
Dans un contexte sécuritaire marqué par des défis complexes, la République démocratique du Congo s’engage sur la voie d’une réforme profonde de son armée. C’est dans cette dynamique que le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense nationale et anciens combattants, S.E. Me Guy Kabombo Muadiamvita, a reçu, ce jeudi 21 août 2025, à l’Hôtel de la Défense, le Ministre délégué en charge des anciens combattants, S.E. Éliezer Ntambwe Ntambwe, pour une rencontre officielle de prise de contact.
Cette rencontre inaugure une nouvelle phase de coopération institutionnelle, avec pour objectif de renforcer la coordination stratégique entre les deux portefeuilles, d’améliorer la prise en charge des anciens combattants et d’accélérer la réforme globale des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Un échange stratégique aux enjeux multiples
Dès l’ouverture de la séance, le VPM Guy Kabombo a dressé un état des lieux exhaustif des défis que rencontre actuellement le secteur de la Défense :
Amélioration des conditions de vie des militaires et anciens combattants ;
Modernisation des infrastructures militaires et des équipements stratégiques ;
Professionnalisation des FARDC à travers la formation continue ;
Renforcement du cadre juridique encadrant les droits et devoirs des forces armées.
Le VPM a rappelé que la Défense nationale est une priorité présidentielle, portée par le Commandant suprême des FARDC, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ce dernier a assigné une mission claire : bâtir une armée républicaine, professionnelle, efficace et respectueuse des droits humains.
« La République démocratique du Congo doit se doter d’une armée moderne, disciplinée et forte, capable de défendre l’intégrité territoriale et d’assurer la sécurité de ses citoyens », a déclaré Me Guy Kabombo.
Les anciens combattants au cœur de la réforme
La rencontre du 21 août 2025 a accordé une place de choix à la question des anciens combattants, souvent laissés pour compte dans les politiques publiques précédentes. Le Ministre délégué Éliezer Ntambwe a exprimé son engagement à renforcer les mécanismes de protection sociale et administrative destinés à cette catégorie.
« Les anciens combattants ont servi la Nation avec honneur. Il est temps de leur rendre la dignité qu’ils méritent. Notre mission est de leur garantir une meilleure prise en charge, des droits respectés et une réinsertion effective dans la société », a-t-il affirmé.
Plusieurs mesures prioritaires ont été évoquées :
La digitalisation complète des dossiers administratifs pour assurer la transparence dans la gestion des pensions ;
La réhabilitation des centres médicaux militaires et la gratuité des soins pour les vétérans ;
La mise en place de programmes de formation et de reconversion professionnelle pour faciliter leur intégration socio-économique ;
La création d’un fonds spécial d’aide aux anciens combattants.
Une vision commune sous l’impulsion du Commandant suprême
Le Président Félix Tshisekedi a fixé une feuille de route claire pour le secteur de la Défense. Les deux ministres ont réaffirmé leur volonté de s’inscrire dans cette dynamique. Trois axes stratégiques ont été retenus :
- La modernisation opérationnelle des FARDC
La priorité absolue est de renforcer la capacité opérationnelle de l’armée pour faire face aux groupes armés encore actifs dans l’Est du pays, protéger les frontières et garantir la sécurité nationale. Cela passe par :
La modernisation des équipements militaires ;
L’amélioration de la logistique sur le terrain ;
La formation continue des troupes et des cadres.
- L’amélioration des conditions sociales
L’objectif est de restaurer la dignité des militaires en leur assurant un revenu décent, une couverture médicale adéquate et un accès facilité aux infrastructures sociales.
- La réinsertion socio-économique des anciens combattants
La réussite de la réforme dépend aussi de la capacité du gouvernement à réintégrer les anciens militaires dans la vie civile. Un plan national de reconversion est en préparation, avec l’appui de partenaires internationaux.
Une coopération institutionnelle renforcée
La rencontre entre le VPM Kabombo et le Ministre délégué Ntambwe marque le début d’une collaboration structurée. Plusieurs décisions ont été prises :
La création d’un comité technique conjoint chargé de suivre la mise en œuvre des réformes ;
L’harmonisation des bases de données administratives entre les deux portefeuilles ;
L’organisation de consultations régulières pour évaluer l’avancement des programmes prioritaires ;
Le lancement de programmes pilotes de réinsertion dans les provinces du Kongo-Central, du Haut-Katanga et du Nord-Kivu.
La Secrétaire générale aux anciens combattants, le Général-Major Kabuanga Symphorose, présente à la rencontre, a salué l’initiative, rappelant que la réussite de cette réforme repose sur l’unité d’action entre les différentes institutions.
Un contexte sécuritaire sous tension
La RDC traverse une période cruciale sur le plan sécuritaire.
Les FARDC font face à de multiples défis :
La lutte contre les groupes armés dans l’Est du pays ;
La gestion des conflits communautaires ;
La sécurisation des frontières face aux menaces régionales ;
La montée des cybermenaces nécessitant des compétences nouvelles au sein de l’armée.
Le VPM Kabombo a souligné que la réforme ne pouvait réussir qu’avec un engagement collectif :
« La Défense nationale est l’affaire de tous. C’est ensemble que nous construirons une armée forte et respectée », a-t-il affirmé.
Une feuille de route ambitieuse pour les mois à venir
Les deux ministres ont établi un agenda d’actions prioritaires :
Lancement d’un recensement national des anciens combattants ;
Mise en place d’un fonds spécial d’aide et d’un programme national de pension unique ;
Réhabilitation des hôpitaux militaires et construction de nouveaux centres de soins ;
Création d’écoles de formation professionnelle pour les vétérans ;
Ouverture de nouvelles antennes provinciales pour une meilleure gestion des dossiers administratifs.
Un message d’espoir pour les forces armées
Cette rencontre est perçue comme un tournant majeur pour les militaires actifs et les anciens combattants.
Elle traduit la volonté politique du gouvernement de bâtir une armée :
Républicaine dans son fonctionnement ;
Professionnelle dans ses méthodes ;
Respectueuse des droits humains dans ses interventions.
Les deux ministres ont promis de travailler main dans la main pour concrétiser cette vision et restaurer la confiance des citoyens envers les FARDC.
« La RDC doit se doter d’une armée digne de sa mission. Les réformes sont difficiles, mais ensemble nous allons les réussir », a conclu le Ministre délégué Éliezer Ntambwe.
Par ailleurs , le Général-Major Kabuanga Symphorose, Secrétaire générale aux anciens combattants, a salué l’initiative de cette rencontre et a insisté sur la nécessité d’une cohésion institutionnelle :
« La réussite de cette réforme dépendra de notre capacité à travailler main dans la main. Nous devons veiller à ce que chaque décision prise au sommet se traduise en actions concrètes sur le terrain », a-t-elle déclaré.
De son côté, le Colonel Joseph Ilunga, analyste militaire et expert en stratégie de défense, estime que cette réforme arrive à un moment crucial pour la stabilité nationale :
« Le renforcement des FARDC est une urgence. Face aux menaces multiples, notamment à l’Est, la modernisation de l’armée n’est plus une option, mais une obligation pour garantir la souveraineté du pays », a-t-il souligné.
Enfin, la voix des anciens combattants a été portée par Jean-Bosco Mukendi, président de l’Association nationale des vétérans :
« Nos attentes sont grandes. Nous avons servi la Nation avec loyauté. Aujourd’hui, nous espérons que les promesses d’une meilleure prise en charge sociale et d’une réinsertion effective seront tenues », a-t-il confié.
La rencontre du 21 août 2025 entre Me Guy Kabombo Muadiamvita et Éliezer Ntambwe Ntambwe ne se limite pas à une prise de contact protocolaire.
Elle marque le point de départ d’une nouvelle ère pour la Défense nationale et pour les anciens combattants.
L’objectif est clair :
Réformer profondément les FARDC ;
Garantir la dignité des anciens combattants ;
Assurer la sécurité nationale dans un contexte régional instable.
L’avenir de la Défense congolaise se dessine désormais autour d’une vision partagée, fondée sur la solidarité institutionnelle, la modernisation stratégique et la protection des droits des militaires et vétérans.
Cette rencontre historique trace les contours d’une nouvelle vision pour la Défense nationale. L’objectif est ambitieux : restaurer la puissance opérationnelle des FARDC, redonner leur dignité aux anciens combattants et renforcer la souveraineté nationale. Les prochains mois seront décisifs pour transformer les promesses en actions concrètes.
Esaïe vumi objectif DK TV