RDC : La Banque Centrale du Congo et le FMI réaffirment leur partenariat pour renforcer la stabilité monétaire

En mission officielle à Washington, la délégation de la Banque Centrale du Congo (BCC), conduite par le Gouverneur André Wameso, a eu, ce vendredi 17 octobre 2025, un important échange avec le Département du Marché Monétaire et des Capitaux du Fonds Monétaire International (FMI).
Au cœur des discussions : l’évaluation de l’assistance technique fournie par le FMI à l’institution monétaire congolaise et la consolidation des réformes en cours visant à renforcer la stabilité financière et la résilience de l’économie nationale.

Cette rencontre intervient dans un contexte où la République Démocratique du Congo cherche à consolider les acquis économiques obtenus après plusieurs années d’instabilité macroéconomique. Malgré les défis liés à la volatilité du franc congolais, la hausse des prix à la consommation et la dollarisation persistante de l’économie, la BCC s’efforce de maintenir un cadre monétaire plus crédible. Selon les données récentes, le taux d’inflation annuel se situe autour de 8 %, contre plus de 13 % l’année précédente, tandis que les réserves internationales se stabilisent autour de trois mois d’importations.

La rencontre de Washington s’inscrit dans le cadre du partenariat de longue date entre le FMI et la Banque Centrale du Congo. L’objectif de cette séance de travail était de faire le point sur les différentes formes d’appui technique et institutionnel accordées à la BCC depuis plusieurs années.

Selon le communiqué de la délégation congolaise, les échanges ont porté notamment sur les opérations de politique monétaire, la gestion des réserves de change, la supervision bancaire et la stabilité financière, autant de domaines dans lesquels l’appui du FMI s’est révélé crucial.

Le Gouverneur André Wameso, qui dirige la Banque Centrale depuis le renforcement du mandat de stabilité des prix, a tenu à féliciter les experts du FMI pour la qualité de leur accompagnement et pour la pertinence des outils mis à disposition de la BCC. Il a souligné que les réformes engagées ces dernières années ont permis d’améliorer sensiblement la conduite de la politique monétaire et la crédibilité du cadre macroéconomique congolais.

Ancien directeur de cabinet adjoint du Chef de l’État et économiste de formation, André Wameso a pris les rênes de la Banque Centrale du Congo avec une vision axée sur la rigueur et la modernisation. Sous sa direction, la BCC met l’accent sur la transparence, la discipline monétaire et la digitalisation du système bancaire, afin d’améliorer la confiance des acteurs économiques. Son approche, saluée par plusieurs institutions partenaires, vise à replacer la politique monétaire au centre de la stabilité macroéconomique.

L’un des points majeurs évoqués au cours de cette réunion a été la réforme de la constitution de la réserve obligatoire selon la monnaie de dépôt.
Cette mesure, introduite avec l’appui technique du FMI, vise à mieux encadrer les liquidités dans le système bancaire, à limiter les déséquilibres de change et à renforcer la stabilité du franc congolais face aux devises étrangères.

« Cette réforme, bien qu’exigeante pour les banques commerciales, constitue une avancée nécessaire pour une gestion plus prudente des liquidités et une meilleure maîtrise de la masse monétaire », a déclaré un membre de la délégation de la BCC sous couvert d’anonymat.

D’autres réformes concernent la modernisation du système de paiement, la digitalisation des opérations de la Banque Centrale, ainsi que la mise à niveau du cadre réglementaire de supervision bancaire, en conformité avec les standards internationaux de Bâle II et Bâle III.

Ces transformations, appuyées par le FMI, ont contribué à renforcer la confiance du secteur privé, à améliorer la transparence financière et à préparer la BCC à mieux anticiper les chocs économiques externes, notamment ceux liés à la volatilité des prix des matières premières, qui affectent directement la balance des paiements de la RDC.

Concrètement, cette réforme impose aux banques commerciales de constituer leurs réserves obligatoires dans la même devise que celle des dépôts reçus, qu’il s’agisse du franc congolais ou du dollar américain. Cette mesure limite les déséquilibres entre dépôts et liquidités disponibles et réduit les pressions sur le marché de change. Elle permet également d’encourager les banques à collecter davantage d’épargne en monnaie nationale, renforçant ainsi la souveraineté monétaire de la RDC.

La BCC a rappelé lors des échanges que la stabilité financière demeure l’un de ses principaux défis, dans un contexte marqué par une forte dollarisation de l’économie et par la dépendance du pays aux revenus miniers.
Grâce à l’accompagnement technique du FMI, la Banque Centrale a pu renforcer ses capacités d’analyse macroéconomique, de prévision et de régulation.

En parallèle, la gestion des réserves de change a connu des améliorations notables. Celles-ci ont atteint un niveau jugé « plus confortable » par rapport aux années antérieures, permettant de mieux faire face aux pressions sur le marché des changes.

Le FMI a, de son côté, salué la résilience de la BCC face aux défis conjoncturels, notamment la maîtrise progressive de l’inflation et les efforts entrepris pour stabiliser le taux de change du franc congolais.

De son côté, la représentante du FMI pour la RDC, Madame Cristina Cuervo, a salué les efforts de la Banque Centrale dans le renforcement de la gouvernance monétaire. « Nous observons des progrès significatifs dans la conduite de la politique monétaire et la transparence des opérations. Le FMI reste engagé à soutenir la BCC dans la poursuite de ces réformes, au bénéfice de la stabilité et de la croissance inclusive », a-t-elle déclaré à l’issue de la rencontre.

À l’issue de la rencontre, les deux institutions ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur collaboration dans un esprit de partenariat stratégique.
Le FMI a réitéré sa disponibilité à accompagner la RDC dans la consolidation des réformes macroéconomiques et dans la formation technique du personnel de la Banque Centrale.

La BCC, pour sa part, a annoncé qu’elle présentera prochainement ses besoins d’assistance technique pour l’année 2026, en mettant l’accent sur les domaines prioritaires tels que :

La modernisation des outils d’analyse économique ;

L’élargissement de la politique d’inclusion financière ;

La gestion proactive des risques financiers ,’ Et la digitalisation accrue des services bancaires et monétaires.

Plusieurs experts financiers saluent cette continuité du partenariat entre la BCC et le FMI. Pour le professeur Martin Nsimba, économiste à l’Université de Kinshasa, « cette coopération technique renforce la crédibilité de la politique monétaire et offre à la BCC des outils modernes d’analyse et de régulation ».
Du côté du secteur privé, les associations bancaires estiment que l’assistance du FMI a contribué à rendre plus clairs les mécanismes de gestion de la liquidité, bien que certains établissements demandent une adaptation plus progressive des nouvelles règles.

Le Fonds Monétaire International est l’un des principaux partenaires économiques de la République Démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.
Son appui ne se limite pas à l’assistance technique : il s’étend aussi à l’accompagnement macroéconomique, à la surveillance financière, ainsi qu’à des programmes de financement visant à stabiliser l’économie congolaise.

Sous le programme actuel facilité par le Fonds Élargi de Crédit (FEC), la RDC bénéficie d’un appui du FMI pour soutenir les réformes structurelles, améliorer la gouvernance publique, et renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques et des ressources naturelles.

La collaboration entre le FMI et la BCC s’inscrit donc dans un cadre plus large de stabilisation macroéconomique et de promotion d’une croissance durable et inclusive.

Le partenariat entre la Banque Centrale du Congo et le FMI ne date pas d’hier. Dès les années 2000, à la suite de la période post-conflit, la RDC a bénéficié de plusieurs programmes d’assistance technique visant à stabiliser le cadre macroéconomique. Ces programmes ont permis d’introduire des outils modernes de gestion monétaire, de renforcer la gouvernance financière et d’améliorer la collecte statistique. Entre 2019 et 2024, le FMI a accompagné la BCC dans la mise en œuvre d’un plan de réforme institutionnelle et de consolidation budgétaire. Ce long processus a permis de restaurer progressivement la crédibilité de la politique monétaire nationale.

Au-delà de la coopération institutionnelle, cette rencontre de Washington intervient à un moment crucial où la RDC cherche à consolider les acquis économiques récents, tout en diversifiant sa base de croissance.
La stabilité du franc congolais, la réduction de l’inflation et la reprise graduelle des réserves de change témoignent d’une meilleure discipline monétaire, rendue possible grâce à une coordination accrue entre la Banque Centrale, le ministère des Finances et les partenaires internationaux.

Le Gouverneur André Wameso a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté monétaire de la RDC, tout en s’appuyant sur les bonnes pratiques internationales. « La BCC continuera à travailler avec le FMI pour améliorer la crédibilité de sa politique monétaire et pour maintenir la confiance dans le système financier national », a-t-il déclaré en marge de la réunion.

Les deux parties se sont engagées à organiser une nouvelle session technique avant la fin de l’année 2025, afin de préparer un plan d’assistance sur mesure pour 2026, aligné sur les priorités économiques du pays.
Parmi ces priorités figurent la lutte contre la dollarisation, la promotion de l’épargne nationale, et la mise en place d’un marché financier domestique plus dynamique.

Ce dialogue continu avec le FMI marque une étape importante dans la consolidation des réformes monétaires et institutionnelles en République Démocratique du Congo.

Malgré ces progrès, le système bancaire congolais fait face à plusieurs défis majeurs : une faible bancarisation (moins de 20 % de la population possède un compte), une concentration des dépôts dans quelques grandes banques et une exposition élevée aux risques de liquidité. De plus, le recours massif au dollar américain limite l’efficacité de la politique monétaire nationale. La BCC ambitionne d’accroître la confiance dans le franc congolais, notamment à travers l’éducation financière, la promotion des paiements électroniques et la modernisation de la réglementation prudentielle.

En somme, la rencontre du 17 octobre 2025 à Washington entre la BCC et le FMI s’inscrit dans une dynamique positive de coopération et de réforme.
Elle traduit la volonté du gouvernement congolais, à travers sa Banque Centrale, de poursuivre la modernisation du système financier national, de renforcer la stabilité de la monnaie et d’instaurer une gouvernance économique plus rigoureuse et transparente.

La RDC continue ainsi de consolider ses fondations économiques, dans l’espoir de bâtir à moyen terme une économie résiliente, inclusive et compétitive, portée par une gestion monétaire responsable et un partenariat renforcé avec les institutions financières internationales.

Les défis pour 2026 restent nombreux : maîtrise de l’inflation, renforcement du marché interbancaire, promotion de la bancarisation et développement du marché des capitaux. Le gouvernement congolais, à travers la BCC, veut faire de la stabilité monétaire un pilier central du développement. L’enjeu est d’attirer davantage d’investissements directs étrangers et d’améliorer le climat des affaires. Le FMI, de son côté, encourage la poursuite des réformes pour garantir une meilleure transparence des politiques publiques et renforcer la lutte contre les flux financiers illicites.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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