
Le débat sur la révision de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC) connaît un tournant majeur avec l’entrée en scène des Églises de réveil. Réunis à Kinshasa au cours d’une série de rencontres et de consultations, les leaders de cette plateforme religieuse ont officiellement exprimé leur soutien à un changement de la loi fondamentale, tout en promettant de mobiliser leurs fidèles à travers le pays.
Selon plusieurs sources concordantes, dont Authentik.cd et Ouragan.cd, cette prise de position a été rendue publique à l’issue d’une matinée de réflexion organisée dans la capitale congolaise sous l’impulsion de l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, représentant légal de la plateforme des Églises de réveil.
Une déclaration forte en faveur d’un changement constitutionnel
Lors de cette rencontre tenue notamment à l’hôtel Fleuve Congo, plusieurs responsables religieux, membres de la société civile ainsi que des experts en droit constitutionnel ont pris part aux échanges.
Au cœur des discussions : la nécessité ou non de modifier la Constitution actuelle de la RDC. À l’issue des travaux, les participants ont largement convergé vers une position favorable à sa révision, voire à son remplacement.
« Modifier la Constitution, c’est adapter les règles dans l’intérêt du peuple », a déclaré l’archevêque Ejiba Yamapia, soulignant qu’aucune disposition constitutionnelle ne devrait être considérée comme intangible.
Pour les Églises de réveil, cette réforme est présentée comme une réponse aux défis actuels de gouvernance et de développement auxquels le pays est confronté.
Une critique de l’origine de la Constitution actuelle
Les leaders religieux ont également mis en avant l’origine historique de la Constitution en vigueur, adoptée dans un contexte post-conflit. Selon eux, ce texte serait davantage le fruit d’un compromis entre anciens belligérants qu’un véritable projet de société porté par le peuple congolais.
Des experts ayant participé aux échanges ont ainsi évoqué les limites de la Constitution actuelle, notamment sur le plan économique et institutionnel.
Dans cette perspective, les Églises de réveil estiment qu’une nouvelle Constitution pourrait permettre de mieux répondre aux aspirations de développement du pays. Elles plaident pour une « Constitution de développement » plutôt qu’un simple ajustement du texte existant.
Vers une mobilisation des fidèles
Au-delà de la prise de position, les Églises de réveil entendent jouer un rôle actif dans ce processus. Elles ont annoncé leur volonté de mobiliser leurs fidèles afin de soutenir cette initiative et de sensibiliser la population aux enjeux constitutionnels.
« Nous sommes prêts à sensibiliser le peuple pour comprendre qu’il nous faut une Constitution changée », a affirmé l’archevêque Ejiba.
Cette mobilisation pourrait s’appuyer sur l’importante base sociale des Églises de réveil, qui regroupent des millions de fidèles à travers le pays, avec une forte présence à Kinshasa.
Les responsables religieux envisagent également la création d’une coalition réunissant différentes confessions religieuses et acteurs de la société civile afin de peser dans le débat national.
Un débat relancé dans un contexte politique sensible
Cette prise de position intervient alors qu’une proposition de loi sur le changement constitutionnel est en discussion en RDC, relançant un débat déjà sensible dans l’opinion publique.
Le texte évoqué prévoit notamment la mise en place d’un processus structuré incluant des consultations nationales, la création éventuelle d’une assemblée constituante et l’organisation d’un référendum populaire pour valider une nouvelle Constitution.
Dans ce contexte, l’implication des Églises de réveil donne une nouvelle dimension au débat, en y intégrant une composante religieuse influente.
Des réactions contrastées dans la classe politique
Si certains acteurs politiques voient d’un bon œil cette mobilisation en faveur d’un changement constitutionnel, d’autres expriment des inquiétudes quant aux risques d’instrumentalisation ou de déséquilibre institutionnel.
Des figures de l’opposition ont déjà mis en garde contre toute réforme qui pourrait remettre en cause les acquis démocratiques du pays.
Dans l’opinion publique également, les avis restent partagés. Certains citoyens considèrent qu’une réforme est nécessaire pour moderniser l’État, tandis que d’autres redoutent une dérive politique.
Un appel à un débat apaisé et inclusif
Face à ces divergences, les leaders des Églises de réveil appellent à un débat démocratique apaisé. Ils insistent sur la nécessité d’impliquer le peuple congolais dans toute démarche de réforme constitutionnelle.
« Le peuple doit être au centre de la décision », a insisté l’archevêque Ejiba, plaidant pour une consultation populaire transparente.
Il a également exhorté les acteurs politiques à éviter toute manipulation ou instrumentalisation du débat, privilégiant un échange d’idées constructif.
Une influence croissante des acteurs religieux
L’engagement des Églises de réveil dans ce dossier illustre le rôle croissant des acteurs religieux dans la vie publique congolaise. Déjà impliquées dans des processus électoraux ou des actions sociales, ces organisations disposent d’une forte capacité de mobilisation.
Leur prise de position sur une question aussi stratégique que la Constitution pourrait ainsi influencer significativement l’évolution du débat national.
En se déclarant favorables à un changement de la Constitution et en annonçant une mobilisation de leurs fidèles, les Églises de réveil s’imposent désormais comme un acteur clé du débat politique en RDC.
Alors que le pays s’interroge sur l’opportunité d’une réforme constitutionnelle, cette nouvelle dynamique, mêlant politique, société civile et religion, pourrait redéfinir les contours du processus démocratique congolais dans les mois à venir.
Le débat est désormais lancé, et son issue dépendra en grande partie de la capacité des différents acteurs à trouver un consensus autour de l’avenir institutionnel du pays.
Esaïe Vumi objectif DK TV