
La situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo. Le jeudi 18 décembre 2025, de violents affrontements ont opposé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux éléments armés du CRP (Convention pour la Révolution Populaire) aux abords immédiats du site de déplacés internes de Lodha, situé dans le territoire de Djugu. Ces combats ont provoqué plusieurs blessés dans les rangs de l’armée congolaise et une panique généralisée au sein de la population civile déjà fragilisée par des années de conflits armés.
Des combats intenses à proximité d’un site de déplacés
Selon des sources sécuritaires locales, les affrontements ont éclaté tôt dans la matinée lorsque des éléments du CRP ont tenté une incursion dans la zone sécurisée autour du site de déplacés de Lodha. Les FARDC, déployées pour assurer la protection des civils et empêcher toute avancée des groupes armés, ont rapidement riposté, entraînant des échanges de tirs nourris qui ont duré plusieurs heures.
La proximité des combats avec le site de déplacés a semé la terreur parmi les milliers de familles qui y vivent dans des conditions humanitaires précaires. Femmes, enfants et personnes âgées ont été contraints de se terrer dans leurs abris de fortune, craignant des balles perdues ou une attaque directe contre le camp.
Sept militaires FARDC blessés évacués par la MONUSCO
Face à l’intensité des affrontements et au nombre croissant de blessés, les Casques bleus népalais de la MONUSCO, déployés dans la région, sont intervenus rapidement. Selon des informations confirmées par des sources onusiennes, sept militaires des FARDC ont été blessés au cours de ces combats.
Les soldats de la paix népalais ont procédé à leur évacuation d’urgence, leur ont administré des premiers soins immédiats sur le terrain, avant de les transférer vers une structure médicale mieux équipée pour une prise en charge approfondie. Cette intervention rapide a été saluée par les autorités locales et les responsables militaires congolais, qui ont souligné l’importance du soutien logistique et médical de la MONUSCO dans ce contexte sécuritaire volatile.
Selon des sources sécuritaires locales et des informations confirmées par la MONUSCO.

Renforcement de la protection des civils
Outre l’assistance médicale apportée aux militaires blessés, les Casques bleus népalais ont également renforcé la protection des civils autour du site de déplacés de Lodha. Des patrouilles dissuasives ont été immédiatement déployées, tant à pied que motorisées, afin de sécuriser les axes sensibles et prévenir toute attaque contre les populations vulnérables.
Des positions défensives temporaires ont été mises en place autour du site, pendant que les FARDC poursuivaient les opérations de ratissage pour repousser les éléments armés loin des zones habitées. Cette coordination entre les forces congolaises et la MONUSCO a permis d’éviter, selon plusieurs observateurs locaux, un bilan humain beaucoup plus lourd parmi les civils.
Une population traumatisée et épuisée
Sur le terrain, la population civile reste profondément marquée par ces nouveaux épisodes de violence. « Nous avons cru revivre les pires moments de notre fuite », témoigne une déplacée rencontrée sur le site de Lodha. « Quand les tirs ont commencé, les enfants criaient, certains se sont évanouis de peur. Nous vivons déjà dans la misère, et maintenant la guerre vient jusqu’à nous. »
Les leaders communautaires de la zone appellent à un renforcement durable de la sécurité et à une solution définitive au cycle de violences qui endeuille régulièrement le territoire de Djugu.
Un contexte sécuritaire toujours instable en Ituri
La province de l’Ituri reste l’une des régions les plus instables de la RDC malgré l’état de siège en vigueur depuis plusieurs années. De nombreux groupes armés locaux et étrangers continuent d’y opérer, exploitant les tensions communautaires, la pauvreté et l’absence de l’autorité de l’État dans certaines zones reculées.
Le CRP, comme d’autres groupes armés actifs dans la région, est régulièrement accusé d’attaques contre les positions militaires, de violences contre les civils et de perturbation des efforts de stabilisation.
Outre les sept militaires des FARDC blessés lors de ces affrontements, aucune perte en vies humaines parmi les civils n’a été officiellement signalée à ce stade, selon les autorités locales.
Pour rappel, la province de l’Ituri est placée sous état de siège depuis mai 2021, une mesure exceptionnelle instaurée par les autorités congolaises afin de rétablir la sécurité et de neutraliser les groupes armés actifs dans la région.
Appel au calme et à la solidarité internationale
À la suite de ces affrontements, les autorités locales ont appelé la population au calme et réaffirmé leur engagement à restaurer la sécurité dans la zone. Elles ont également exhorté la communauté internationale à maintenir son soutien aux efforts de paix, notamment à travers l’appui humanitaire en faveur des déplacés internes.
De son côté, la MONUSCO a réitéré son mandat de protection des civils et son engagement à travailler aux côtés des forces congolaises pour prévenir toute escalade de la violence autour des sites de déplacés.
Une urgence humanitaire persistante
Alors que le calme est progressivement revenu dans la zone de Lodha en fin de journée, la situation demeure fragile. Les besoins humanitaires restent immenses : soins de santé, nourriture, abris et protection. Les organisations humanitaires craignent que de nouveaux affrontements ne provoquent des déplacements supplémentaires et aggravent une crise déjà alarmante.
En attendant une paix durable, les populations civiles de l’Ituri continuent de payer le prix fort d’un conflit qui semble s’éterniser, malgré les promesses de stabilisation et les efforts conjoints des forces nationales et internationales.
Esaïe Vumi objectif DK