RDC : Le ministère des Finances insiste sur l’intégration de tous les opérateurs de jeux d’argent à la plateforme nationale de régulation

Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a réaffirmé ce samedi 28 juin 2025 à l’issue d’une réunion vendredi 27 juin , la nécessité pour tous les opérateurs de jeux d’argent, légaux ou illégaux, de s’intégrer sans délai à la plateforme nationale de régulation nouvellement mise en place. Cette démarche s’inscrit dans une vaste réforme engagée pour assainir un secteur jugé jusqu’ici opaque, mal encadré et peu bénéfique pour les finances publiques.

Cette décision fait suite à l’adoption par le gouvernement, en avril 2025, d’un projet de loi portant principes fondamentaux applicables aux jeux d’argent et de hasard. Ce texte vise à instituer une Autorité de régulation dotée d’un système électronique centralisé de contrôle, le Central Monitoring System (CMS), capable de suivre en temps réel les activités des opérateurs de paris, jeux de hasard et loteries.

« Il est impérieux de mettre fin au désordre dans ce secteur. Aucun opérateur ne sera autorisé à fonctionner en marge de cette nouvelle législation », a déclaré un représentant du ministère.

Malgré un chiffre d’affaires annuel estimé à plus d’un milliard de dollars américains, les recettes fiscales générées par les jeux d’argent restent marginales. Selon des sources officielles, l’État n’a perçu qu’environ 1 million USD en 2024, soit moins de 0,1 % du potentiel estimé.

L’intégration obligatoire à la plateforme permettra à la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) de mieux collecter les taxes prévues par la loi : taxe annuelle sur les licences, prélèvement sur les gains distribués, et autres redevances spécifiques.

Outre les considérations fiscales, la réforme vise également à protéger les citoyens, en particulier les mineurs et les personnes vulnérables, contre les dangers d’une pratique non régulée des jeux. La nouvelle loi impose des règles strictes en matière de publicité, d’accès aux plateformes, de localisation des salles de jeux et de prévention de l’addiction.

Le ministère des Finances prévient que tous les opérateurs non enregistrés ou refusant de se connecter à la plateforme s’exposent à des sanctions sévères, allant de lourdes amendes à la fermeture définitive de leurs activités.

« La période de sensibilisation est terminée. Désormais, c’est la rigueur de la loi qui s’applique », a martelé un cadre du ministère.

Avec cette réforme, les autorités congolaises espèrent non seulement accroître la part du secteur des jeux dans les recettes nationales, mais aussi se conformer aux standards internationaux, notamment ceux du Groupe d’action financière (GAFI) en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Esaïe vumi objectif DK TV

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