
Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu ce jeudi, à la Cité de l’Union africaine, deux personnalités diplomatiques : M. Rémi Maréchaux, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en RDC, et M. Shafi Newaimi Al Hajri, chargé d’affaires de l’État du Qatar. Deux audiences successives placées sous le signe du renforcement de la coopération bilatérale et de la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs.
Ces rencontres interviennent dans un contexte de forte activité diplomatique à Kinshasa, marquée par la volonté du Chef de l’État de diversifier les partenariats internationaux et de renforcer la présence de la RDC sur la scène mondiale. Depuis le début de son mandat, Félix Tshisekedi s’est donné pour mission de repositionner le pays comme un acteur incontournable des discussions régionales et africaines.
Au cours de sa rencontre avec l’ambassadeur français Rémi Maréchaux, le Chef de l’État congolais a évoqué plusieurs sujets d’actualité, notamment la tenue prochaine, à Paris, d’une conférence internationale sur la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs.
Selon la Présidence de la République, cet événement, prévu pour la semaine prochaine, a pour objectif de mobiliser la communauté internationale autour de la situation humanitaire et sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la RDC.
« Cette conférence de Paris vise à rappeler aux acteurs concernés les principes du droit international humanitaire et à faciliter l’accès des organisations humanitaires aux populations affectées », a déclaré le diplomate français à l’issue de l’audience.
Selon des sources diplomatiques, cette conférence réunira des représentants de plusieurs pays d’Afrique centrale, des Nations Unies, de l’Union africaine et de l’Union européenne. Kinshasa espère que cette rencontre internationale permettra d’obtenir un engagement ferme pour la protection des civils, la reconstruction des zones touchées par les conflits et la réhabilitation des infrastructures humanitaires dans l’Est du pays.
Rémi Maréchaux a également souligné la nécessité d’un engagement collectif pour venir en aide aux milliers de déplacés internes et victimes des violences dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
« La France veut accompagner les efforts du gouvernement congolais dans la recherche d’une paix durable. Nous croyons à une solution concertée et régionale », a-t-il ajouté.
Le Président Tshisekedi a salué cette initiative, estimant qu’elle témoigne du soutien de la communauté internationale à la cause de la stabilité régionale. Il a réaffirmé la détermination du gouvernement congolais à poursuivre le processus de pacification de l’Est, tout en plaidant pour un appui concret en matière humanitaire et sécuritaire.
Outre la question sécuritaire, les deux personnalités ont passé en revue l’état des relations bilatérales entre Kinshasa et Paris.
La France est l’un des partenaires historiques de la RDC, et plusieurs projets conjoints sont actuellement en cours dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture et de l’énergie.
L’ambassadeur Maréchaux a insisté sur la volonté de son pays de renforcer la coopération économique.
« Nous voulons approfondir le partenariat entre la France et la RDC dans un esprit de respect mutuel et de développement partagé », a-t-il confié à la presse.
Du côté congolais, le Chef de l’État a réaffirmé son souhait de voir les entreprises françaises s’impliquer davantage dans les projets d’infrastructures, d’agriculture et de formation professionnelle.
Le Président a également évoqué la possibilité d’un dialogue économique de haut niveau entre les deux pays dans les prochains mois.
Parmi les projets phares déjà en cours figurent la construction d’écoles appuyées par l’Agence française de développement (AFD), la formation des enseignants, ainsi que des programmes de soutien aux jeunes entrepreneurs congolais à travers l’Institut français de Kinshasa.
Peu après l’entretien avec l’ambassadeur de France, le Président Félix Tshisekedi a reçu M. Shafi Newaimi Al Hajri, chargé d’affaires de l’État du Qatar.
Selon le communiqué de la Présidence, cette rencontre a porté sur la consolidation des relations diplomatiques entre Kinshasa et Doha, ainsi que sur la coopération économique et les investissements à venir.
Le diplomate qatari a transmis au Chef de l’État un message officiel annonçant la visite prochaine à Kinshasa du prince héritier du Qatar.
Cette visite, selon des sources proches du dossier, devrait s’inscrire dans le cadre du renforcement des liens économiques entre les deux pays.
« Le Qatar s’intéresse particulièrement aux secteurs de l’énergie, des mines, de l’agriculture et des infrastructures en République démocratique du Congo », a indiqué M. Al Hajri.
Il a également exprimé la volonté de son gouvernement d’appuyer le développement technologique et éducatif du pays à travers des partenariats concrets.
Le diplomate a également évoqué la possibilité d’un fonds d’investissement conjoint entre Doha et Kinshasa destiné à soutenir les projets d’énergie renouvelable et d’agriculture durable. Ce mécanisme, encore en phase de discussion, pourrait constituer un levier majeur pour financer la modernisation de l’économie congolaise.
Le Président Tshisekedi s’est réjoui de cette initiative, qu’il considère comme une preuve de confiance dans le potentiel congolais.
Il a rappelé que la RDC offre de nombreuses opportunités d’investissement, notamment dans le domaine de l’énergie verte, de la transformation locale des minerais et de l’agro-industrie.
Ces deux audiences illustrent la volonté du Chef de l’État de renforcer la présence diplomatique de la RDC sur la scène internationale.
Depuis le début de son mandat, Félix Tshisekedi multiplie les échanges bilatéraux avec des partenaires d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient, dans une stratégie de diversification des alliances.
Pour plusieurs observateurs, la rencontre de ce jeudi confirme la place stratégique qu’occupe désormais la RDC dans la diplomatie régionale et mondiale.
Le pays, riche en ressources naturelles mais confronté à des défis sécuritaires, attire de plus en plus l’attention des investisseurs et des chancelleries étrangères.
Un conseiller diplomatique à la Présidence explique :
« Le Chef de l’État veut bâtir une diplomatie d’équilibre. Il dialogue avec tous les partenaires, anciens et nouveaux, dans le respect de la souveraineté nationale. »
Cette approche vise à garantir que la RDC reste un acteur clé dans les discussions régionales sur la paix et un pôle de stabilité en Afrique centrale.
En recevant successivement les représentants de la France et du Qatar, Félix Tshisekedi confirme une ligne diplomatique axée sur deux priorités : la paix et le développement.
La paix, parce qu’elle demeure une condition essentielle à la reconstruction nationale et à la sécurité des populations ; le développement, parce qu’il représente l’aspiration majeure du peuple congolais.
Dans les prochains jours, la participation de la RDC à la Conférence de Paris devrait constituer un moment clé.
Kinshasa espère y obtenir un soutien concret pour les actions humanitaires dans l’Est du pays et pour le financement des programmes de relèvement communautaire.
Quant à la coopération avec le Qatar, elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux investissements dans les secteurs productifs.
Le gouvernement congolais entend profiter de cette dynamique pour renforcer son attractivité économique et créer des emplois pour la jeunesse.
Les deux audiences de ce jeudi 23 octobre 2025 à la Cité de l’Union africaine traduisent une activité diplomatique soutenue à la tête de l’État congolais.
Entre la préparation de la Conférence de Paris sur la paix dans les Grands Lacs et l’annonce d’une visite du prince héritier du Qatar, Félix Tshisekedi continue de bâtir une diplomatie active, tournée à la fois vers la stabilité régionale et le développement économique.
Avec ces échanges, la RDC confirme sa place au cœur des enjeux africains et internationaux, tout en consolidant des partenariats essentiels pour son avenir.
Dans les semaines à venir, la diplomatie congolaise devrait poursuivre cette dynamique en multipliant les échanges bilatéraux. Des missions officielles sont déjà annoncées à Paris et à Doha pour concrétiser les accords évoqués lors de ces audiences.
Esaïe Vumi objectif DK TV