Kongo-Central : Judith Suminwa appelle à la patience et à la solidarité lors de sa visite à Banana

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a séjourné ce lundi 29 septembre 2025 dans la province du Kongo-Central dans le cadre de sa tournée nationale entamée il y a quelques semaines. Fidèle à sa méthode de proximité, la cheffe du gouvernement est allée à la rencontre des populations locales pour écouter leurs préoccupations, expliquer les actions entreprises par son exécutif et témoigner de l’attention portée par l’État au développement de chaque territoire.

Cette étape l’a conduite jusqu’à Banana, localité historique et stratégique située à l’extrême ouest du pays, sur l’océan Atlantique. Sur place, la Première ministre a inspecté les travaux du Port en eaux profondes de Banana, projet majeur conduit par la firme émiratie DP World en partenariat avec le gouvernement congolais.

L’étape de Banana s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le gouvernement de Judith Suminwa Tuluka depuis sa nomination en avril 2024. Première femme à occuper le poste de Première ministre en République démocratique du Congo, elle a placé son mandat sous le signe de la proximité avec les populations et de la redevabilité des institutions publiques. Dès sa prise de fonctions, elle avait promis de « quitter les bureaux de Kinshasa pour aller écouter le pays profond ».
Cette tournée à travers les provinces vise donc à répondre à un double impératif : rassurer les Congolais sur la volonté du gouvernement d’améliorer leurs conditions de vie et restaurer la confiance entre les institutions centrales et les communautés locales. Dans un pays vaste comme la RDC, où le sentiment d’abandon des régions par le pouvoir central est souvent exprimé, cette démarche est perçue comme une tentative d’apporter un souffle nouveau à la gouvernance.

Le contexte est d’autant plus crucial que la RDC fait face à de nombreux défis : une insécurité persistante dans l’Est, une pression sociale croissante liée au coût de la vie et une attente forte des citoyens en matière d’infrastructures et de services sociaux de base. La démarche de Judith Suminwa apparaît ainsi comme une réponse politique visant à donner un visage humain à l’action gouvernementale, au-delà des grandes annonces faites à Kinshasa.

Le port de Banana est considéré comme l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux de la RDC. En effet, malgré son immensité territoriale et son potentiel économique, le pays ne dispose pas encore d’un port en eaux profondes capable d’accueillir de grands navires de commerce. Aujourd’hui, la majorité des importations et exportations congolaises transitent par des ports étrangers, notamment ceux de Pointe-Noire (Congo-Brazzaville) et de Matadi, limités par leur capacité.

Avec ce chantier, Kinshasa entend transformer radicalement la chaîne logistique nationale et réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures portuaires des pays voisins. Une fois achevé, le port de Banana devrait permettre au pays d’exporter plus efficacement ses ressources minières, agricoles et forestières, mais aussi d’importer des biens de consommation et d’équipement dans de meilleures conditions.

« Le port de Banana est une promesse de souveraineté économique », a souligné Judith Suminwa devant les ingénieurs et les populations rassemblées pour l’accueillir. « Il permettra à la RDC de se connecter directement au commerce international, de créer des emplois et de dynamiser toute la province du Kongo-Central. »

Arrivée sur le site dans la matinée, la Première ministre a parcouru les installations provisoires et échangé avec les responsables techniques de DP World. Ceux-ci lui ont présenté l’état d’avancement du chantier, les défis rencontrés ainsi que les échéances à venir. Selon leurs estimations, la première phase des travaux avance conformément au calendrier, malgré certaines contraintes logistiques et climatiques.

Après cette visite technique, Judith Suminwa a tenu un meeting populaire devant une foule enthousiaste. Micro en main, elle a insisté sur deux valeurs cardinales : la patience et la solidarité nationale.

« Je sais que beaucoup parmi vous attendent avec impatience les retombées concrètes de ce projet. Je comprends vos attentes légitimes. Mais je vous demande de garder confiance, car de tels travaux nécessitent du temps, de la rigueur et de la persévérance », a-t-elle déclaré.

La cheffe du gouvernement a rappelé que l’édification d’infrastructures de cette envergure ne peut se faire en quelques mois. Elle a appelé les habitants du Kongo-Central, et plus largement l’ensemble des Congolais, à considérer ce chantier comme un patrimoine national qui profitera aux générations futures.

Au-delà du projet portuaire, la Première ministre a pris soin d’écouter les préoccupations exprimées par la population locale. Les habitants de Banana et des environs ont évoqué les problèmes liés au chômage, à l’accès à l’électricité, à la desserte routière et aux services sociaux de base.

En réponse, Judith Suminwa a assuré que son gouvernement travaille à améliorer progressivement les conditions de vie des Congolais, non seulement à travers les grands projets structurants, mais aussi par des interventions directes dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture.

« Ce que nous faisons à Banana est la preuve que le gouvernement pense à l’avenir. Mais je n’oublie pas votre quotidien. Mon équipe et moi travaillons sur des solutions rapides pour améliorer l’accès à l’eau potable, l’énergie et les infrastructures de proximité », a-t-elle promis.

Pour de nombreux habitants, la visite de la Première ministre a ravivé l’espoir d’un avenir meilleur. « Nous voulons que ce port ne soit pas seulement un chantier pour les grandes sociétés, mais aussi une chance pour nos enfants d’avoir du travail », confie Jean-Pierre Kasa, pêcheur de Banana. De son côté, Mme Mavungu, commerçante, insiste sur l’urgence des besoins quotidiens : « Nous avons besoin d’électricité, de routes et d’eau potable. Si le gouvernement nous aide sur ces points, nous pourrons patienter pour le reste. » Ces témoignages traduisent à la fois l’impatience et l’attente de résultats concrets qui traversent la population locale.

La localité de Banana n’a pas été choisie au hasard. Historiquement, ce port naturel fut l’un des premiers points de contact entre le Congo et le commerce international, dès le XIXe siècle. À l’époque coloniale, il servait de point stratégique pour l’exportation de produits agricoles et de ressources naturelles.

Aujourd’hui, l’ambition est de faire renaître Banana comme un hub moderne, doté d’équipements aux normes internationales. Cette renaissance symbolise également la volonté du gouvernement congolais d’ancrer durablement le pays dans la mondialisation, en capitalisant sur ses propres atouts.

Selon les estimations initiales, le Port en eaux profondes de Banana représente un investissement évalué à plus d’un milliard de dollars américains, financé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’État congolais et la firme émiratie DP World. La première phase du projet, déjà en cours, prévoit la construction d’un quai de près de 600 mètres de long et d’une profondeur de plus de 15 mètres, capable d’accueillir des navires de grande capacité qui ne peuvent pas accéder aux installations actuelles de Matadi ou de Boma.

À terme, le port devrait atteindre une capacité de manutention de plus de 300 000 conteneurs par an, avec des possibilités d’extension bien au-delà, selon les besoins futurs. Les autorités affirment que la mise en service de cette première phase est attendue pour 2028, si le calendrier est respecté.

Le chantier mobilise déjà plusieurs centaines d’ouvriers, dont une majorité recrutée localement. Outre la construction du quai et des infrastructures maritimes, le projet inclut la réalisation de routes d’accès, d’entrepôts modernes et d’un terminal logistique intégré. Ces aménagements visent à faciliter non seulement les opérations portuaires, mais aussi l’écoulement des marchandises vers l’intérieur du pays.

Le gouvernement mise sur ce port pour réduire considérablement la dépendance de la RDC vis-à-vis des ports de la sous-région, notamment Pointe-Noire au Congo-Brazzaville et Luanda en Angola, qui absorbent aujourd’hui une grande partie du trafic congolais.

Malgré l’enthousiasme suscité par ce projet, plusieurs défis demeurent. La mobilisation et la sécurisation des financements restent un enjeu majeur, tout comme la nécessité de garantir une gestion transparente afin d’éviter les dérives liées à la corruption et à la mauvaise gouvernance. Le port de Banana exige également une rigueur technique et administrative soutenue, car tout retard ou dérapage budgétaire pourrait compromettre la crédibilité du projet. À cela s’ajoutent les incertitudes liées au contexte économique mondial, aux fluctuations des prix des matières premières et aux tensions politiques internes, qui peuvent fragiliser la confiance des investisseurs et ralentir l’exécution des travaux.

Dans son discours, Judith Suminwa a élargi son message à l’ensemble du pays. Elle a insisté sur l’importance de l’unité nationale et de la vigilance face aux divisions.

« Les défis de notre pays sont nombreux, mais ensemble, dans l’unité et la solidarité, nous pouvons les relever. Ce port n’est pas seulement celui de Banana ou du Kongo-Central, c’est celui de toute la RDC », a-t-elle martelé.

Elle a également mis en garde contre les discours de découragement ou de division : « La patience n’est pas de la résignation. C’est la force de croire au lendemain meilleur. Restons vigilants contre ceux qui voudraient semer le doute ou la haine. »

Les retombées attendues du port de Banana sont multiples. Outre la création d’emplois directs et indirects, le projet devrait stimuler l’investissement privé, renforcer la compétitivité des entreprises locales et favoriser le développement d’infrastructures connexes, telles que les routes, les entrepôts et les zones industrielles.

Par ailleurs, le gouvernement mise sur ce projet pour réduire les coûts de transport, accroître les recettes douanières et donner une nouvelle impulsion à la diversification économique.

« Banana sera une porte ouverte non seulement pour l’exportation de nos minerais, mais aussi pour nos produits agricoles, afin de garantir des débouchés à nos paysans », a expliqué la Première ministre.

Judith Suminwa a terminé son allocution en réaffirmant son engagement personnel pour le succès de ce projet. Elle a promis de revenir régulièrement sur le site afin de suivre l’évolution des travaux et de s’assurer que les promesses faites à la population seront tenues.

« Je veux que vous sachiez que je ne suis pas seulement venue vous parler. Je suis venue m’engager devant vous, et je reviendrai pour rendre compte », a-t-elle assuré sous les applaudissements nourris de la foule.

La visite de la Première ministre au Kongo-Central marque une étape importante dans sa tournée nationale. À Banana, Judith Suminwa Tuluka a combiné écoute, pédagogie et vision, rappelant aux Congolais que le développement exige patience et solidarité. Le port en eaux profondes de Banana, une fois achevé, pourrait transformer durablement l’économie nationale et repositionner la RDC comme un acteur incontournable du commerce maritime international.

En attendant, les populations espèrent que les promesses d’amélioration de leur quotidien se concrétiseront rapidement, afin que l’avenir annoncé ne soit pas seulement une perspective lointaine, mais une réalité palpable.

Si le chantier du port en eaux profondes de Banana respecte son calendrier, il pourrait devenir bien plus qu’une simple infrastructure : un symbole de la capacité de la RDC à transformer ses ambitions en réalisations concrètes. Pour la Première ministre Judith Suminwa, ce projet illustre une nouvelle approche de la gouvernance, faite d’écoute, de proximité et de responsabilité. Au-delà du Kongo-Central, c’est l’ensemble du pays qui est concerné, car ce port incarne la promesse d’une souveraineté économique et d’une meilleure intégration dans le commerce mondial. Plus qu’un quai et des conteneurs, Banana représente l’idée d’une RDC qui se réinvente et qui construit, pas à pas, un avenir tourné vers la prospérité et l’unité nationale.

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