RDC – Le ministre John Banza Lunda à l’écoute des élus et des religieux : routes, aéroport et crise des infrastructures au cœur des échanges

La journée du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a été marquée par une série de rencontres qui témoignent de l’importance stratégique et politique de son portefeuille. Deux députés nationaux et un leader religieux majeur ont tour à tour défilé à son cabinet, traduisant à la fois les attentes pressantes des communautés locales et la confiance placée en lui pour relever le défi colossal de la réhabilitation du réseau routier congolais.

Lambert Mende et le pari de désenclaver le Sankuru

Premier à être reçu, le député Lambert Mende Omalanga, élu du Sankuru, n’a pas caché son inquiétude sur l’état d’enclavement persistant de sa province. Dans un territoire au cœur de la République démocratique du Congo, où les populations peinent encore à rejoindre Kinshasa ou d’autres grandes villes, l’amélioration des infrastructures reste une urgence vitale.

Le chantier phare en cours, celui de l’aéroport de Lodja, était au centre des discussions. Cet aéroport, une fois opérationnel, permettra non seulement de renforcer la desserte aérienne mais aussi de redonner vie à la RN7, axe reliant le Sankuru à Kananga, Kisangani et à la Tshuapa. Or, ces routes demeurent dans un état de dégradation avancée, rendant difficile le transport des personnes, des produits agricoles et des marchandises.

Le ministre a rassuré son hôte : « Les travaux connaîtront une accélération », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de livrer ce projet dans des délais raisonnables. Pour les habitants du Sankuru, ce chantier représente plus qu’une simple infrastructure. Il incarne une promesse de désenclavement, de réduction des coûts de transport et de relance économique.

RN4 : une coupure inquiétante entre Kisangani et Buta

Quelques heures plus tard, ce fut au tour du député Alu Asani Kabina, élu de Banalia dans la province de la Tshopo, de faire part de ses préoccupations. Sa région, traversée par la Route nationale numéro 4 (RN4), connaît actuellement une paralysie routière. Les fortes pluies des dernières semaines ont provoqué des glissements de terrain et des affaissements, coupant la circulation entre Kisangani et Buta.

La RN4 est pourtant une artère vitale. Longue de près de 1 500 km, elle relie Kisangani à Beni, Butembo et Bunia, servant de voie de passage pour les commerçants, les transporteurs et les humanitaires. Son interruption fragilise non seulement l’économie locale mais accentue aussi l’isolement de milliers de familles.

Face à l’alerte de l’élu, John Banza Lunda a réagi immédiatement. Il a instruit l’Office des Routes d’intervenir sans délai pour rétablir la circulation. Cette réactivité a été saluée par le député qui a parlé d’un « signal fort » envoyé aux populations de la Tshopo. Dans un pays où les lenteurs administratives plombent souvent l’action publique, cette promptitude à agir est apparue comme un signe encourageant.

Le soutien de l’Église de Réveil du Congo

Enfin, le ministre a reçu la visite de l’évêque Dodo Kamba, président national de l’Église de Réveil du Congo (ERC). Ce leader religieux, influent dans la sphère spirituelle et sociale, est venu féliciter le ministre pour sa nomination à la tête de ce ministère clé.

Plus qu’un geste protocolaire, cette rencontre symbolise le lien étroit entre l’action gouvernementale et l’accompagnement moral des confessions religieuses. L’évêque a assuré John Banza Lunda du soutien de son Église, qui regroupe des millions de fidèles à travers le pays. Il l’a exhorté à « redoubler d’efforts pour répondre à la crise routière », rappelant que les routes sont des vecteurs de développement, de commerce et de rapprochement des communautés.

Le poids stratégique du ministère des Infrastructures

Le portefeuille confié à John Banza Lunda est l’un des plus stratégiques du gouvernement. La République démocratique du Congo, pays-continent de 2,3 millions de km², souffre d’un déficit chronique en infrastructures. Selon les chiffres officiels, seulement 2 800 km de routes sont asphaltées sur plus de 150 000 km de réseau routier national. La majorité des provinces restent difficilement accessibles par voie terrestre, ce qui gonfle les prix des denrées et entretient la pauvreté.

En plaçant au cœur de ses priorités la réhabilitation des grands axes routiers (RN1, RN2, RN4, RN7, RN27, etc.) et la modernisation des aéroports secondaires, le ministre se positionne comme un acteur clé de la politique d’intégration nationale. Ses rencontres du 18 août illustrent bien cette volonté : écouter les préoccupations des élus locaux, agir dans l’urgence et fédérer les soutiens.

Des défis immenses, une volonté affichée

Malgré ces signaux positifs, le chemin reste long. Les chantiers de routes et d’aéroports se heurtent souvent à des contraintes budgétaires, à des retards techniques et à des problèmes de gouvernance. Les financements extérieurs, notamment de la Banque mondiale, de la BAD et de la Chine, jouent un rôle crucial, mais leur efficacité dépend de la rigueur dans la gestion et du suivi des projets.

En recevant Lambert Mende, Alu Asani et Dodo Kamba, le ministre John Banza Lunda a montré qu’il entend gouverner dans la concertation et la transparence. Son style, fait d’écoute et de réactivité, tranche avec une tradition où les ministères techniques sont souvent accusés de lenteur ou d’opacité.

Vers une politique nationale des infrastructures ?

Au-delà des urgences immédiates, ces échanges posent la question d’une politique nationale cohérente des infrastructures. Le gouvernement Tshisekedi a promis un programme ambitieux de 145 territoires qui prévoit la construction de routes, ponts, hôpitaux et écoles dans l’ensemble du pays. Le rôle du ministère des Infrastructures sera déterminant pour traduire cette promesse en réalité.

Dans ce contexte, l’engagement public de John Banza Lunda prend une dimension particulière. Chaque route réhabilitée, chaque aéroport modernisé, chaque pont construit devient un symbole de l’unité nationale et de la capacité de l’État à améliorer la vie quotidienne des Congolais.

Une journée révélatrice

La journée du lundi 18 août 2025 aura donc été révélatrice. Révélatrice des attentes immenses des populations enclavées du Sankuru et de la Tshopo. Révélatrice du besoin pressant d’infrastructures pour relancer l’économie. Révélatrice aussi du rôle que peuvent jouer les leaders religieux dans l’accompagnement moral de l’action gouvernementale.

John Banza Lunda, qui entame à peine son mandat, se retrouve face à un défi colossal mais aussi à une opportunité unique : marquer l’histoire en posant les bases d’une révolution des infrastructures en République démocratique du Congo. Ses premiers gestes semblent indiquer une volonté claire : ne pas se contenter d’annonces mais agir vite, avec méthode et en partenariat avec toutes les forces vives du pays.

Entre les routes du Sankuru, la RN4 de la Tshopo et l’encouragement spirituel de l’ERC, le ministre des Infrastructures a prouvé en une seule journée qu’il compte s’imposer comme un ministre de terrain, à l’écoute et réactif. Reste désormais à savoir si cette dynamique pourra être maintenue face aux contraintes budgétaires, aux défis logistiques et à l’immensité du territoire.

Une chose est sûre : les Congolais, eux, n’attendent qu’une chose, voir enfin leurs routes rouler.

Esaïe vumi objectif DK TV

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