
Sous un ciel lourd mais porteur d’espoir, la capitale congolaise a été le théâtre d’un moment marquant dans le processus de dialogue national. L’équipe conduite par le révérend Israël Dodo Kamba, représentant des Communautés Unies du Réveil (CUR), a remis officiellement ses conclusions sur le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC, un projet conçu par le tandem Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) Église du Christ au Congo (ECC). Une remise hautement symbolique, qui engage désormais la présidence de la République dans la seconde phase d’un processus que beaucoup espèrent décisif pour la cohésion nationale.
La cérémonie, tenue ce samedi 21 juin au Palais de la Nation, a réuni les délégués de la CENCO et de l’ECC, menés respectivement par Mgr Donatien Nshole et le pasteur Éric Nsenga, ainsi que la délégation de Dodo Kamba.
Face au président Félix-Antoine Tshisekedi, les responsables religieux ont exposé la synthèse de leurs consultations menées à travers le pays depuis plusieurs mois, portant sur un pacte social qui ambitionne de fédérer les forces politiques, sociales et religieuses autour de principes communs : paix durable, justice sociale et vivre-ensemble.
Le Pacte social est né d’un constat : les fractures politiques et communautaires qui minent la République Démocratique du Congo ne peuvent être surmontées qu’en s’appuyant sur un socle de valeurs partagées.
Depuis début 2025, la CENCO et l’ECC sillonnent le pays pour recueillir les avis de toutes les composantes de la nation. L’arrivée de l’équipe Dodo Kamba dans ce processus vient élargir la représentativité religieuse, en intégrant la voix puissante des Églises de réveil, influentes dans plusieurs provinces.
Ce dépôt de conclusions n’est pas le fruit du hasard. Déjà le 14 juillet 2025, Israël Dodo Kamba avait rencontré au Centre Interdiocésain de Kinshasa la délégation du Pacte social, exprimant publiquement son adhésion et promettant une contribution active de sa communauté. Lors de la remise officielle de ce 21 juin, il a réaffirmé cet engagement, insistant sur « la nécessité pour les églises de se mettre au service d’un vrai processus de réconciliation, loin des calculs politiques ».
Le chef de l’État, manifestement sensible à la démarche, a salué « un travail minutieux et courageux » et a annoncé dans la foulée la mise en place d’une équipe présidentielle chargée d’approfondir le projet.
Cette structure aura pour mission d’identifier les modalités pratiques d’application du Pacte social et de préparer les étapes suivantes, qui pourraient mener à un forum national rassemblant toutes les parties prenantes : gouvernement, opposition, société civile et forces religieuses.
Pourquoi cette étape est stratégique
- Unir les voix religieuses : Pour la première fois depuis longtemps, catholiques, protestants et églises de réveil se retrouvent sur un projet commun.
- Renforcer la légitimité du dialogue : Le soutien officiel de la présidence donne un poids politique aux conclusions du pacte.
- Préparer un cadre consensuel : L’objectif est d’aboutir à un document que tous pourront signer, réduisant ainsi le risque de contestations futures.
Les prochaines étapes attendues
Juillet – août 2025 : Finalisation des propositions techniques par l’équipe présidentielle.
Septembre 2025 : Lancement possible des assises nationales sur le Pacte social.
Fin 2025 : Adoption et signature officielle du Pacte par les parties prenantes.
Le 21 juin 2025 restera comme la date où le Pacte social est passé d’un simple projet d’initiative religieuse à une feuille de route nationale validée par la plus haute autorité du pays. Avec l’implication directe du président Tshisekedi et la participation active de Dodo Kamba, les espoirs d’un dialogue national constructif renaissent. Mais comme le rappellent plusieurs observateurs, le plus dur commence maintenant : traduire les engagements en actions concrètes et convaincre toutes les parties de s’asseoir autour de la même table.
Esaïe vumi objectif DK TV