RDC : Mike Mukebayi appelle les militants d’Ensemble à se mobiliser contre toute tentative de changement constitutionnel

En République démocratique du Congo, la question d’une éventuelle modification de la Constitution continue d’alimenter le débat politique. Dans ce contexte tendu, Mike Mukebayi, cadre du parti Ensemble pour la République, a appelé les militants de sa formation politique à se tenir prêts afin de barrer la route à ce qu’il qualifie d’« idée diabolique », faisant allusion à une éventuelle révision constitutionnelle.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique encore marqué par les suites des élections générales de décembre 2023 en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs mois, les relations entre la majorité au pouvoir et certaines figures de l’opposition restent tendues, notamment autour des questions de gouvernance, de transparence électorale et des réformes institutionnelles.

Lors d’une intervention médiatique largement relayée sur les réseaux sociaux, l’ancien député provincial de Kinshasa a exprimé son inquiétude face aux rumeurs persistantes concernant un projet de modification de la Constitution de la République démocratique du Congo. Pour lui, toute tentative visant à modifier la loi fondamentale du pays dans le contexte actuel constituerait une menace pour la démocratie et la stabilité institutionnelle.

Une mobilisation politique annoncée

Dans son message adressé aux militants d’Ensemble pour la République, Mike Mukebayi a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue face à ce qu’il considère comme une stratégie politique dangereuse.

Selon lui, la population congolaise ne doit pas rester passive face à toute tentative de modification de la Constitution, notamment si celle-ci devait toucher aux dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels ou aux équilibres institutionnels.

« Nous devons nous préparer à défendre la Constitution et à empêcher toute tentative de manipulation », a-t-il déclaré en substance, appelant les militants et sympathisants de son parti à se mobiliser pour protéger ce qu’il considère comme les acquis démocratiques du pays.

Ancien député provincial de Kinshasa et figure connue de l’opposition congolaise, Mike Mukebayi est également un proche du leader de l’opposition Moïse Katumbi et membre influent du parti Ensemble pour la République.

Pour Mukebayi, la Constitution congolaise constitue un pilier fondamental de l’État de droit et ne doit pas être modifiée pour des intérêts politiques particuliers. Il estime que les priorités du pays devraient plutôt être orientées vers la résolution des problèmes sécuritaires, économiques et sociaux auxquels la population est confrontée.

Des soupçons visant le pouvoir en place

Dans son intervention, Mike Mukebayi a également laissé entendre que certaines manœuvres politiques seraient en cours au sommet de l’État. Sans présenter de preuves concrètes d’un projet officiel de révision constitutionnelle, il affirme que le pouvoir chercherait à préparer le terrain pour un changement de la loi fondamentale.

Il a notamment évoqué le rôle du président de la République, Félix Tshisekedi, qu’il accuse de « jouer la montre » dans le cadre des discussions politiques en cours.

Selon Mukebayi, la stratégie du chef de l’État consisterait à retarder certaines décisions politiques majeures afin de créer les conditions favorables à un dialogue national qui pourrait ouvrir la voie à des réformes institutionnelles controversées.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par des tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition, notamment autour de la gouvernance du pays et des perspectives institutionnelles à moyen terme.

Du côté de la majorité présidentielle, aucune déclaration officielle ne confirme l’existence d’un projet de modification de la Constitution. Plusieurs responsables politiques proches du pouvoir ont, par le passé, affirmé que la priorité du gouvernement reste la consolidation des institutions démocratiques et la mise en œuvre des réformes socio-économiques.

L’hypothèse d’un dialogue politique

Par ailleurs, Mike Mukebayi affirme qu’un dialogue politique national serait bel et bien en préparation en République démocratique du Congo. Selon lui, cette perspective serait inévitable compte tenu des divergences politiques persistantes entre les différentes forces politiques du pays.

Pour l’opposant, ce dialogue pourrait être utilisé comme une plateforme pour aborder des questions sensibles, notamment celles liées à la Constitution, au processus électoral ou encore à la gouvernance des institutions.

Cependant, il estime que les forces politiques de l’opposition doivent aborder ce dialogue avec prudence afin d’éviter toute manipulation politique.

Dans ses propos, il laisse entendre que certaines initiatives politiques pourraient être utilisées pour légitimer des décisions déjà envisagées par le pouvoir en place.

« Il y aura un dialogue, c’est évident. Mais il faut comprendre que certains acteurs politiques cherchent à gagner du temps », a-t-il affirmé.

Un débat récurrent en RDC

La question d’une éventuelle modification de la Constitution revient régulièrement dans le débat politique congolais. Depuis plusieurs années, certains analystes et acteurs politiques évoquent la possibilité d’une révision constitutionnelle afin d’adapter les institutions aux réalités politiques du pays.

Cependant, cette perspective suscite de fortes résistances, notamment au sein de l’opposition et de la société civile, qui craignent que certaines modifications puissent servir à prolonger le pouvoir en place ou à modifier l’équilibre institutionnel établi par la Constitution actuelle.

La Constitution congolaise, adoptée en 2006 et révisée en 2011, limite notamment le nombre de mandats présidentiels à deux. Cette disposition est souvent considérée comme l’un des piliers de la stabilité démocratique du pays.

Toute tentative de modification touchant à cette question pourrait donc provoquer d’importantes tensions politiques et sociales.

Plusieurs observateurs rappellent que la Constitution congolaise constitue le socle de l’organisation politique du pays. Toute modification de ses dispositions, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels, suscite souvent des débats passionnés au sein de la classe politique et de la population.

Des réactions attendues

Les déclarations de Mike Mukebayi devraient susciter des réactions dans la classe politique congolaise, aussi bien du côté de la majorité présidentielle que de l’opposition.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite par le gouvernement concernant un projet de modification de la Constitution. Les autorités congolaises ont, à plusieurs reprises, affirmé leur attachement au respect de la loi fondamentale et au fonctionnement des institutions républicaines.

Toutefois, dans un contexte politique marqué par des débats sur les réformes institutionnelles, les déclarations de certaines figures politiques continuent d’alimenter les spéculations.

Pour certains analystes politiques, la question d’une éventuelle révision constitutionnelle reste un sujet sensible en RDC. Ils estiment que toute discussion autour de la modification de la loi fondamentale doit se faire dans un cadre transparent et consensuel afin d’éviter des tensions politiques ou sociales.

Une tension politique persistante

En attendant d’éventuelles clarifications de la part des autorités, les propos de Mike Mukebayi témoignent du climat de méfiance qui persiste entre le pouvoir et une partie de l’opposition en République démocratique du Congo.

Alors que le pays fait face à de nombreux défis, notamment sur le plan sécuritaire dans l’est du territoire et sur le plan socio-économique, les questions institutionnelles continuent d’occuper une place importante dans le débat public.

Pour plusieurs observateurs, la gestion de ces débats politiques sera déterminante pour la stabilité politique du pays dans les années à venir.

Dans ce contexte, les appels à la mobilisation lancés par certains leaders politiques pourraient contribuer à intensifier les tensions si les différentes parties ne parviennent pas à instaurer un climat de dialogue et de confiance.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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