
Dans le cadre de la politique nationale de modernisation et d’humanisation du système carcéral, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a entrepris, ce jeudi 10 octobre 2025, une vaste tournée d’inspection dans plusieurs amigos et cachots de la circonscription de Tshangu, à Kinshasa, avant de se rendre au Quartier général de la Police nationale congolaise (PNC).
Cette mission visait à évaluer de près les conditions de détention, à détecter les manquements observés sur le terrain et à promouvoir une approche respectueuse des droits humains au sein des institutions judiciaires et policières.

Accompagné d’une équipe composée de magistrats, d’experts en droits humains et de représentants du ministère de la Justice, le ministre Ngefa a visité plusieurs sites de détention, souvent méconnus du grand public, mais pourtant emblématiques de la réalité quotidienne des personnes privées de liberté.
À chaque étape, il a pris le temps d’échanger avec les responsables des lieux, d’écouter les détenus et d’observer les conditions sanitaires, hygiéniques et sécuritaires dans lesquelles ces derniers vivent.
Les constats sont parfois alarmants : cellules exiguës, manque d’aération, insuffisance d’eau potable, absence de literie adéquate et ration alimentaire précaire. Mais au-delà du diagnostic, cette visite a été l’occasion de sensibiliser les agents de la PNC sur l’importance du respect de la dignité humaine et de la présomption d’innocence.
« Nous ne pouvons pas prétendre bâtir un État de droit sans garantir la dignité des personnes détenues. Les prisons et cachots ne doivent pas être des lieux de vengeance sociale, mais des espaces de rééducation et de réinsertion », a martelé le ministre Ngefa devant la presse.
Cette descente de terrain s’inscrit dans la droite ligne de la vision humaniste du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ne cesse de rappeler la nécessité de bâtir une justice proche du citoyen, équitable et respectueuse des valeurs humaines fondamentales.
Depuis son accession au pouvoir, le Chef de l’État a fait de la réforme du système judiciaire et pénitentiaire une priorité nationale, considérant que la justice constitue le socle de la paix et de la stabilité durable.
Guillaume Ngefa, en fidèle exécutant de cette vision, entend donner un nouveau souffle à la gouvernance pénitentiaire congolaise.
« Cette visite s’inscrit dans le cadre de mon programme, en cohérence avec la vision du Chef de l’État, visant à humaniser les lieux de détention et à moderniser les infrastructures pénitentiaires. Car je reste convaincu d’une chose essentielle : la dignité humaine ne s’arrête pas à la porte d’un cachot », a-t-il déclaré avec fermeté.
Les prisons et cachots congolais, souvent hérités de l’époque coloniale, souffrent d’un état de délabrement avancé.
Le manque d’investissement public dans le secteur pénitentiaire a conduit à une situation critique : surpopulation, insalubrité, insuffisance des ressources matérielles et humaines, absence de programmes de réinsertion… autant de défis que le ministre de la Justice veut relever dans les plus brefs délais.
Guillaume Ngefa a annoncé une série d’actions concrètes, parmi lesquelles :
La réhabilitation progressive des principaux centres de détention du pays, à commencer par ceux de Kinshasa et du Kongo-Central ;
La mise en place d’un programme d’alimentation et de soins médicaux pour les détenus en collaboration avec le ministère de la Santé ;
Le renforcement des capacités du personnel pénitentiaire, notamment par la formation en gestion humaine et respect des droits fondamentaux ;
L’introduction d’outils numériques pour assurer une meilleure gestion administrative et judiciaire des dossiers des détenus ;
La création de comités de suivi composés de magistrats, d’avocats, de membres de la société civile et de représentants du ministère pour garantir la transparence et la traçabilité des réformes.
Ces mesures, selon lui, traduisent une volonté ferme de transformer la culture de détention en RDC, longtemps marquée par des abus et des violations récurrentes.
Sur le plan symbolique, cette visite marque un tournant décisif dans la manière dont le gouvernement congolais aborde la question des droits des détenus.
Elle démontre que la justice congolaise veut désormais se placer sous le signe de la transparence, de la responsabilité et de l’humanisme.
Pour de nombreux observateurs, cette initiative est également un signal fort envoyé à la communauté internationale, souvent critique face à la situation des droits de l’homme dans le pays.
Elle pourrait ouvrir la voie à des partenariats techniques et financiers avec des organisations telles que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), l’Union européenne ou encore la MONUSCO, qui soutiennent depuis plusieurs années la réforme judiciaire congolaise.
Dans sa communication, Guillaume Ngefa a insisté sur la nécessité de changer de paradigme : passer d’une justice répressive à une justice restauratrice, qui vise la réinsertion sociale plutôt que la marginalisation des personnes condamnées.
« Punir ne suffit pas. Il faut redonner une chance à celui qui a fauté. La société a tout à gagner à réintégrer ses fils plutôt qu’à les briser », a-t-il déclaré, rappelant que la prison ne doit jamais être une fin en soi, mais un instrument de transformation.
Il a aussi salué les efforts des agents pénitentiaires et policiers qui, malgré des moyens limités, s’efforcent de maintenir l’ordre et de servir avec dévouement. Toutefois, il a averti que toute forme de corruption, d’abus ou de torture sera désormais sévèrement sanctionnée conformément à la loi.
Dans les quartiers visités, la présence du ministre a suscité un vif intérêt. De nombreux habitants ont salué cette démarche inédite, estimant qu’elle témoigne d’une écoute réelle des préoccupations du peuple.
« Nous voyons rarement un ministre venir jusque dans nos réalités. S’il agit vraiment, cela redonnera confiance aux citoyens », confie un habitant de Ndjili.
Des membres d’associations locales de défense des droits humains, présents sur place, ont également encouragé cette initiative, tout en rappelant la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements pris. Pour eux, cette visite doit déboucher sur des actions concrètes, et non se limiter à un simple exercice de communication politique.
Pour Jean-Pierre Mavungu, coordinateur de l’ONG Justice pour Tous, « la visite du ministre est un signal encourageant. Mais elle doit s’accompagner d’actions durables. Les conditions de détention en RDC nécessitent des réformes profondes, et le suivi sera la clé du succès. » de
À l’issue de sa tournée, le ministre Ngefa a réaffirmé son engagement à poursuivre cette série d’inspections à travers l’ensemble du territoire national.
L’objectif, selon lui, est de bâtir un modèle pénitentiaire congolais moderne, conforme aux standards internationaux, mais surtout ancré dans les réalités locales.
« Nous voulons une justice de proximité, à visage humain, capable de redonner espoir à ceux qui ont perdu confiance dans l’État. Les droits de l’homme ne doivent plus être un slogan, mais une pratique quotidienne dans tous nos services publics », a conclu le Garde des Sceaux.
La visite du ministre Guillaume Ngefa à Tshangu ne se limite pas à une simple opération de communication gouvernementale. Elle marque le début d’une nouvelle ère dans la conception et la gestion des lieux de détention en République démocratique du Congo.
Si les défis restent immenses — manque de moyens, vétusté des infrastructures, lenteur des procédures judiciaires —, cette démarche ouvre la voie à un dialogue sincère entre le pouvoir public, la société civile et la population sur la place de la dignité humaine dans la justice congolaise.
En choisissant de se rendre personnellement sur le terrain, Guillaume Ngefa a voulu poser un acte fort : celui d’une justice qui voit, écoute et agit.
Une justice qui, peu à peu, veut se réconcilier avec l’humain.
Cette descente de Guillaume Ngefa dépasse le simple cadre administratif. Dans un contexte où le gouvernement cherche à rétablir la confiance du peuple envers la justice, elle incarne la volonté de rapprocher les institutions de la population.
Politiquement, elle s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président Félix Tshisekedi, qui veut faire de la dignité humaine une valeur centrale de la gouvernance publique.
Ce type de visite permet aussi de montrer à la communauté internationale que la RDC avance concrètement dans la voie du respect des droits fondamentaux.
En somme, l’acte posé par le ministre Ngefa symbolise une nouvelle ère de responsabilité et de transparence au sein du système judiciaire congolais.
Esaïe Vumi objectif DK TV