RDC – Judith Suminwa lance le “Compact Résilience” pour transformer la croissance économique en mieux-vivre quotidien

la salle de réunion de la Primature à Kinshasa a été le théâtre d’un moment politique majeur. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cheffe du Gouvernement, a réuni autour d’elle plusieurs ministres clés pour lancer la mise en œuvre du programme d’urgence Compact Résilience. Ce dispositif, au nom évocateur, a pour ambition centrale de convertir les résultats macroéconomiques positifs obtenus ces derniers mois en bénéfices concrets et visibles pour la population congolaise.

L’annonce de ce programme ne relève pas d’un simple discours de circonstance. Elle marque une étape charnière dans la gouvernance Suminwa : celle où les chiffres de la croissance doivent descendre des rapports macroéconomiques pour entrer dans le quotidien des Congolais.

Un prolongement du Programme d’Actions du Gouvernement

Le Compact Résilience n’est pas un programme isolé, encore moins une improvisation. Il s’inscrit dans la continuité du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024–2028, adopté peu après l’investiture de la Première ministre. Le PAG avait fixé un cap clair : améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, stimuler la cohésion sociale et poser les jalons d’une économie compétitive, équitable et inclusive.

Mais un constat s’est rapidement imposé : malgré des résultats encourageants au niveau macroéconomique — maîtrise de l’inflation, stabilisation du franc congolais, hausse des réserves de change —, l’impact réel sur la vie de la population restait limité. Les ménages continuaient de souffrir du coût élevé de la vie, des embouteillages étouffants de Kinshasa, de l’insalubrité des grandes villes et des difficultés d’écoulement de la production agricole.

C’est précisément pour combler ce fossé entre la macroéconomie et le vécu quotidien que Judith Suminwa a décidé d’accélérer avec le Compact Résilience. « Il ne s’agit plus seulement de garantir des chiffres stables, mais de produire des résultats palpables dans les quartiers, les marchés, les villages », a résumé une source proche de la Primature.

Les quatre piliers du Compact Résilience

Le plan d’urgence repose sur quatre piliers stratégiques, soigneusement choisis pour leur capacité à avoir un impact direct et rapide sur la vie quotidienne des Congolais.

  1. Sécurité alimentaire : produire pour nourrir la nation

La Première ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la production locale de cultures stratégiques : maïs, riz, soja et haricot. Ces denrées constituent la base de l’alimentation dans de nombreuses provinces. Aujourd’hui encore, le pays importe une partie importante de sa consommation, fragilisant la souveraineté alimentaire et exposant les ménages aux fluctuations des prix internationaux.

Le Compact entend stimuler la production par :

des appuis directs aux agriculteurs (semences améliorées, engrais, mécanisation),

des incitations fiscales pour les investisseurs agricoles,

et une meilleure organisation des circuits de distribution.

Le défi est immense : transformer un secteur agricole à fort potentiel mais souvent informel et sous-équipé en un moteur structuré de croissance et de sécurité alimentaire.

  1. Désenclavement des zones rurales productrices

La RDC regorge de terres fertiles, mais une grande partie des récoltes ne parvient jamais jusqu’aux marchés urbains faute de routes praticables ou de réseaux logistiques adéquats. Le Compact met donc l’accent sur le désenclavement des zones rurales productrices.

Construire et réhabiliter des routes de desserte agricole, créer des points de stockage et de collecte, développer des infrastructures de transport fluvial et ferroviaire : autant de mesures qui permettront de réduire les pertes post-récolte, d’augmenter les revenus des producteurs et de stabiliser les prix dans les villes.

Ce choix stratégique traduit une conviction : le développement national passe d’abord par l’intégration des campagnes dans le circuit économique.

  1. Assainissement de Kinshasa et lutte contre les embouteillages

La capitale, qui abrite près de 15 millions d’habitants, est confrontée à deux fléaux majeurs : l’insalubrité et les embouteillages chroniques. Ces problèmes, au-delà de l’inconfort qu’ils génèrent, affectent directement la productivité économique, la santé publique et la qualité de vie des habitants.

Le Compact prévoit des mesures concrètes :

intensification des opérations de collecte et de traitement des déchets,

assainissement des grandes artères et des marchés,

réhabilitation de routes secondaires pour désengorger les grands axes,

amélioration de la régulation du trafic avec des solutions technologiques modernes.

Ce volet est hautement symbolique : il s’agit de redonner à Kinshasa une image de capitale moderne et vivable, vitrine du pays.

  1. Accélération des projets à impact direct

Enfin, le Compact s’engage à accélérer la réalisation de projets à retombées immédiates : réhabilitation de centres de santé, électrification de quartiers, approvisionnement en eau potable, modernisation des marchés populaires.

Ces « quick wins » ne remplaceront pas les réformes structurelles, mais ils constituent des gestes concrets capables de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.

Un contexte économique favorable, mais fragile

Le Compact Résilience intervient dans un climat économique relativement stable :

L’inflation a chuté de 23,8 % en 2023 à environ 9,6 % début 2025, avec une projection de 7,8 % d’ici la fin de l’année.

Le franc congolais s’est stabilisé autour de 2 856 CDF pour un dollar, un niveau qui rassure les marchés.

Les réserves de change ont atteint 6,15 milliards USD, contre 4,82 milliards un an plus tôt, offrant une marge de sécurité pour les importations.

Ces résultats donnent au gouvernement une crédibilité nouvelle sur la scène internationale. Mais ils restent fragiles : une crise politique, une flambée des prix mondiaux ou un choc sécuritaire à l’Est pourrait les remettre en cause. D’où l’urgence de transformer ces acquis économiques en gains tangibles pour les citoyens, afin de renforcer la résilience de la société congolaise elle-même.

Les défis de la mise en œuvre

La réussite du Compact dépendra de plusieurs facteurs.

La coordination gouvernementale. Avec de nombreux ministères impliqués (Agriculture, Infrastructures, Urbanisme, Budget), une bonne gouvernance et un suivi rigoureux seront indispensables pour éviter les chevauchements et les lenteurs administratives.

Le financement. Si les bases macroéconomiques sont solides, le Compact nécessitera des financements conséquents. L’État devra jongler entre mobilisation des ressources internes, partenariats publics-privés et appui des bailleurs internationaux.

La transparence. Les Congolais attendent des résultats concrets et mesurables. La publication régulière d’avancées (routes construites, marchés réhabilités, hectares cultivés) sera un facteur clé de crédibilité.

L’implication locale. Gouverneurs, bourgmestres, associations d’agriculteurs et organisations de la société civile devront être associés. Sans appropriation locale, les projets risquent de rester théoriques.

Un tournant politique pour Judith Suminwa

Pour la Première ministre, le Compact Résilience est bien plus qu’un simple programme technique. Il représente un tournant politique. Consciente des attentes immenses d’une population souvent déçue par des promesses non tenues, Judith Suminwa joue ici une partie de son capital politique.

En mettant l’accent sur des résultats rapides et visibles, elle espère renforcer la confiance entre le gouvernement et les citoyens. À moyen terme, la réussite du Compact pourrait même consolider la stabilité politique, en donnant un sens concret au contrat social.

de la macroéconomie au quotidien

Le 13 août 2025 restera une date à retenir. Avec le lancement du Compact Résilience, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a donné un signal clair : il est temps que la croissance économique cesse d’être une abstraction et devienne un moteur de mieux-vivre pour chaque Congolais.

Les défis sont nombreux, les risques réels. Mais l’ambition est là : réduire l’écart entre le « Congo des chiffres » et le « Congo du quotidien ». Si les promesses se traduisent en routes accessibles, en marchés propres, en aliments disponibles et en embouteillages réduits, le Compact Résilience pourrait bien devenir le symbole d’une nouvelle ère.

Une ère où la gouvernance ne se mesure plus seulement à l’aune de la stabilité macroéconomique, mais à celle du sourire retrouvé des citoyens dans leur vie de tous les jours.

Esaïe vumi objectif DK TV

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