Mise en service de la centrale de Kakobola : Le Kwilu s’illumine enfin grâce à l’implication du chef de l’État Félix tshisekedi tshilombo

C’est un jour gravé en lettres d’or dans les annales de la province du Kwilu. Ce jeudi 26 mars 2026 , sous un soleil de plomb mais dans une ambiance de fête électrique, le Président de la République Félix tshisekedi tshilombo a officiellement procédé à la mise en service du réseau de distribution de la centrale hydroélectrique de Kakobola. Ce geste symbolique met fin à des décennies d’obscurité pour des milliers de Congolais et marque le début d’une ère nouvelle pour cette partie du pays.

Longtemps perçu comme un projet sans fin, le barrage de Kakobola est désormais une réalité tangible. Avec une puissance installée de 10,5 Mégawatts, l’infrastructure alimente dès aujourd’hui plus de 9 000 ménages, transformant radicalement le quotidien des villes de Gungu, Kikwit et Idiofa.

Une prouesse technique au service du développement

Située sur la rivière Lufuku, à environ 45 kilomètres de la ville de Gungu, la centrale de Kakobola est un chef-d’œuvre de génie civil. Elle représente le premier et l’unique barrage construit dans la province du Kwilu. Techniquement, l’installation repose sur trois unités de production (turbines) de 3,5 Mégawatts chacune, permettant une gestion flexible et stable de l’énergie.

La construction de cette centrale a nécessité des années de travaux acharnés, surmontant des défis logistiques et financiers majeurs. Mais le résultat est là : une électricité propre, renouvelable et surtout constante. Pour les experts, ce projet est le modèle même de la décentralisation énergétique dont la République Démocratique du Congo a besoin pour booster son développement rural.

Un impact social immédiat : L’amélioration des services de base
L’arrivée du courant électrique à Kakobola n’est pas qu’une question de confort domestique ; c’est un levier de survie et de dignité humaine.

  • Santé : Les hôpitaux et centres de santé de la région peuvent enfin abandonner les générateurs capricieux et coûteux. La chaîne de froid pour les vaccins est désormais sécurisée, et les interventions chirurgicales peuvent être pratiquées la nuit sans crainte d’une coupure soudaine.
  • Éducation : Pour les élèves et étudiants, l’accès à l’électricité signifie la possibilité d’étudier le soir, d’accéder à l’outil informatique et de se connecter au monde via Internet. Les écoles techniques pourront enfin utiliser des machines-outils pour la formation pratique des jeunes.
  • Sécurité : L’éclairage public, qui commence à s’installer dans les artères principales des centres urbains connectés, va contribuer significativement à la réduction de l’insécurité nocturne.

Le principe d’un barrage comme celui de Kakobola est magique mais repose sur une science très simple : transformer la force du mouvement en électricité. On peut comparer cela à une dynamo sur un vélo qui allume l’ampoule quand on pédale vite.
Voici les trois étapes clés qui se déroulent à l’intérieur de la centrale :

  1. La force de la chute d’eau
    Tout commence avec la rivière Lufuku. Les ingénieurs ont construit un mur (le barrage) pour retenir l’eau et créer une réserve. On force ensuite cette eau à passer dans de gros tuyaux fermés. En tombant de haut avec une forte pression, l’eau accumule une énergie énorme. C’est ce qu’on appelle l’énergie hydraulique.
  2. La turbine : le cœur qui tourne
    Au bout de ces tuyaux, l’eau frappe les pales d’une turbine. Imaginez un moulin à eau moderne ou un ventilateur géant. Sous la pression de la rivière, la turbine se met à tourner très rapidement. À Kakobola, il y a trois turbines de ce type. C’est ici que le mouvement de l’eau est récupéré.
  3. L’alternateur : l’usine à courant
    La turbine est reliée par une barre de fer (un axe) à une deuxième machine appelée l’alternateur. C’est la pièce la plus importante. À l’intérieur, il y a de gros aimants qui tournent autour de bobines de cuivre. Ce mouvement de rotation crée un champ invisible qui déplace les électrons : c’est ainsi que naît le courant électrique.
  4. Le voyage vers les maisons
    Une fois produite, cette électricité passe par un transformateur qui augmente sa « force » (la tension) pour qu’elle puisse voyager sans se perdre dans les câbles. Elle parcourt ensuite les lignes électriques sur des poteaux jusqu’aux villes de Gungu, Kikwit ou Idiofa. Arrivée dans votre quartier, elle est à nouveau transformée pour être utilisable par vos ampoules, vos télévisions et vos téléphones.
    Pourquoi est-ce une bonne solution ?
    Contrairement aux groupes électrogènes qui brûlent du carburant cher et polluant, le barrage utilise une ressource gratuite et éternelle : la pluie et la rivière. On ne « consomme » pas l’eau ; on utilise simplement sa force avant de la rendre à la nature, un peu plus bas après le barrage. C’est ce qu’on appelle une énergie renouvelable et propre.

La relance économique : Créer de la richesse locale

Le Kwilu est une province à forte vocation agricole. Cependant, l’absence d’énergie empêchait jusqu’ici la transformation locale des produits. Avec 10,5 Mégawatts disponibles, les opportunités d’affaires explosent.

« C’est un accomplissement historique, » a déclaré un commerçant local lors de la cérémonie. « Nous n’allons plus seulement vendre du maïs ou du manioc brut. Nous allons pouvoir installer des moulins électriques, des presses à huile et des unités de conservation pour nos fruits. »

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : créer des unités de production locales. Ces petites et moyennes industries (PMI) sont le moteur de la création d’emplois. En réduisant la dépendance aux produits importés des grandes villes ou de l’étranger, Kakobola permet aux entrepreneurs locaux de devenir compétitifs grâce à la réduction drastique des coûts énergétiques.

Le défi de la maintenance et de la gestion

Si la mise en service est un succès, le plus grand défi reste désormais la pérennisation de l’ouvrage. La gestion du réseau de distribution devra être exemplaire pour garantir la fiabilité de l’approvisionnement sur le long terme. Les autorités ont insisté sur la nécessité pour les abonnés de s’acquitter de leurs factures pour permettre l’entretien régulier des machines et l’extension future du réseau.

Le Président a souligné que Kakobola n’était qu’une étape. L’ambition est de connecter, dans une phase ultérieure, encore plus de localités et de renforcer les lignes de transport pour que chaque recoin du Kwilu puisse bénéficier de cette « manne blanche ».
Conclusion : Un symbole d’espoir
En ce 26 mars 2026, la province du Kwilu a prouvé qu’avec de la volonté politique et de la persévérance technique, il est possible de relever les plus grands défis infrastructurels. Le barrage de Kakobola n’est pas seulement un mur de béton et des câbles de cuivre ; c’est le symbole d’une RDC qui se reconstruit, un kilowatt à la fois.

Pour les 9 000 premiers ménages raccordés, la nuit ne sera plus jamais la même. Les lumières qui s’allument ce soir à Gungu et ses environs brillent comme autant de promesses d’un avenir plus prospère pour tous les fils et filles du Grand Bandundu.

Esaïe Vumi objectif DK TV

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