
Au moment où la République Démocratique du Congo traverse une période marquée par d’importants défis sécuritaires, institutionnels et sociaux, l’Exécutif intensifie ses efforts pour maintenir la stabilité nationale. Entre les violences persistantes dans l’Est, la montée de nouvelles menaces dans certaines provinces de l’Ouest, les attentes croissantes des populations et les impératifs de gouvernance, chaque réunion stratégique du gouvernement revêt désormais une importance particulière. C’est dans ce climat exigeant, où l’action publique doit allier rapidité et efficacité, que s’est tenue la troisième réunion restreinte du gouvernement, présidée par le Chef de l’État, à la Cité de l’Union africaine, ce mardi 25 novembre 2025.
Conformément à l’article 54 de la Constitution, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a présidé, à la Cité de l’Union africaine, la troisième réunion restreinte du gouvernement. Cette séance de travail, tenue dans un contexte sécuritaire tendu et marqué par plusieurs urgences nationales, a rassemblé quelques membres clés de l’Exécutif, parmi lesquels le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, les ministres de la Santé et de la Formation professionnelle, ainsi que le vice-ministre de l’Intérieur.
Au cœur de la réunion : la communication présidentielle, les points d’informations sectoriels, ainsi que l’examen et l’adoption de plusieurs textes prioritaires.
La réunion restreinte est un format particulier du Conseil du gouvernement, prévu par la Constitution, permettant au Chef de l’État de consulter rapidement les ministres directement concernés par les impératifs sécuritaires, sanitaires, territoriaux ou législatifs du moment. En cette date précise du 25 novembre 2025, ce format s’est révélé crucial au regard des défis urgents auxquels la République Démocratique du Congo demeure confrontée.
Dès l’ouverture de la séance, le Président Tshisekedi a rappelé l’importance stratégique de cette réunion dans un climat général où les attentes de la population sont particulièrement élevées, notamment en matière de sécurité, de santé publique et de gouvernance territoriale. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination des institutions, d’accélérer la prise de décisions et de garantir une réponse gouvernementale cohérente face aux menaces persistantes.
La communication du Chef de l’État a largement porté sur la situation sécuritaire dans deux zones prioritaires :
L’Est du pays, toujours confronté aux violences des groupes armés, aux tentatives d’occupation illégale de certaines localités et aux menaces d’agression extérieure.
Dans l’Est du pays, la situation demeure particulièrement volatile, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les affrontements entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et plusieurs groupes armés continuent d’alimenter une crise sécuritaire de grande ampleur. Des localités stratégiques autour de Goma, Beni, Djugu et Irumu restent sous pression en raison des attaques récurrentes, des tentatives d’avancée de groupes rebelles et des violences ciblées contre les civils. Les récentes opérations militaires ont permis de stabiliser certaines zones, mais les combats sporadiques, les déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures essentielles témoignent de la complexité du terrain. Malgré ces défis, les FARDC poursuivent les offensives, appuyées par des dispositifs renforcés de renseignement et des actions de sécurisation visant à retablir progressivement l’autorité de l’État dans ces territoires meurtris.
La périphérie Ouest de Kinshasa, touchée par la résurgence du phénomène Mobondo, un mouvement violent qui sème la terreur dans plusieurs villages du Grand Bandundu.
Le phénomène Mobondo, réapparu ces derniers mois dans plusieurs zones périphériques de Kinshasa et du Grand Bandundu, constitue aujourd’hui l’une des principales préoccupations sécuritaires du gouvernement. Né initialement d’un conflit communautaire local, ce mouvement violent s’est progressivement transformé en un groupe organisé menant des attaques ciblées contre des villages, des infrastructures et parfois même des positions des forces de sécurité. Les localités situées à la frontière entre les provinces du Kwango, du Kwilu et de Kinshasa ont été particulièrement touchées, provoquant des déplacements de populations, des pertes en vies humaines et une perturbation notable des activités socio-économiques. Face à cette résurgence, le gouvernement a renforcé les patrouilles mixtes, relancé les mécanismes de médiation communautaire et intensifié la présence sécuritaire dans les zones à risque, dans l’objectif de contenir l’expansion du mouvement et de protéger les civils.
Le Président Tshisekedi a réaffirmé sa détermination à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il a instruit le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur ainsi que celui de la Défense nationale de renforcer immédiatement les dispositifs sécuritaires, d’augmenter la présence des unités de police et de défense dans les zones sensibles, et de veiller à la protection effective des populations civiles.
Dans son intervention, le Chef de l’État a rappelé que « la sécurité n’est pas un luxe mais un droit fondamental pour chaque Congolaise et chaque Congolais ». Il a appelé à une réponse combinée, incluant la pression militaire, l’encadrement administratif et le soutien social aux populations affectées.
Au chapitre consacré aux « points d’informations », plusieurs secteurs ont présenté des mises à jour significatives.
- Le VPM chargé de la Défense nationale : une situation opérationnelle sous contrôle mais complexe
Le vice-Premier ministre de la Défense a dressé un état des lieux précis des opérations militaires en cours. Selon lui, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont renforcé leurs positions dans plusieurs axes de combat à l’Est, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Il a souligné :
une amélioration de la coordination des unités,
la réouverture de certaines routes stratégiques,
la stabilisation de zones précédemment sous menace.
Cependant, il a reconnu que « les défis restent majeurs » en raison de la présence de groupes armés lourdement armés, parfois soutenus de manière extérieure, et de la mobilité élevée des assaillants.
- Le vice-ministre de l’Intérieur : état de l’administration du territoire
Avant lui, la vice-ministre représentant le VPM en charge de l’Intérieur a présenté une analyse détaillée de l’état administratif des territoires. Elle a signalé des avancées dans la normalisation des services territoriaux, mais aussi des faiblesses dans la collecte d’informations locales, l’encadrement des chefs coutumiers et la gestion des conflits communautaires.
Elle a mis en avant la nécessité d’opérer des redéploiements ciblés, notamment dans les zones où le phénomène Mobondo reprend de l’ampleur.
- Le ministre de la Santé : vers une fin annoncée de l’épidémie d’Ebola au Kasaï
Clôturant ce volet, le ministre de la Santé a partagé une nouvelle attendue avec un certain optimisme : la fin imminente de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï.
Selon les derniers rapports épidémiologiques, la chaîne de transmission est sous contrôle et plus aucun cas confirmé n’a été recensé depuis plusieurs jours. L’annonce officielle de la fin de l’épidémie devrait intervenir dans les prochains jours, après la validation des équipes de surveillance et des partenaires techniques.
Cette perspective constitue un soulagement majeur pour les populations locales, éprouvées par plusieurs mois de restrictions, de campagnes de vaccination et de sensibilisation.
L’état de siège, instauré en mai 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, avait été initialement décrété pour faire face à la détérioration alarmante de la situation sécuritaire causée par l’activisme intense des groupes armés locaux et étrangers. Cette mesure exceptionnelle avait pour objectif de permettre aux autorités militaires, investies de prérogatives élargies, de mener des opérations plus offensives, de restaurer l’ordre public et de protéger les populations civiles. Depuis son instauration, plusieurs prorogations successives ont été adoptées par le gouvernement et le Parlement, en raison de la persistance des violences et de la nécessité d’adapter continuellement les opérations de stabilisation. Si cet état de siège a permis d’obtenir des avancées ponctuelles dans certaines zones, il reste confronté à des défis structurels, notamment la porosité des frontières, la résilience des groupes armés et les tensions communautaires qui compliquent durablement le retour à une paix complète.
En l’absence du ministre de la Justice actuellement en mission, le ministre de la Formation professionnelle a présenté le Projet de loi portant prorogation de l’état de siège, qui prendra effet à partir du 3 décembre 2025. Cette prorogation vise à permettre la poursuite des efforts de stabilisation dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
La mise en œuvre de l’état de siège, rappelons-le, confère aux autorités militaires des prérogatives élargies afin de garantir la sécurité, restaurer la paix et neutraliser les groupes armés actifs.
Après débats et délibération, la réunion restreinte a adopté l’ensemble des projets présentés, marquant ainsi la continuité des efforts gouvernementaux en matière de sécurité et de gouvernance.
La réunion restreinte du 25 novembre 2025 illustre la volonté du Président Tshisekedi de maintenir un pilotage rapproché des dossiers prioritaires du pays. Face aux défis sécuritaires persistants, aux enjeux sanitaires et à l’urgence administrative, l’Exécutif cherche à agir avec rapidité et cohérence.
Cette séance a également permis de consolider la réponse nationale contre Ebola, d’adapter la stratégie contre les menaces sécuritaires intérieures et extérieures, et de préparer le terrain pour une continuité opérationnelle des institutions, notamment par la prorogation de l’état de siège.
L’épidémie de la maladie à virus Ebola déclarée dans la province du Kasaï avait mobilisé, durant plusieurs semaines, l’ensemble du dispositif national de riposte ainsi que les partenaires internationaux tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF. Selon les données sanitaires compilées par les équipes provinciales, plusieurs dizaines de cas suspects avaient été enregistrés, dont un nombre plus restreint confirmé en laboratoire, déclenchant immédiatement les mesures de contrôle de flambée. Les autorités sanitaires ont rapidement déployé des équipes de surveillance, des centres de traitement, des campagnes de vaccination ciblées et des mécanismes de sensibilisation communautaire pour briser la chaîne de transmission. Grâce à la réactivité des équipes locales, au suivi rigoureux des contacts et à la mise en quarantaine précoce des zones affectées, la propagation du virus a été contenue. Aucun nouveau cas n’ayant été signalé depuis plusieurs cycles de surveillance, les indicateurs épidémiologiques confirment aujourd’hui un recul significatif de la maladie, ouvrant la voie à l’annonce officielle de la fin de l’épidémie dans les jours à venir.
En présidant cette réunion stratégique, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a rappelé que la stabilité de la République Démocratique du Congo dépend d’une action gouvernementale concertée et d’un engagement constant à protéger la population. Les instructions fermes données aux ministères de l’Intérieur et de la Défense, l’adoption des projets législatifs et l’annonce de la probable fin de l’épidémie d’Ebola traduisent une dynamique d’action coordonnée face aux urgences nationales.
Cette réunion, ancrée dans la date précise du 25 novembre 2025, marque une étape importante dans la gestion politique et sécuritaire du pays, à un moment où les attentes des Congolais demeurent immenses et légitimes. Le gouvernement restreint entend poursuivre ses efforts dans la même direction, avec pour objectif ultime la paix, la sécurité et le bien-être de la population.
Esaïe Vumi objectif DK TV