Kigali écarte Corneille Nangaa pour ambitions personnelles, selon des sources onusiennes

Un vent de rupture souffle entre Kigali et l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, aujourd’hui à la tête de la coalition rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC). Selon un récent rapport de l’ONU, le Rwanda, parrain militaire du M23, aurait commencé à marginaliser Nangaa en raison de ses ambitions personnelles jugées excessives, notamment son intention affichée de marcher sur Kinshasa.

En décembre 2023, Corneille Nangaa a annoncé la création de l’AFC, coalition politique et armée en lien avec le M23, groupe rebelle soutenu activement par le Rwanda. Ensemble, ils ont conquis plusieurs localités dans l’Est de la RDC, notamment au Nord-Kivu, avec l’objectif, selon les propos publics de Nangaa, de provoquer un changement de régime à Kinshasa.

Mais selon les Nations Unies, le rôle de Nangaa au sein de cette coalition n’a jamais été stratégique. C’est le M23, dirigé militairement par Sultani Makenga, qui détient les véritables leviers de commandement. Le Rwanda, principal soutien logistique et militaire de la rébellion, n’a jamais validé officiellement le projet d’une offensive vers Kinshasa.

L’ONU alerte sur les dérives

Dans un rapport confidentiel révélé en juin 2025, les experts de l’ONU ont mis en garde contre une escalade incontrôlée provoquée par les « ambitions politiques personnelles » de Nangaa. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifié la volonté de marcher sur Kinshasa de « bluff inacceptable ».

« Nangaa n’a ni les moyens militaires ni la légitimité internationale pour prétendre renverser le gouvernement congolais », explique un diplomate onusien. « Son activisme est désormais perçu comme un facteur de déstabilisation, y compris par Kigali. »

Le Rwanda, de son côté, semble opérer un recentrage diplomatique. Des discussions sont en cours entre Kinshasa et Kigali, sous médiation américaine. Les documents préparatoires aux négociations excluent clairement toute reconnaissance de l’AFC ou de son leadership.

De plus, plusieurs sources dans la région affirment que Kigali a cessé de consulter Nangaa dans les décisions militaires majeures. Ce dernier se trouverait de plus en plus isolé, relégué à un rôle d’agitateur politique sans véritable pouvoir opérationnel.

Les observateurs s’interrogent sur l’avenir politique de Corneille Nangaa. Après avoir échoué à obtenir une reconnaissance internationale et face à la réticence croissante de ses alliés militaires, le chef de l’AFC semble désormais marginalisé dans la nouvelle dynamique régionale.

La perspective d’un accord de paix sans lui, entre Kinshasa et Kigali, semble se préciser. Dans ce contexte, l’aventure rebelle de l’ancien président de la CENI pourrait s’achever comme elle a commencé : dans l’ombre d’intérêts qui le dépassent.

Esaïe vumi objectif DK TV

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