
C’est une page importante de l’histoire ecclésiale africaine qui vient de s’écrire dans la capitale rwandaise. Le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque métropolitain de Kinshasa, a été réélu président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), au terme de la 20ᵉ Assemblée plénière de cette haute instance catholique continentale, tenue à Kigali du 28 juillet au 2 août 2025.
Ce vote des évêques africains, intervenu à l’issue de cinq jours de travaux intenses, traduit la confiance renouvelée de l’épiscopat du continent envers l’un de ses membres les plus éminents et influents sur la scène spirituelle et socio-politique.
Cette réélection n’est pas le fruit du hasard. Depuis son élection à la tête du SCEAM en février 2023, le Cardinal Ambongo s’est distingué par un leadership affirmé, un esprit rassembleur et une parole prophétique, souvent engagée en faveur des valeurs démocratiques, de la paix, de la justice sociale et des droits des plus faibles.
Durant son premier mandat, il a multiplié les prises de position courageuses, notamment face aux conflits armés, à la corruption, à la mauvaise gouvernance ou encore à la crise migratoire. Il a également contribué à renforcer les liens interconférentiels entre les diverses Églises nationales, dans un continent pluriel, marqué par des contrastes politiques, linguistiques et culturels.
Le cardinal congolais a ainsi redonné du souffle, de la visibilité et de la pertinence au SCEAM, ce qui a très certainement pesé dans la balance lors de sa reconduction à Kigali.
La 20ᵉ Assemblée plénière du SCEAM s’est tenue autour du thème évocateur :
« Le Christ, notre espérance : source de réconciliation, de paix et de fraternité en Afrique ».
Pendant une semaine, plus de 200 délégués venus des quatre coins du continent cardinaux, évêques, prêtres, religieux et laïcs ont réfléchi, prié et échangé autour des défis que traverse l’Église africaine :
la montée des extrémismes religieux,
les tensions politiques,
la pauvreté galopante,
les injustices structurelles,
les déplacements forcés,
et la perte de repères spirituels chez la jeunesse.
Le Cardinal Ambongo, dans ses différentes interventions, a appelé à une Église africaine prophétique, enracinée dans le peuple, proche des réalités de terrain, porteuse d’espérance et ferment de paix dans un monde en mutation.
Avec cette réélection, la République Démocratique du Congo conforte sa place stratégique au sein de l’Église catholique du continent. L’Église congolaise, forte de plus de 35 millions de fidèles, joue un rôle moteur dans les dynamiques pastorales et sociales du continent.
Le Cardinal Ambongo, successeur du très respecté Cardinal Laurent Monsengwo, est aujourd’hui l’un des visages les plus influents du catholicisme africain, régulièrement consulté au Vatican et sur les grandes questions continentales. Sa voix compte, à Rome comme à Addis-Abeba.
Qui est Fridolin Ambongo ?
Ordonné prêtre en 1988 au sein de l’Ordre des Capucins, Fridolin Ambongo est un intellectuel et pasteur engagé. Titulaire d’un doctorat en droit canonique, il a enseigné dans plusieurs institutions religieuses avant d’être nommé évêque en 2004, puis archevêque de Kinshasa en 2018, et créé cardinal par le pape François en octobre 2019.
Membre du Conseil des cardinaux du pape, il est également l’un des artisans du renouveau synodal voulu par Rome, appelant à une Église décentralisée, à l’écoute du peuple de Dieu.
Avec ce second mandat, le Cardinal Ambongo est appelé à consolider les acquis de ces deux dernières années. Parmi ses priorités :
Renforcer la communion interconférentielle au sein du SCEAM,
Développer un plaidoyer fort en faveur de la paix, des élections libres et du respect des droits humains,
Poursuivre l’accompagnement spirituel de la jeunesse africaine, souvent confrontée à la désespérance,
Et porter la voix de l’Afrique au synode universel de l’Église, en faisant entendre les réalités africaines sur les grands débats ecclésiaux : cléricalisme, gouvernance, place des femmes, écologie intégrale, etc.
La réélection du Cardinal Fridolin Ambongo Besungu à la présidence du SCEAM n’est pas seulement une reconnaissance personnelle : c’est un signal fort de la part de l’Église africaine qui, en ces temps troublés, veut continuer à marcher ensemble, sous la conduite d’un pasteur courageux, lucide et profondément enraciné dans la mission du Christ.
Kinshasa peut être fière. Et l’Afrique aussi.
Esaïe vumi objectif DK TV