
Les autorités congolaises montent au créneau pour calmer les inquiétudes de la population face aux longues files d’attente observées dans plusieurs stations-service de la capitale. La Ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a assuré ce lundi qu’il n’existe aucune pénurie de carburant ni à Kinshasa ni dans le reste du pays.
En République démocratique du Congo, le secteur des hydrocarbures repose en grande partie sur l’importation des produits pétroliers. Cette dépendance rend le pays sensible aux fluctuations du marché international et aux contraintes logistiques, notamment en matière de transport et de stockage.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une psychose croissante au sein de la population kinoise, alimentée notamment par des rumeurs persistantes sur une supposée rupture de stock en essence et en gasoil. Dès les premières heures de la journée, plusieurs stations-service de la capitale ont été prises d’assaut par des automobilistes et motocyclistes, donnant lieu à des files d’attente inhabituelles.
Une visite stratégique à la SEP Congo
Pour faire la lumière sur la situation, la ministre s’est rendue dans les installations de SEP Congo, situées dans la commune de Gombe. Cette structure joue un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers en République démocratique du Congo, notamment en matière de stockage et de distribution.
Accompagnée de son équipe, la ministre a échangé avec les responsables de l’entreprise, dont le Directeur général Malick Ndiaye, afin d’évaluer l’état réel des stocks disponibles. À l’issue de cette réunion, le constat dressé par les autorités se veut rassurant.
Selon Malick Ndiaye, les réserves en carburant sont suffisantes pour couvrir les besoins actuels de la capitale et des provinces. « Le stock est disponible aussi bien en gasoil qu’en essence », a-t-il affirmé, balayant ainsi toute hypothèse de pénurie.

Selon SEP Congo, la capitale dispose de plus de 15 000 mètres cubes d’essence et de gasoil, assurant une couverture d’au moins 15 jours à la consommation actuelle.
Un message d’apaisement à la population
Face à la montée de la tension observée dans certaines zones de Kinshasa, Acacia Bandubola Mbongo a tenu à adresser un message clair et direct à la population. Dans une déclaration publique, elle a insisté sur la nécessité de garder son calme et de ne pas céder à la panique.
« Le seul message le plus important à lancer aujourd’hui aux Kinois, c’est un message d’apaisement. Il n’y a pas de problème de carburant à Kinshasa ni à l’intérieur du pays », a-t-elle déclaré.
La ministre a également précisé que la couverture en carburant est assurée sur base des données techniques fournies par la SEP Congo. Elle a souligné que les files d’attente observées ne sont pas liées à une rupture d’approvisionnement, mais plutôt à un effet de rumeur qui a provoqué une ruée vers les stations-service.
« Le problème des files d’attente dans les stations-service ne résulte pas d’un manque de carburant. C’est une rumeur. Le carburant est disponible », a-t-elle martelé.
Le phénomène de panique collective
La situation observée à Kinshasa illustre un phénomène bien connu dans les grandes villes confrontées à des rumeurs de pénurie : la panique collective. En effet, la simple crainte d’un manque suffit souvent à provoquer une hausse soudaine de la demande, entraînant des embouteillages dans les stations-service, même en présence de stocks suffisants.
Cette situation a eu des répercussions immédiates sur la mobilité urbaine. Plusieurs conducteurs de taxis et de motos ont signalé des pertes de temps importantes, tandis que certains travailleurs ont accusé des retards dans leurs activités quotidiennes.
Dans ce cas précis, plusieurs observateurs estiment que la diffusion d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux a contribué à amplifier la psychose. Des messages alarmistes, relayés massivement, ont incité de nombreux citoyens à se précipiter pour faire le plein, créant ainsi une pression artificielle sur le réseau de distribution.
Un enjeu économique et social majeur
Le carburant constitue un produit stratégique pour la vie économique et sociale de la RDC, et particulièrement pour la ville de Kinshasa. Il alimente non seulement les véhicules de transport public et privé, mais aussi les groupes électrogènes utilisés par de nombreux ménages et entreprises en raison des insuffisances dans la fourniture d’électricité.
Toute perturbation, réelle ou supposée, dans l’approvisionnement en produits pétroliers peut donc avoir des répercussions importantes sur le coût de la vie, la mobilité urbaine et l’activité économique.
C’est dans ce contexte que la réaction rapide des autorités apparaît comme une tentative de prévenir une crise plus large. En rassurant la population, le gouvernement cherche à éviter une spéculation sur les prix ou une désorganisation du marché.
Kinshasa a déjà connu plusieurs épisodes de panique liés au carburant, notamment en 2022 et 2024, où des rumeurs de rupture avaient provoqué des queues interminables, malgré des stocks suffisants.
La responsabilité de la communication
Cette situation met également en lumière l’importance de la communication institutionnelle en période de tension. L’intervention directe de la ministre sur le terrain, ainsi que ses déclarations publiques, visent à rétablir la confiance et à contrer les fausses informations.
Cependant, certains analystes estiment que les autorités devraient renforcer leurs mécanismes de veille et de communication proactive afin d’anticiper ce type de crise. Une information régulière et transparente sur l’état des stocks et de l’approvisionnement pourrait contribuer à limiter la propagation des rumeurs.
Vers un retour à la normale ?
À la suite des assurances données par la ministre et les responsables de la SEP Congo, un retour progressif à la normale est attendu dans les stations-service de la capitale. Si la population adhère au message d’apaisement, les files d’attente devraient diminuer dans les prochaines heures ou jours.
Néanmoins, la situation reste à surveiller, notamment en raison de la sensibilité du secteur pétrolier aux facteurs logistiques, économiques et géopolitiques. La moindre perturbation dans la chaîne d’approvisionnement internationale peut avoir des répercussions locales.
Si les rumeurs persistent, elles pourraient entraîner des comportements spéculatifs, notamment une hausse illégale des prix ou le développement du marché noir du carburant.
En dépit des scènes inhabituelles observées dans plusieurs stations-service de Kinshasa ce lundi 23 mars 2026, les autorités congolaises se veulent rassurantes : il n’y a pas de pénurie de carburant. La ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, appelle à la sérénité et insiste sur le fait que les stocks sont suffisants.
Cette situation rappelle toutefois la fragilité de l’équilibre entre perception et réalité dans la gestion des ressources stratégiques. Entre rumeurs, comportements collectifs et communication officielle, la stabilité du marché dépend autant de la disponibilité réelle des produits que de la confiance de la population.
Dans l’immédiat, le message du gouvernement est clair : le carburant est disponible, et la population est invitée à ne pas céder à la panique.
La gestion de cette situation constitue un test important pour les autorités, appelées à renforcer leur communication, mais aussi pour la population, invitée à privilégier les sources officielles d’information.
Esaïe Vumi objectif DK TV