RDC : Adolphe Muzito vise un budget record de 13 milliards USD pour 2026

Une ambition audacieuse pour relancer la croissance et moderniser les finances publiques

Date de l’information : mardi 19 août 2025 — Kinshasa

« Et si 2026 marquait un tournant historique pour les finances de la RDC ? Le gouvernement vise un budget record de 13 milliards USD, un pari audacieux dans un contexte économique fragile. »

la République Démocratique du Congo a franchi un nouveau tournant dans la gestion de ses finances publiques. Lors d’une réunion stratégique tenue à Kinshasa, le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, accompagné du ministre des Finances, Doudou Fwamba, a affiché une ambition claire : porter les recettes courantes de l’État à 13 milliards de dollars américains dans le cadre du projet de loi de finances pour l’exercice 2026.

Cette annonce marque un changement de cap majeur. Alors que la loi de finances rectificative 2025 estimait les recettes courantes à 9,9 milliards USD, le gouvernement souhaite franchir un palier inédit, avec une hausse de près de 3,1 milliards USD. C’est une étape cruciale pour redonner souffle à l’économie congolaise et accroître la souveraineté budgétaire du pays.

Contexte économique chiffré :

« En 2025, la RDC affiche un PIB estimé à 69 milliards USD, une croissance de 4,2 % et une inflation proche de 18 %. Le pays reste fortement dépendant du secteur minier, qui représente 65 % des recettes publiques. »

Un objectif ambitieux dans un contexte complexe

Les chiffres clés : entre projections et réalités

Avant cette réunion, les conférences budgétaires nationales, tenues du 28 juillet au 11 août 2025, avaient établi des projections de recettes courantes pour 2026 à 11 milliards USD. Ces prévisions étaient légèrement inférieures au cadre budgétaire à moyen terme adopté en juillet, qui tablait sur 11,7 milliards USD.

En visant 13 milliards USD, le gouvernement d’Adolphe Muzito affiche donc une ambition qui dépasse largement les estimations précédentes. Cette progression représente une hausse de près de 31 % par rapport aux recettes attendues en 2025.

Détails sur le financement :

« Selon le ministère des Finances, 55 % des recettes proviendront des impôts et taxes, 30 % des ressources minières et pétrolières, et 15 % des aides et partenariats internationaux. »
Référence budgétaireMontant estimé

Loi de finances rectificative 20259,9 milliards USD
Projections des conférences budgétaires11 milliards USD
Cadre budgétaire à moyen terme11,7 milliards USD
Objectif fixé par Muzito13 milliards USD

La réunion du 19 août : un appel à la mobilisation

La rencontre du 19 août 2025 a rassemblé les dirigeants des principales régies financières : la DGI (Direction Générale des Impôts), la DGDA (Direction Générale des Douanes et Accises) et la DGRAD (Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participation).

Selon Rolly Lengo, directeur de la Direction Générale de Politique et Programmation Budgétaire (DGPPB), cette réunion visait à fixer une nouvelle feuille de route. Les régies financières ont été invitées à proposer des stratégies innovantes pour accroître la mobilisation des recettes internes.

Adolphe Muzito a été ferme dans son discours :

« Nous devons franchir la barre des 13 milliards USD. C’est un défi national qui exige discipline, transparence et innovation dans la gestion des finances publiques. »
Les leviers pour atteindre 13 milliards USD

Pour réussir ce pari, le gouvernement compte s’appuyer sur plusieurs axes stratégiques :

  1. Moderniser les régies financières

La digitalisation est au cœur de la réforme. L’État prévoit :

La mise en place de plateformes numériques pour les paiements d’impôts et taxes.

L’automatisation des procédures de collecte des recettes.

Le renforcement des mécanismes de traçabilité pour lutter contre la fraude.

  1. Lutter contre l’évasion fiscale

Chaque année, des milliards de francs congolais échappent au Trésor public à cause de la fraude et de la contrebande. Muzito a annoncé la création d’une cellule spéciale de contrôle fiscal destinée à :

Identifier les zones de fuite des recettes.

Sécuriser les postes frontaliers stratégiques.

Sanctionner les fraudes fiscales à grande échelle.

  1. Élargir l’assiette fiscale

Le gouvernement prévoit d’intégrer de nouveaux contribuables, notamment dans les secteurs :

Minier et pétrolier,

Commerce informel,

Services numériques.

L’objectif : passer de 18 % de contribuables actifs à plus de 30 % d’ici fin 2026.

Les propos de Doudou Fwamba : un appel au civisme fiscal

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a insisté sur la responsabilité citoyenne :

« La réussite de cette ambition dépend de nous tous. Les Congolais doivent s’approprier le civisme fiscal pour permettre à l’État d’assurer ses missions sociales et économiques. »

Un plan national de sensibilisation sera lancé dès septembre 2025 pour encourager les citoyens et les entreprises à déclarer et payer leurs impôts à temps.

Un enjeu économique et politique majeur

Pour l’économie : relancer la croissance

Si l’objectif des 13 milliards USD est atteint, le gouvernement disposera de ressources accrues pour :

Financer la réhabilitation des infrastructures : routes, ponts, hôpitaux et écoles.

Soutenir la diversification économique, notamment dans l’agriculture et l’industrie locale.

Renforcer les programmes sociaux pour améliorer le pouvoir d’achat des Congolais.

Pour la politique : asseoir la crédibilité du gouvernement

Cette annonce intervient alors qu’Adolphe Muzito vient de prendre officiellement ses fonctions au ministère du Budget, le 12 août 2025, succédant à Aimé Boji. Elle est perçue comme un signal fort pour affirmer son leadership et démontrer la capacité du gouvernement à tenir ses promesses.

Les défis à surmonter

L’ambition est grande, mais les obstacles restent nombreux :

Pressions macroéconomiques : l’inflation et l’instabilité du franc congolais peuvent fragiliser la projection.

Dépendance au secteur minier : 65 % des recettes proviennent des mines, rendant le pays vulnérable aux fluctuations mondiales.

Corruption persistante : malgré les réformes, les détournements restent un frein majeur.

Acceptation sociale : augmenter les recettes suppose parfois de nouvelles taxes, impopulaires auprès de la population.

un pari pour la souveraineté budgétaire

Le 19 août 2025 restera une date clé pour la politique budgétaire congolaise. En visant 13 milliards USD de recettes courantes, le gouvernement d’Adolphe Muzito affiche une ambition audacieuse et un cap clair : moderniser la gestion des finances publiques, renforcer la mobilisation des ressources internes et financer un développement durable.

Cependant, cette trajectoire exige rigueur, transparence et cohésion nationale. Les prochains mois seront décisifs : si les réformes annoncées sont appliquées efficacement, la RDC pourrait entrer dans une nouvelle ère de stabilité budgétaire et de croissance économique.

« Si la barre des 13 milliards USD est franchie, la RDC pourrait entrer dans une nouvelle ère de souveraineté budgétaire. Mais une question demeure : le gouvernement saura-t-il transformer cette ambition en réalité ? »

Esaïe vumi objectif DK TV

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