
Une nuit d’angoisse et de désolation pour les commerçants du marché de Matadi-Kibala, situé dans la commune de Mont-Ngafula, à l’ouest de Kinshasa. Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du lundi 30 juin au mardi 1er juillet, ravageant une grande partie de ce centre névralgique du commerce local. L’origine du sinistre n’était toujours pas connue au moment de la rédaction de cet article.
D’après les témoignages de plusieurs riverains et vendeurs, le feu aurait débuté vers minuit, dans un secteur encore non identifié du marché, avant de se propager rapidement à d’autres étals. La présence de nombreuses installations en matériaux inflammables, notamment des planches, tôles et bâches en plastique, a favorisé l’intensité et la rapidité de la propagation des flammes.
« Nous avons entendu des crépitements, puis des cris d’alerte. Quand nous sommes sortis, tout brûlait déjà. Le feu était trop puissant », raconte un habitant du quartier voisin, encore sous le choc.
Au lever du jour, le constat était alarmant. Des dizaines de stands ont été totalement détruits, emportant avec eux des stocks de marchandises estimés à plusieurs millions de francs congolais. Riz, haricots, vêtements, denrées alimentaires, appareils électroménagers, tout est parti en fumée. Des commerçants, majoritairement des femmes, erraient encore dans les décombres au petit matin, tentant de sauver ce qui pouvait l’être. L’émotion était palpable.
« J’ai tout perdu. J’avais emprunté de l’argent pour acheter mes produits. Aujourd’hui je ne sais plus quoi faire », déclare une vendeuse en larmes.
L’intervention des services de secours, notamment de la protection civile et de la brigade anti-incendie de la ville de Kinshasa, a été jugée tardive et insuffisante par plusieurs témoins. Le manque d’équipement, l’enclavement du marché, combiné à l’absence d’un réseau d’eau à proximité, a considérablement limité l’efficacité des opérations d’extinction.
« Ce n’est pas la première fois qu’un marché prend feu à Kinshasa. Et pourtant, on continue de manquer de moyens pour réagir efficacement », s’insurge un chef de quartier.
À ce stade, l’origine de l’incendie demeure inconnue. Des sources évoquent la possibilité d’un court-circuit électrique, tandis que d’autres n’écartent pas un acte criminel. Une enquête a été ouverte par les services compétents pour faire toute la lumière sur ce sinistre.
Ce nouveau drame remet sur la table la question de la vulnérabilité des marchés urbains à Kinshasa. Manque de planification urbaine, branchements électriques anarchiques, absence de systèmes anti-incendie, constructions précaires : les marchés de la capitale semblent être des bombes à retardement.
Des voix s’élèvent pour exiger des réformes structurelles, notamment la mise en place de systèmes de sécurité incendie, la modernisation des infrastructures, et une meilleure organisation des espaces de négoce.
« Nous ne pouvons pas continuer à reconstruire tous les cinq ans sur des cendres. Il faut une politique urbaine sérieuse », a déclaré un représentant de la société civile locale.
Pour l’heure, les autorités de la ville n’ont pas encore communiqué un bilan officiel, ni annoncé d’éventuelles mesures d’accompagnement pour les victimes. Les commerçants de Matadi-Kibala attendent des réponses et, surtout, du soutien.
Esaïe vumi objectif DK