Kinshasa paralysée par la pluie : un tronçon stratégique de l’avenue de la Libération impraticable à Bandalungwa

Les fortes pluies qui se sont abattues sur la ville-province de Kinshasa dans la soirée de ce mercredi 14 janvier  2026 ont une nouvelle fois mis à rude épreuve les infrastructures routières de la capitale congolaise. À Bandalungwa, un tronçon important de l’avenue de la Libération, situé entre le rond-point Moulaert et l’arrêt Fulu, est devenu totalement impraticable, plongeant les usagers dans de grandes difficultés de circulation, selon des images relayées par l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

Il était environ 18 heures lorsque la pluie a commencé à tomber avec intensité sur plusieurs communes du centre de Kinshasa. En l’espace de quelques dizaines de minutes, les eaux de ruissellement ont envahi la chaussée sur ce tronçon très fréquenté de l’avenue de la Libération, transformant la route en un véritable bourbier. Des flaques profondes, mêlées de boue, de déchets plastiques et de sable, ont rendu tout passage presque impossible pour les véhicules légers comme pour les piétons.

Des témoins sur place décrivent une circulation complètement paralysée. Certains conducteurs ont été contraints de faire demi-tour, tandis que d’autres sont restés immobilisés pendant de longues minutes, craignant des pannes mécaniques dues à l’eau stagnante. Les motocyclistes, quant à eux, tentaient tant bien que mal de se frayer un passage, souvent au risque de chutes.

Un axe routier stratégique pour Bandalungwa

L’avenue de la Libération est l’un des principaux axes reliant plusieurs quartiers de la commune de Bandalungwa à d’autres zones stratégiques de la capitale, notamment Kasa-Vubu et la commune de la Gombe. Le tronçon compris entre le rond-point Moulaert et l’arrêt Fulu est particulièrement vital, car il dessert des marchés, des écoles, des centres de santé et de nombreux commerces.

En temps normal, cette portion de route connaît déjà une forte affluence, surtout aux heures de pointe. Mais avec la pluie de ce mercredi soir, la situation s’est rapidement dégradée, accentuant les embouteillages et provoquant un ralentissement généralisé des activités économiques dans la zone.

Des habitants exaspérés par une situation récurrente

Pour les riverains et les usagers réguliers, cette situation n’a rien de nouveau. À chaque saison des pluies, le même scénario se répète. « Il suffit d’une forte pluie pour que cette route devienne impraticable. Nous vivons cela chaque année », déplore un habitant du quartier Adoula, rencontré sur place. Selon lui, le problème principal réside dans l’état défectueux des caniveaux et l’absence d’un système de drainage efficace.

Plusieurs commerçants installés le long de l’avenue affirment avoir subi des pertes, leurs clients ne pouvant plus accéder facilement à leurs boutiques. Certains étals ont même été partiellement inondés, endommageant des marchandises.

La question du drainage et de l’entretien des routes

Les images diffusées par l’ACP montrent clairement des caniveaux obstrués par des déchets, empêchant l’évacuation normale des eaux de pluie. Cette situation soulève une fois de plus la question de l’entretien régulier des infrastructures urbaines à Kinshasa. De nombreux experts en urbanisme estiment que les inondations récurrentes dans la capitale sont aggravées par l’absence de curage systématique des caniveaux et par l’occupation anarchique des emprises publiques.

À Bandalungwa comme dans d’autres communes, les routes sont souvent construites ou réhabilitées sans un système d’assainissement adapté à l’intensité des pluies tropicales. Résultat : au moindre épisode pluvieux, les chaussées se dégradent rapidement, favorisant l’apparition de nids-de-poule, d’érosions et d’affaissements.

Impact sur la mobilité et la sécurité

Outre les désagréments liés à la circulation, l’impraticabilité de ce tronçon pose également un sérieux problème de sécurité. Les piétons, contraints de marcher sur des voies inondées ou glissantes, s’exposent à des risques de chute. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables dans ce type de situation.

Par ailleurs, la stagnation prolongée de l’eau sur la chaussée peut favoriser la détérioration accélérée du bitume, rendant la route encore plus dangereuse dans les jours à venir, même après l’arrêt de la pluie.

Un défi permanent pour les autorités urbaines

Face à ces épisodes récurrents, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler les autorités de la ville-province de Kinshasa à des actions durables. Les habitants de Bandalungwa réclament non seulement une réhabilitation complète de ce tronçon de l’avenue de la Libération, mais aussi un programme régulier d’entretien des caniveaux et de sensibilisation de la population à la gestion des déchets.

« Tant que les caniveaux resteront bouchés et que les travaux seront faits sans suivi sérieux, nous continuerons à vivre ce calvaire », estime un conducteur de taxi-bus, bloqué pendant plus d’une heure près de l’arrêt Fulu.

Une capitale toujours vulnérable aux intempéries

Cet incident survenu le 14 janvier 2026 rappelle, une fois de plus, la grande vulnérabilité de Kinshasa face aux intempéries. Avec une population estimée à plus de 15 millions d’habitants et une urbanisation rapide, la capitale congolaise peine à adapter ses infrastructures aux réalités climatiques actuelles.

Alors que la saison des pluies est loin d’être terminée, les habitants de Bandalungwa et des communes environnantes redoutent déjà les prochaines averses. En attendant des solutions durables, ils continuent de faire preuve de résilience, malgré les difficultés quotidiennes imposées par l’état des routes et les caprices du climat.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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