
Une hausse spectaculaire et jugée illégale des tarifs de transport en commun a été observée ce samedi 28 juin à Kinshasa, sur la ligne très fréquentée reliant le Grand Marché au rond-point Yolo Ézo, dans la commune de Kalamu. Le tarif habituel de 1.000 francs congolais (FC) est passé brusquement à 3.000 FC, suscitant la colère des usagers.
Cette majoration abusive, dénoncée par de nombreux passagers, s’inscrit dans une tendance plus large : depuis plus de trois mois, des augmentations anarchiques sont constatées sur la quasi-totalité des lignes de la capitale, notamment vers Matete, Ngaba, Selembao ou encore Masina .
Les chauffeurs de taxi-bus, communément appelés « Wewa », avancent plusieurs raisons à cette flambée :
Hausse continue du prix du carburant, notamment du gasoil, parfois introuvable dans certaines stations ;
Racket policier le long des axes routiers, qui oblige les conducteurs à « compenser » les pertes ;
Absence de contrôle étatique sur les tarifs et sur les exploitants de lignes urbaines ;
Rareté des transports en commun publics, notamment les bus Transco ou Esprit de vie, presque absents de la circulation.
Pour une grande partie des Kinois qui dépendent du transport public, cette hausse est insoutenable.
« Nous gagnons à peine 10.000 FC par jour. Si on dépense déjà 6.000 FC pour les déplacements, que reste-t-il pour manger ou envoyer les enfants à l’école ? », se plaint un habitant de Matonge.
Les élèves, petits commerçants, travailleurs journaliers et mères de famille figurent parmi les plus durement touchés.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du ministère des Transports, ni de la Mairie de Kinshasa.
Des syndicats des usagers appellent à :
La publication et l’affichage des tarifs officiels dans les véhicules ;
La répression des chauffeurs récidivistes ;
Le redéploiement des bus publics Transco, dont la mission est justement d’assurer un transport accessible.
« Le gouvernement doit cesser de regarder ailleurs pendant que les plus pauvres souffrent », estime un représentant de la société civile.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise économique, marqué par :
La dépréciation du franc congolais face au dollar ;
Une inflation galopante des produits de première nécessité ;
Des perturbations dans l’approvisionnement en carburant, aggravées par les tensions sécuritaires dans l’est du pays.
Esaïe vumi objectif DK TV