement, mais sans extincteurs dans le bus, il a été impossible de limiter la propagation. La circulation sur l’avenue Congo-Japon a été paralysée pendant près d’une heure, provoquant des embouteillages et l’angoisse des riverains.
Un conducteur d’une autre ligne Transco raconte :
« Nous avons souvent peur de prendre la route. Nos bus sont vieux, mal entretenus, et il n’y a pas assez d’équipements de sécurité. Chaque jour, nous roulons avec l’inquiétude que quelque chose de grave se produise. »
- Vers un mouvement de réaction : sortir des vérifications, exiger des solutions
Si cet incident de Limete était confirmé, il devrait provoquer une double réaction :
Immédiate : installation d’extincteurs dans tous les véhicules, sensibilisation urgente du personnel, inspection des flottes.
Structurelle : réévaluation des protocoles de sécurité, engagement budgétaire pour l’équipement, mise en place de procédures d’inspection régulières.
Des mesures complémentaires pourraient inclure : formation des conducteurs au secourisme, partenariat avec des entreprises privées pour le renouvellement de la flotte, et assurances contre les incendies.
- Un incident qui alerte sur l’urgence de la réforme
Cet incendie — encore provisoire — s’inscrit dans une trajectoire de crise continue pour Transco : des bus en feu à Masina, des attaques prétendues de sabotage, une gouvernance chaotique, des ressources rares, et désormais l’absence de sécurité élémentaire. Peuvent-ils réellement faire face aux attentes d’une capitale comme Kinshasa, en pleine croissance démographique et congestion urbaine ?
Chaque incident, même mineur, érode un peu plus la confiance du public et met en lumière la vulnérabilité du réseau de transport urbain. Du côté institutionnel, l’opinion attend désormais une prise de position claire. Le ministère des Transports et Voies de communication, ainsi que le gouvernement provincial de Kinshasa, devraient logiquement réagir dans les heures ou jours à venir.
Une communication officielle permettrait de confirmer ou d’infirmer les informations diffusées par InfosPlus RDC, de préciser les circonstances exactes de l’incendie et surtout d’annoncer des mesures concrètes. Faute d’une telle réaction, le risque est grand de voir s’installer un climat de rumeurs, de méfiance et d’inquiétude chez les usagers déjà éprouvés par la rareté et la vétusté des bus Transco.
Esaïe Vumi – Objectif DK TV