
La République démocratique du Congo (RDC) poursuit sa marche vers la modernisation de ses finances publiques. Le vendredi 14 août 2025, à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a procédé à la clôture officielle d’une session de formation dédiée aux comptables publics. Cet événement, hautement symbolique et stratégique, vient marquer une étape charnière dans la restauration de la fonction comptable au sein de l’appareil étatique congolais.
Une session dense et inclusive
Organisée du 8 au 13 août 2025, la formation a réuni 530 comptables publics, issus de diverses institutions de l’État. Un chiffre impressionnant, qui témoigne de l’ampleur de la réforme engagée. Parmi les participants, 38 % étaient des femmes, un indicateur encourageant de l’inclusivité et de l’ouverture progressive des métiers de la gestion publique à la parité.
Le programme, conçu par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) en collaboration avec l’École nationale des Finances (ENF), s’est articulé autour de quatre modules structurants :
Les fondamentaux de la comptabilité
L’introduction à la comptabilité publique
Les procédures des marchés publics
Le contrôle des finances publiques et la responsabilité du comptable public
Ces thématiques constituent l’ossature même de la gestion financière d’un État moderne et transparent. Elles ont été soigneusement choisies pour permettre aux agents de renforcer leurs compétences techniques, mais aussi de s’approprier les normes internationales et d’intégrer les exigences de responsabilité et de redevabilité.
L’importance stratégique de cette formation
Le ministre Doudou Fwamba a insisté, lors de son allocution, sur l’importance capitale de cette session. Selon lui, la réforme de la fonction comptable est au cœur de la crédibilisation des finances publiques congolaises. En d’autres termes, il ne s’agit pas simplement de former pour former, mais de bâtir une nouvelle culture de gestion, où chaque dépense publique doit être justifiée, encadrée par la loi et inscrite dans un système transparent.
« La restauration de la fonction comptable, a-t-il déclaré, vise à faire des comptables publics non plus de simples exécutants, mais de véritables acteurs responsables, soumis à la discipline budgétaire et garants de la bonne utilisation des deniers de l’État. »
Ces propos traduisent une volonté ferme : responsabiliser davantage les comptables publics et les rendre imputables, à la fois sur le plan professionnel et pécuniaire. Dorénavant, chaque agent formé sera tenu de respecter les normes de rigueur, ce qui constitue un levier efficace pour prévenir la corruption, les détournements et les irrégularités budgétaires.
L’institutionnalisation d’une formation permanente
La nouveauté majeure de cette session tient dans l’annonce du ministre : l’institutionnalisation d’un cadre de formation permanente. Loin d’être un simple événement ponctuel, cette initiative marque le début d’un processus continu.
Le but est clair : faire en sorte que les comptables publics soient régulièrement mis à niveau, afin de rester en phase avec les évolutions de la gestion financière, qu’il s’agisse de nouvelles lois, de réformes structurelles ou de standards internationaux.
Cette approche met en avant une logique de capital humain : c’est par l’investissement dans la compétence des agents publics que l’État peut espérer améliorer durablement la qualité de ses services et restaurer la confiance des citoyens comme des partenaires extérieurs.
Une participation massive et volontaire
Les 530 agents ayant pris part à la formation ont montré une implication remarquable. La participation massive témoigne de la volonté des comptables publics de s’approprier les outils modernes de gestion et d’accompagner la réforme.
Le coordonnateur national des comptables publics, s’exprimant au nom des participants, a salué l’initiative du ministère et promis que les acquis de cette session seront traduits dans les pratiques quotidiennes. L’engagement collectif qui s’en dégage reflète une prise de conscience : l’avenir des finances publiques congolaises dépend largement du sérieux et de la responsabilité de ceux qui les gèrent au quotidien.
Une transition vers la comptabilité générale
Cette session ne doit pas être vue isolément. Elle s’inscrit dans le cadre d’un processus plus vaste : le basculement progressif vers la comptabilité générale. Contrairement à la comptabilité de caisse encore dominante, la comptabilité générale permet une vision plus complète et réaliste des flux financiers, incluant les dettes, les créances, les immobilisations et les engagements de l’État.
Avec ce système, les comptables publics ne se contentent plus d’enregistrer des dépenses et recettes : ils deviennent responsables de l’ensemble des opérations financières, de l’engagement à la liquidation. Cela implique non seulement une compétence technique accrue, mais aussi un changement de mentalité.
En RDC, ce passage est considéré comme une révolution silencieuse. Il transforme profondément la manière dont l’État gère ses ressources et ouvre la voie à une plus grande transparence vis-à-vis des bailleurs de fonds et des citoyens.
Des assurances pour les agents
Conscient que de telles réformes peuvent susciter des inquiétudes, le ministre Doudou Fwamba a tenu à rassurer les participants. Il a affirmé que cette formation n’était pas un concours visant à remplacer ou exclure certains agents, mais bien un outil de renforcement des capacités.
« Personne ne va perdre son emploi à la suite de cette session, » a-t-il assuré, dissipant toute crainte. L’objectif est au contraire de sécuriser les parcours professionnels et de valoriser les compétences, afin que chaque comptable public puisse évoluer dans un cadre clair et motivant.
Cette précision était essentielle pour renforcer la confiance des participants, et elle témoigne de la volonté du ministère d’impliquer tous les acteurs sans créer de fractures internes.
Les enjeux plus larges pour la RDC
La clôture de cette session dépasse le simple cadre administratif. Elle renvoie à des enjeux beaucoup plus larges :
- La bonne gouvernance : un État qui sait gérer ses finances de manière transparente renforce sa crédibilité et consolide la confiance des citoyens.
- La mobilisation des ressources : des finances publiques bien gérées rassurent les bailleurs et les partenaires internationaux, condition essentielle pour attirer les investissements.
- La lutte contre la corruption : en responsabilisant les comptables publics, le gouvernement met en place des garde-fous efficaces contre les détournements.
- L’inclusivité : la présence significative de femmes parmi les participants reflète une volonté d’intégrer la parité dans les fonctions stratégiques.
Ces éléments montrent que la formation clôturée le 14 août 2025 à Kinshasa n’était pas une simple formalité, mais bien une étape stratégique dans la consolidation de l’État.
Une dynamique appelée à se poursuivre
En clôturant cette session, le ministre Doudou Fwamba a envoyé un signal fort : la réforme des finances publiques est en marche, et elle ne s’arrêtera pas. Les prochaines sessions de formation, désormais inscrites dans un cadre permanent, permettront d’élargir encore ce processus.
Pour les participants, l’heure est désormais à la mise en pratique des acquis. Ils sont appelés à devenir des ambassadeurs de la rigueur et de la transparence dans leurs services respectifs.
La clôture de la formation des comptables publics à Kinshasa, le 14 août 2025, marque un tournant majeur dans la modernisation de la gestion financière en RDC. Avec 530 agents formés, une approche inclusive, l’annonce d’un cadre permanent de formation et la responsabilisation accrue des comptables, l’État congolais envoie un message clair : la transparence et la bonne gouvernance financière ne sont plus de simples slogans, mais des priorités.
À travers cette initiative, la RDC se dote d’un outil essentiel pour renforcer sa crédibilité, mobiliser davantage de ressources et, surtout, garantir que l’argent public soit géré avec rigueur, au service du développement national.
Esaïe vumi objectif DK TV