Sud-Kivu — Aucun avion Sukhoi des FARDC n’a été abattu par les rebelles de l’AFC/M23/RDF, affirme l’armée congolaise

Ce vendredi 26 décembre 2025, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont officiellement démenti toute information selon laquelle un avion de guerre de type Sukhoi aurait été abattu par les rebelles du M23 et de leurs alliés combattants, dans la province du Sud-Kivu. Cette clarification survient après la circulation de rumeurs virales sur les réseaux sociaux et des médias non vérifiés qui prétendaient que des insurgés avaient réussi à abattre un Sukhoi de l’armée congolaise près du lac Tanganyika, ce vendredi matin, 26 décembre. Selon le communiqué militaire, cette information est fausse et relève de la désinformation organisée.

Démenti officiel des FARDC : cadre et contenu du communiqué

Dans une déclaration rendue publique le 26 décembre 2025, les FARDC ont catégoriquement rejeté cette rumeur. Le communiqué, diffusé par le secteur opérationnel Sukola II Sud-Sud-Kivu, précise que « aucun appareil des FARDC n’a été abattu » et que ces allégations circulent uniquement sur les réseaux sociaux et certains canaux non officiels sans preuve tangible ni source fiable.

Le porte-parole des opérations au Sud-Kivu, sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, a expliqué que ces rumeurs faisaient partie d’efforts délibérés de « diversion et de confusion » vis-à-vis de l’opinion publique et que l’armée congolaise continuait de mener des opérations sur le terrain sans perte d’aéronef de cet ordre.

Le commandant intérimaire du secteur, colonel Apoko Bangala Michel, a également été cité pour inviter la population à ne pas prêter foi aux messages alarmistes qui visent à « détourner l’attention des véritables engagements militaires et du soutien apporté à la population civile ».

Contexte du conflit : le rôle des FARDC et des rebelles de l’AFC/M23/RDF

  1. Qui sont les rebelles de l’AFC/M23/RDF ?

Le Mouvement du 23 mars (M23) est un groupe rebelle principalement d’origine congolaise, réactivé en 2022, après sa défaite en 2013 face aux forces gouvernementales. Il est accusé par Kinshasa d’être soutenu matériellement, logistiquement et parfois militairement par l’armée rwandaise, ce que Kigali rejette. L’AFC (Alliance des Forces Congolaises) et le RDF (Forces de Défense Rwandaise) sont des sigles souvent associés dans les analyses de crise, désignant une coalition de combattants rebelles soutenus par des unités régulières rwandaises, selon les autorités congolaises.

  1. Les opérations militaires en cours au Sud-Kivu (2025)

En décembre 2025, les FARDC mènent, sous l’opération Sukola II Sud, une série d’actions offensives contre l’AFC/M23/RDF sur plusieurs axes stratégiques du Sud-Kivu, notamment autour des territoires d’Uvira, Walungu, Fizi et Kaziba. Ces opérations ont permis à l’armée congolaise de reprendre plusieurs localités sous contrôle rebelle, y compris des points clés logistiques et routiers.

Le 2 décembre 2025, par exemple, les FARDC ont confirmé avoir repris le contrôle des localités de Katogota, Kaziba centre et Point zéro (Fizi) à la suite de contre-attaques vigoureuses contre les positions rebelles.

Preuves matérielles de l’absence d’abattage d’aéronef

  1. Absence de confirmation visuelle ou matérielle

À ce jour, aucune vidéo indépendante, photo vérifiable, image satellite ou autre preuve matérielle n’a été produite par des sources crédibles corroborant l’abattage d’un Sukhoi des FARDC. Toutes les images ou vidéos prétendant montrer cet événement ont été décryptées comme étant de sources non vérifiables ou potentiellement manipulées.

  1. Activités aériennes des FARDC confirmées

En revanche, plusieurs images, y compris publiées sur des plateformes publiques comme YouTube, montrent des Sukhoi utilisés par les FARDC pour des missions d’appui aérien contre les rebelles, notamment dans des zones comme Masisi (Nord-Kivu). Sur ces séquences, ces appareils sont vus en mission, non détruits, ce qui contredit les rumeurs d’abattage.

Autres opérations militaires au Sud-Kivu autour de la même période

  1. Neutralisation de drones rebelles

Le 22 août 2025, une unité des FARDC a réussi à abattre un drone kamikaze utilisé par les rebelles du M23/AFC dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, une action saluée par l’armée comme une victoire tactique importante dans la protection des positions congolaises.

Le 6 décembre 2025, l’armée congolaise a également neutralisé un drone kamikaze et un char rebelle lors de violents combats dans la chaîne de montagnes Ngomo et à Luvungi, démontrant la capacité des forces loyalistes à contrer les incursions aériennes et blindées de l’ennemi.

  1. Destruction d’embarcations rebelles

Le 26 décembre 2025, au port de Kalundu (Uvira), les FARDC ont réussi à détruire deux embarcations rapides (speedboats) utilisées par les rebelles et leurs soutiens rwandais, interrompant ainsi un important flux logistique pour les combattants ennemis.

Analyse : pourquoi cette rumeur a-t-elle circulé ?

Les rumeurs concernant l’abattage d’un avion Sukhoi apparaissent dans un contexte de fortes tensions médiatiques et de guerre de l’information dans l’Est de la RDC. Elles peuvent servir plusieurs objectifs :

Démoraliser les troupes FARDC et la population congolaise en diffusant de fausses victoires rebelles.

Déstabiliser l’opinion publique locale et internationale en créant un sentiment de supériorité militaire des insurgés.

Détourner l’attention des récents succès tactiques de l’armée (comme la reprise de villages ou la neutralisation de drones).

L’armée congolaise a elle-même qualifié ces rumeurs de « stratégies d’armées numériques », visant à manipuler les perceptions locales et internationales sans fondement factuel.

aucune preuve crédible n’atteste qu’un avion de combat de type Sukhoi appartenant aux FARDC ait été abattu par les rebelles du M23, de l’AFC ou des RDF au Sud-Kivu. Les FARDC ont officiellement démenti ces allégations, qualifiant les informations de désinformation non vérifiée propagée sur les réseaux sociaux.

Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent avec des succès relatifs pour l’armée congolaise, notamment la reprise de plusieurs zones stratégiques, la neutralisation de drones ennemis et la destruction de moyens logistiques essentiels aux rebelles. L’environnement sécuritaire reste toutefois volatile, exigeant vigilance, vérification des faits et attention portée aux communications officielles plutôt qu’aux messages non corroborés.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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