Muanda (Kongo-Central), 1er septembre 2025 — Une rentrée scolaire empreinte de citoyenneté et d’espérance

Dès les premières heures de la matinée, l’atmosphère qui régnait à l’École primaire Saint Louis était à la fois électrique et solennelle. Sous un ciel légèrement voilé, des centaines d’élèves en uniforme bleu et blanc s’étaient rassemblés dans la cour de l’établissement, le visage rayonnant de joie, leurs cartables flambant neufs accrochés sur le dos. Des chants d’accueil entonnés par les enfants résonnaient, créant une ambiance de fête.

Les parents, nombreux à avoir accompagné leurs enfants, formaient de petits groupes sous les arbres, échangeant des sourires, des félicitations et parfois des inquiétudes. Plusieurs d’entre eux témoignaient de leur espoir de voir cette nouvelle année scolaire marquer un tournant pour leurs enfants. « Cette rentrée représente beaucoup pour nous, surtout avec la gratuité de l’enseignement. On veut que nos enfants aient un avenir meilleur », confie Madame Béatrice, mère de deux élèves de 3ᵉ primaire.

Lorsque la ministre d’État, Raïssa Malu, a fait son entrée dans la cour, l’émotion a atteint son comble. Escortée par les autorités provinciales du Kongo-central, elle a été accueillie par des applaudissements nourris, des chants patriotiques et des slogans en faveur de l’éducation pour tous. Les enfants, alignés en rangs impeccables, brandissaient de petits drapeaux de la République démocratique du Congo, créant une mer de couleurs bleu, rouge et jaune.

La cérémonie officielle a débuté par l’hymne national, chanté à l’unisson par les élèves, les enseignants, les parents et les invités. L’ambiance était solennelle mais teintée d’un espoir collectif. Les enseignants, debout aux côtés de leurs élèves, affichaient un mélange de fierté et de responsabilité, conscients de leur rôle crucial dans la formation de la prochaine génération.

Après le discours de la ministre, invitant les élèves à embrasser le civisme, l’excellence et la discipline, plusieurs animations culturelles ont égayé la matinée : danses traditionnelles, récitations de poèmes et saynètes interprétées par les enfants. La joie était palpable, mais au-delà de l’aspect festif, on sentait un profond sentiment de renouveau.

Dans les allées de l’école, les discussions portaient sur les défis à relever : améliorer la qualité des infrastructures, doter les écoles de matériels pédagogiques, renforcer la formation des enseignants. Mais, malgré ces préoccupations, l’ambiance restait optimiste.

La cérémonie s’est achevée dans une salve d’applaudissements, laissant place aux premiers cours de l’année. Les cris des enfants retentissaient dans les couloirs, témoignant de leur enthousiasme. Pour beaucoup, cette rentrée ne marque pas seulement le début d’une année scolaire : elle symbolise un nouveau départ pour toute une communauté.

Un lancement officiel sous le signe de la citoyenneté

Ce lundi 1er septembre 2025, à 7h30, l’année scolaire 2025-2026 a été officiellement inaugurée par Raïssa Malu, Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, à l’École primaire Saint-Louis de Muanda, dans la province du Kongo-Central . Cette cérémonie a marqué un moment symbolique, renforcé par le choix de cette école historique pour lancer la nouvelle année éducative.

Déployée sous le thème « Vivre ensemble dans la paix », cette rentrée vise à renforcer la cohésion sociale dès les premières heures de l’année scolaire .

Une dynamique éducative nationale

La rentrée scolaire ne s’est pas cantonnée à Muanda : elle a été effective sur toute la RDC, de Kinshasa à Bunia, en passant par l’Ituri, le Plateau et le Kongo-Central . Dès ce premier jour, certains établissements de la capitale ont observé une taux de présence atteignant 80 % .

29 millions d’élèves attendus : une mobilisation d’ampleur

Le gouvernement congolais a mobilisé 29 millions d’élèves, y compris dans des zones affectées par l’insécurité, pour cette rentrée 2025-2026. Il réaffirme ainsi son engagement pour l’accès équitable à l’éducation, la gratuité de l’enseignement primaire, l’égalité des chances, la qualité éducative et l’intégration du numérique en classe .

Rentrée scolaire 2025-2026 : ce que disent parents et élèves

Au-delà des discours officiels, ce sont les parents et les élèves qui donnent à la rentrée scolaire sa véritable résonance. À l’École primaire Saint Louis de Muanda, où la ministre d’État Raïssa Malu a lancé officiellement l’année scolaire 2025-2026, les témoignages recueillis traduisent à la fois l’enthousiasme, les attentes et les inquiétudes de la communauté éducative.

« Nous voulons que nos enfants réussissent » : la voix des parents

Pour de nombreux parents présents à la cérémonie, la rentrée scolaire représente un sacrifice financier et un espoir profond.
Mme Chantal K., vendeuse au marché de Muanda, confie :

« Nous nous battons chaque jour pour acheter les uniformes, les cahiers, les souliers. Même si l’école est gratuite, il y a toujours des dépenses. Mais nous faisons cet effort parce que nous voulons que nos enfants réussissent mieux que nous. »

D’autres parents insistent sur la qualité de l’enseignement. M. André N., père de trois enfants, déclare :

« Nos enfants vont à l’école, c’est une bonne chose. Mais il faut que les enseignants soient motivés et que le programme les prépare vraiment à affronter la vie. Nous ne voulons pas seulement des diplômes, nous voulons des compétences. »

Certains évoquent également les conditions d’apprentissage. Une maman, visiblement préoccupée, lance :

« Dans certaines classes, ils sont trop nombreux. Comment un maître peut-il bien suivre plus de soixante enfants ? Nous demandons au gouvernement de construire plus d’écoles. »

La parole aux élèves : entre joie et inquiétudes

Chez les élèves, l’enthousiasme est palpable. Beaucoup étaient venus en uniforme, cartable au dos, impatients de retrouver leurs camarades et de commencer une nouvelle année.

Sarah, 11 ans, élève de 6e primaire, explique avec un sourire timide :

« J’aime beaucoup les mathématiques et je veux devenir ingénieure. Je suis contente de retourner à l’école parce que j’apprends des choses nouvelles chaque jour. »

Pour d’autres, la rentrée est aussi source de stress. Junior, 13 ans, avoue :

« Je suis content de voir mes amis, mais j’ai peur des examens. Parfois on n’a pas de livres pour réviser et c’est difficile. »

Certains expriment même un désir de changement. Grâce, 12 ans, lance :

« J’aimerais que nous ayons une bibliothèque ou un ordinateur à l’école. On nous parle d’Internet, mais nous ne savons même pas comment ça marche. »

Une rentrée pleine d’attentes partagées

À travers ces voix, une même aspiration se dessine : que l’école congolaise devienne un véritable levier de réussite et d’égalité des chances. Parents et élèves attendent non seulement un enseignement accessible, mais surtout un enseignement de qualité, capable de préparer les enfants à affronter les réalités du monde moderne.

Comme le résume un parent avec émotion :

« L’éducation est notre seul héritage. Si le pays investit dans nos enfants, alors demain la RDC sera différente. »

Éducation en RDC : Les grands défis à relever pour l’année scolaire 2025-2026

Si le lancement officiel de l’année scolaire 2025-2026 à l’École primaire Saint Louis a été marqué par une ambiance festive et un espoir collectif, il ne masque pas les nombreux défis structurels auxquels fait face le système éducatif congolais. La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, l’a reconnu dans son discours : l’accès à l’école n’est que la première étape, mais la qualité de l’enseignement reste un combat à mener.

  1. Le manque criant d’infrastructures scolaires

Malgré les efforts du gouvernement, de nombreuses écoles du pays manquent encore de salles de classe décentes. Dans plusieurs provinces, des élèves sont contraints d’étudier à même le sol, sous des toitures délabrées ou parfois même en plein air, faute de bâtiments adéquats.

La croissance démographique rapide accentue la pression : des classes surpeuplées accueillent parfois plus de 70 élèves pour un seul enseignant, une situation qui compromet sérieusement la qualité de l’apprentissage. La ministre a promis d’accélérer la construction et la réhabilitation des infrastructures, mais la tâche reste immense.

  1. La formation et la motivation des enseignants

La réussite scolaire passe par des enseignants bien formés, motivés et correctement rémunérés. Or, beaucoup d’enseignants, surtout dans les zones rurales, travaillent sans formation pédagogique adéquate.

S’ajoute à cela la question des salaires. Les retards de paiement, les inégalités de traitement et l’absence d’un véritable plan de carrière démotivent bon nombre d’enseignants. Une réforme profonde de la politique salariale et de la formation continue est nécessaire pour garantir un enseignement de qualité.

  1. L’insuffisance des manuels et du matériel pédagogique

Dans plusieurs écoles, les élèves partagent encore un seul manuel pour trois ou quatre camarades. Certains enseignants improvisent leurs cours faute de ressources adaptées.

La ministre a annoncé la mise en place d’un plan de dotation en manuels scolaires et kits pédagogiques pour toutes les écoles publiques, mais le déploiement reste inégal et se heurte à des problèmes logistiques dans les zones les plus reculées.

  1. La persistance des inégalités régionales

Alors que les grandes villes comme Kinshasa, Lubumbashi ou Matadi bénéficient d’un meilleur encadrement, les zones rurales et enclavées restent les plus défavorisées. Dans certaines localités, les enfants doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leur école, décourageant beaucoup de familles d’y envoyer leurs enfants, surtout les plus jeunes.

Cette fracture éducative entre milieux urbains et ruraux constitue un défi majeur pour le gouvernement, qui cherche à promouvoir une égalité d’accès à l’éducation sur tout le territoire national.

  1. L’insécurité et les déplacements forcés

Dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu, des milliers d’enfants sont privés d’école à cause des conflits armés. Les attaques contre les établissements scolaires, les déplacements massifs de familles et la peur permanente perturbent gravement la continuité pédagogique.

Le ministère de l’Éducation travaille en collaboration avec les agences humanitaires pour ouvrir des écoles temporaires dans les camps de déplacés, mais les besoins restent énormes.

  1. La gratuité scolaire : une avancée encore fragile

L’instauration de la gratuité de l’enseignement primaire depuis 2019 a permis à des millions d’enfants d’accéder à l’école, mais son financement demeure un défi. Dans certaines zones, des écoles réclament encore des frais illégaux pour compenser le manque de subventions, ce qui compromet l’objectif d’une éducation réellement gratuite et inclusive.

  1. L’intégration de la “Nouvelle citoyenneté” dans les programmes

Sous l’impulsion de Raïssa Malu, la réforme éducative intègre désormais la Nouvelle citoyenneté comme pilier. L’objectif : former des citoyens responsables, disciplinés et respectueux des valeurs républicaines.

Cependant, cette réforme exige :

la formation des enseignants aux nouveaux modules,

la production de supports pédagogiques adaptés,

et l’implication des parents pour renforcer l’éducation civique à la maison.

  1. Les défis du numérique et de la modernisation

Alors que le monde bascule dans l’ère digitale, l’école congolaise doit rattraper son retard. L’introduction des outils numériques dans les apprentissages reste limitée : peu d’écoles disposent d’accès à Internet, de laboratoires informatiques ou de ressources multimédias.

La ministre a annoncé un plan progressif de digitalisation du système éducatif, mais il nécessitera d’importants financements et partenariats internationaux.

Un chemin long, mais une volonté affirmée

Pour l’année scolaire 2025-2026, le gouvernement affiche sa détermination à améliorer l’accès et la qualité de l’enseignement. Toutefois, ces ambitions se heurtent à une réalité complexe faite de défis structurels, économiques et sécuritaires.

Comme l’a déclaré Raïssa Malu :

« L’éducation est le socle de la nouvelle citoyenneté. Nous avons la responsabilité collective de donner à chaque enfant congolais la chance d’apprendre, de rêver et de réussir. »

Malgré les obstacles, une conviction demeure : l’avenir de la RDC dépendra de sa capacité à former sa jeunesse.

Quatre priorités majeures pour transformer l’école

La ministre Raïssa Malu a posé les quatre priorités stratégiques sur lesquelles reposera l’année scolaire :

  1. Consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire, afin de garantir l’égalité d’accès à tous les enfants.
  2. Renforcement de la qualité de l’enseignement, via la formation continue des enseignants, la réforme des programmes et le suivi pédagogique.
  3. Promotion de l’égalité des chances, notamment par l’inclusion des filles, l’interdiction des tests d’admission et la suppression des frais discriminatoires .
  4. Intégration des technologies dans la salle de classe, avec des initiatives telles que les cantines scolaires, l’enseignement à distance et une meilleure gestion en situation d’urgence .

Préparatifs concertés avant la rentrée

Plusieurs étapes préparatoires ont jalonné les semaines précédant la rentrée :

22–23 août 2025 – À Kinshasa, la ministre a rencontré les leaders syndicaux pour faire le point sur les engagements pris lors des assises de Bibwa en août 2024. Elle y a promis des actions concrètes, notamment le nettoyage du fichier de paie des enseignants, afin de mieux rémunérer ceux non payés (NP) ou non mécanisés (NU) .

Ces échanges ont été salués par les syndicats, qui ont apprécié ce dialogue direct et sincère, ainsi que la volonté gouvernementale de faire avancer les réformes .

Appel aux élèves : responsabilité, engagement, rêve

Lors de la cérémonie, Raïssa Malu s’est adressée aux élèves avec une tonalité mobilisatrice :

« Vous êtes l’avenir, et l’avenir se prépare aujourd’hui. (…) Rêvez et rêvez grand, travaillez pour réaliser votre rêve, cultivez votre curiosité et développez votre esprit critique. »
Chaque matin, demandez-vous : « Que ferai-je aujourd’hui pour réaliser mon rêve et être utile à ma communauté ? » Et chaque soir, évaluez votre contribution .

Elle a appelé la nation à investir dans les jeunes générations, les considérant comme des moteurs de développement et des bâtisseurs d’une RDC unie .

En chiffres et en enjeux

29 millions d’élèves attendus à l’ouverture des classes en 2025-2026 .

Rentrée officielle confirmée pour le 1er septembre 2025 à 7h30 .

Inclusion des enjeux civiques tels que le Serment du Citoyen et les clubs scolaires pour promouvoir la citoyenneté active .

Dialogue social renforcé avec les syndicats pour garantir une rentrée apaisée et concertée .

La rentrée scolaire 2025-2026, lancée le lundi 1er septembre 2025 à Muanda, s’inscrit dans une démarche résolument tournée vers l’avenir : éducation équitable, modernisation des pratiques, inclusion sociale et engagement citoyen. Raïssa Malu, en nationale et à travers une série de réformes, cherche à transformer l’école en un véritable moteur de cohésion nationale et d’émancipation des jeunes Congolais.

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